lombo-radiculalgies

  1. Zoom sur les tractions lombaires et cervicales motorisées

    Les tractions vertébrales sont utilisées depuis l’Antiquité, pour soulager les maux de dos.

    À l’époque, les sujets étaient suspendus par les pieds ou bien installés sur des tables et sanglés aux chevilles et au niveau des aisselles, puis étirés par un système de poids suspendus.

    Depuis, de nombreux progrès ont été réalisés tant dans le confort de la procédure que dans la compréhension des mécanismes conduisant à l’indolence.

    S’il est admis qu’une simple traction manuelle intermittente, ou statique et prolongée, améliore un certain nombre de douleurs ostéo-articulaires, la résistance musculaire du thérapeute limite généralement la durée du traitement. Les tables motorisées permettent d’exercer une traction importante dans des conditions ressenties comme confortables par le patient.

     

    QUE SE PASSE-T-IL EXACTEMENT? 

    Il a été démontré sur des études d’imagerie une diminution des courbures physiologiques sous traction ainsi qu’un écartement intervertébral.

    Dans ces cas, une protrusion discale ou une hernie discale postérieure, venant au contact d’une racine nerveuse, peut-être aspirée vers le centre du disque du fait d’une pression négative exercée par l’écartement des plateaux vertébraux (cette pression négative est inversement proportionnelle à la force de traction appliquée)(1,2). La douleur de radiculalgie ressentie par le patient disparaît alors rapidement.

    Au niveau des articulations zygapophysaires, une décoaptation se produit parallèlement à la traction permettant de désincarcérer d’éventuels replis synoviaux ou des formations méniscoïdes, riches en récepteurs sensitifs.

    Au niveau des muscles paravertébraux, après une brève contraction de défense, ceux-ci se laissent étirer au bout de quelques minutes.

    Sur le plan psychologique, il est impossible d’éliminer un effet placebo ne serait-ce que du fait d’une prise en charge active que la lombalgie ou de la lombo-radiculalgie par le thérapeute, alors que nombre de malades se sentent souvent abandonnés avec quelques boîtes de médicaments comme seul soutien.

     

    QUELLES SONT LES INDICATIONS ?

    La plupart des études concernent les lombo radiculalgies par conflit disco radiculaire.

    Les bons résultats publiés dans la littérature concernent 60 à 75 % des patients.

    En cas de canal lombaire rétréci associé, les bons résultats sont présents dans 43 à 77 % des cas.

    En cas de lombalgie chronique, des améliorations très significatives de la douleur sont rapportées dans 75 à 83 % des cas (3,4).

    Mon expérience professionnelle montre par ailleurs d’excellents résultats après 1 ou 2 séances de traction en cas de lumbago aigu.

    Celles-ci sont possibles dès que le patient est capable de s’allonger à plat ventre ou à plat dos sur une table.

     

    EXISTE-T-IL DES CONTRES-INDICATIONS ? 

    Les contre-indications tombent sous le sens. On exclut les pathologies tumorales, infectieuses, ou les rachialgies inflammatoires.

    L’ostéoporose sévère du fait de la pression du harnais thoracique sur les côtes contre-indique l’usage des tractions, de même qu’une fracture vertébrale récente. Du fait de la ceinture thoracique, une insuffisance respiratoire sévère contre-indique la traction. Enfin la grossesse est une non-indication.

    D’exceptionnels accidents d’aggravation d’une rachialgie en radiculalgies ont été décrits.

     

    PEUT-ON SELECTIONNER LES MALADES QUI REPONDRONT LE MIEUX A LA TRACTION ?

    Il faut savoir que les résultats sont totalement indépendants du volume herniaire ou du type de hernie, bien que les hernies exclues semblent être de mauvais pronostic.

    Toutefois, une prise en charge rapide dans les 5 jours du début de l’évolution douloureuse, sur une pathologie d’apparition soudaine, et avec un questionnaire de croyances médicales erronées FABQ présentant un score inférieur à 16 points, sont autant de facteurs pronostic positifs(5).

     

    QUELLE FORCE DE TRACTION EMPLOYER ? 

    Les études sont extrêmement diverses à ce sujet. Aucun protocole reproductible n’est retenu. La littérature s’accorde toutefois à imposer un minimum de 30 kg de force de traction sur le rachis lombaire pour obtenir un résultat. Certains experts n’hésitent pas à réaliser la traction à 100 % du poids de corps, quand celles-ci sont bien tolérées. J’utilise moi-même ce type de protocole.

    Aucune étude ne permet de faire un choix éclairé entre une application d’une traction plutôt intermittente ou continue.

     

    QUELLE TARIFICATION POUR LE PATIENT ? 

    Une prise en charge pour les séances de tractions est possible. Il convient d'indiquer également au patient de se renseigner au préalable auprès de sa mutuelle pour cette dernière soit totale.

    Généralement, à moins que les patients ne soient pris très rapidement après le début des douleurs, 8 à 10 séances sont nécessaires et suffisantes pour obtenir une indolence relativement prolongée.

    Une fois la douleur en grande partie voire totalement levée, une rééducation active peut être programmée avec le kinésithérapeute du patient, gage d’un résultat positif sur le long terme.

     

    CONCLUSION

    Ce qu’il faut retenir :

    • Les tractions cervicales sont une thérapie simple à mettre en œuvre, rapide et sans danger.
    • Elles sont particulièrement validées dans les névralgies cervico brachiale par conflit disco radiculaire.
    • Des tests cliniques simples permettent de prédire leur efficacité.
    • La durée d'une séance de tractions cervicales est d'une vingtaine de minutes.
    • Les tractions lombaires sont une thérapie simple à mettre en œuvre, rapide et sans danger.
    • Elles sont particulièrement validées dans les lombosciatiques ou lombocruralgies par conflit disco radiculaire, ou dans les discopathies.
    • La durée d'une séance de tractions lombaires est d'une trentaine de minutes

     

    La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.

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    Auteur : Docteur Ivan PROTHOY, médecin du Sport Polyclinique des Alpes du Sud, Gap

    Consultant Chattanooga/DJO pour la Traction.

    Sources / Illustrations : DJO France

    Bibliographie :

    1. Chung T-S, Yang H-E, Ahn SJ, Park JH. Herniated Lumbar Disks: Real-time MR Imaging Evaluation during Continuous Traction. Radiology. juin 2015;275(3):755‑62.
    2. Karimi N, Akbarov P, Rahnama L. Effects of segmental traction therapy on lumbar disc herniation in patients with acute low back pain measured by magnetic resonance imaging: A single arm clinical trial. J Back Musculoskelet Rehabil. 2017;30(2):247‑53.
    3. Apfel CC, Cakmakkaya OS, Martin W, Richmond C, Macario A, George E, et al. Restoration of disk height through non-surgical spinal decompression is associated with decreased discogenic low back pain: a retrospective cohort study. BMC Musculoskelet Disord. 8 juill 2010;11:155.
    4. Tadano S, Tanabe H, Arai S, Fujino K, Doi T, Akai M. Lumbar mechanical traction: a biomechanical assessment of change at the lumbar spine. BMC Musculoskelet Disord. 9 avr 2019;20(1):155.
    5. Hirayama K, Tsushima E, Arihara H, Omi Y. Developing a clinical prediction rule to identify patients with lumbar disc herniation who demonstrate short-term improvement with mechanical lumbar traction. Phys Ther Res. 2019;22(1):9‑16.

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