Chattanooga France

  1. Photobiomodulation et thérapie LightForce : intérêts dans le traitement des sciatalgies

    Les sciatalgies sont « des douleurs relativement communes liées à la sensibilisation d’un nerf issu des racines nerveuses lombaires ou sacrées ». Traiter cette pathologie avec la thérapie LightForce permet une action locale afin de baisser l’inflammation mais aussi sur les conséquences à distance du symptôme, au niveau du trajet du nerf.

     

    Anatomie :

    L’anatomie de la région lombo-sacrée est divisée en 2 parties :

    • La région lombo-sacrée :

     

    • Le trajet du nerf sciatique :

     

    Physiopathologie : 

     La sciatalgie peut se diviser en 2 catégories :

    • La principale : la sciatique est une compression mécanique de la racine nerveuse par hernie discale, mais elle n’est pas la seule en cause dans la genèse de la douleur. En réalité, c’est plus souvent la présence ou non d’inflammation qui détermine la douleur (d’où l’utilité du laser comme nous le verrons plus loin). Ce phénomène génère paresthésie et hypoesthésie, à la différence de la sciatalgie
    • La sciatalgie : sont des compressions qui peuvent aussi générer cette sensibilité : ostéophytes, mouvements répétitifs ou compression prolongée du nerf, sur son trajet

     

    Bilan diagnostic :

    Le bilan se décompose par :

    • Interrogatoire : chronologie et contexte d’apparition, contexte professionnel et analyse des facteurs psycho-sociaux, localisation, type de douleur et intensité
    • Examen clinique du rachis : morpho statique, de souplesse et signes de la sonnette, de Néri, du trépied
    • Examen clinique des membres inférieurs : signes de Lasègue, réflexes musculo-tendineux, force musculaire et sensibilité

    Drapeaux rouges :

    Ils nécessitent une prise en charge médicale urgente :

    • Symptômes neurologiques étendus
    • Paresthésie au niveau du pubis ou périnée
    • Traumatisme important
    • ATCD de cancer
    • Douleur thoracique
    • Fièvre
    • Etc

     

    Examens complémentaires :

    Selon les recommandations de l’HAS, en l’absence de drapeau rouge, il n’y a pas d’indication d’imagerie dans le cas d’une sciatalgie aigüe (grade C). Bien sûr, il sera toujours important d’expliquer au patient cette décision.

    Cependant, si la sciatalgie persiste au-delà de 3 mois, une IRM est recommandée (à défaut un scanner en cas de contre-indication à l’IRM).

    Concernant les radios isolées, elles n’auront que pour objectif la recherche d’une instabilité ou d’un trouble statique rachidien.

     

    Traitement par photobiomodulation :

    La photobiomodulation dans ce type de pathologie poursuit 3 objectifs :

    • Baisse de l’inflammation au niveau vertébral, par action sur toute la cascade inflammatoire, et donc baisse de l’œdème et de la douleur,
    • Augmentation de l’oxygénation au niveau de la compression, par libération d’oxygène,
    • Augmentation de la microcirculation,
    • Flash antalgique, au niveau local mais aussi le long du trajet nerveux.

     

    Action de la photobiomodulation sur la douleur de sciatalgie :

    Immédiate :

    -          Diminution du taux de conduction des nerfs afférents

    Intermédiaire (20-45 minutes après le traitement) :

    -          Inhibition de la douleur nociceptive : 30 % de blocage neural à 10-20 min

    -          Réduction des niveaux de bradykinine, augmentation des bêta-endorphines

    -          Augmentation de la perfusion tissulaire (libération de NO)

    Soulagement durable :

    -          Diminution des marqueurs pro-inflammatoires

    -          Normalisation des canaux ioniques

    -          Réparation des tissus augmentation de l'activité fibroblastique/production de collagène

     

    Installation du patient :

    Le patient hyperalgique sera traité assis sur la table, praticien placé face au rachis.

    Dans les autres cas, votre patient sera en décubitus ventral avec un coussin sous le bassin ou en utilisant une table 3 sections permettant de mettre le patient en légère flexion lombaire.

     

    Phases de traitement :

    Traitement local au niveau lombaire ou sacré :

    Les réglages à effectuer sont les suivants :

    • Énergie à appliquer : environs 4000 J
    • Technique : effectuer un quadrillage sur toute la zone lombaire ou sacré (en fonction du bilan) en insistant sur le côté lésé
    • Tête de traitement : nous utiliserons pour cette phase une tête sans contact – large

    Attention :

    • Être vigilant par rapport à la sensation du patient : « chaleur douce »
    Chattanooga LightForce : Large cône_Sacro-Iliaque
    Chattanooga LightForce : Large cône_Lombaire Bas Assis

    Traitement du trajet nerveux :

    Durant cette phase, il convient d’apporter une attention particulière sur les zones de paresthésies ou hypoesthésies, rester donc sur le même rythme de balayage que sur les zones sensibles.

    Les réglages à effectuer sont les suivants :

    • Énergie à appliquer : environs 5000 à 6000 J.
    • Technique : appliquer un mouvement proximo-distal assez rapide afin de couvrir tout le trajet du nerf
    • Tête de traitement : nous utiliserons une tête sans contact -si possible extra-large
    Chattanooga LightForce_Cone XL_Soléaire
    Chattanooga LightForce : Cone XL_Ischio-Jambier-Proximal

    Traitement de la zone fessière :

    Dans ce type de pathologie, le bilan montre régulièrement des contractures de la zone fessière, voir TFL ou des muscles de la jambe. Pour traiter les muscles en cause, on utilise une tête de contact en effectuant des mouvements circulaires ou longitudinaux en fonction de l’étendu du tissu à traiter.

    Chattanooga LightForce : Grande boule de massage fessier

     

    Avantages de la tête de traitement « contact » :

    Définition Avantages
    Compression Permet de se rapprocher du tissus cible Augmentation de la puissance en profondeur
    Collimation Faisceau lumière parallèle Moins de perte de photons
    Réfraction Minimise la perte de lumière Augmentation énergie délivrée aux tissus
    Réflexion Perte de lumière Baisse de cet indice
    Tissus Travail manuel Feed-back

     

    Association thérapie manuelle :

    Associer thérapie LightForce et thérapie manuelle, grâce aux têtes de contact apporte un avantage non-négligeable sur la réussite de votre traitement.

    Vous pouvez l’utiliser de 2 manières :

    • Soit pour mobiliser le rachis lors du passage du laser,
    • Soit pour faciliter un étirement sur une région contracturée

     

    Traitement des Trigger Point :

    Votre bilan vous amènera peut-être à définir des points Trigger en cause, comme le grand-fessier…

    Pour les traiter, utilisez une petite tête de contact en effectuant des mouvements circulaires et un appui prononcé. Une densité d’environ 3000 J sera appliquée.

     

    Les séances :

    3 séances par semaine au début de la prise en charge sont nécessaires puis passer rapidement à 2. Les séances de photobiomodulation s’effectuent seules en période hyperalgique, puis avant la séance, et quand la douleur devient gérable et que le travail kiné est plus actif, elle s’effectue après la séance de kiné.

     

    La kinésithérapie associée :

    La Rééducation :

    Le principe de base, qui fait consensus, incite le patient à ne pas rester inactif. Pour la rééducation, nous pouvons la découper en 4 phases :

    • Antalgique : ou l’on associe le TENS,
    • Apprentissage du travail lombo-pelvien,
    • Le travail musculaire : renforcement, étirement, lever de tension…
    • Les conseils d’hygiène de vie puis d’activité sportive

    Toutes ces techniques s’envisagent souvent au sein d’une « école du dos » afin de dynamiser le patient pour une meilleure prise en charge personnelle.

     

    Les traitements complémentaires :

    Le port de ceinture de maintien est un excellent complément au niveau antalgique et en fonction du type de ceinture pour la reprise d’activité.

    La table de traction qui peut être un complément pour soulager le patient.

    En dernier recours la chirurgie est une option qui ne s’envisage que sur des déficits moteurs importants ou un syndrome de la queue de cheval.

     Les autres traitements :

     Ils doivent être mis en place graduellement selon les recommandations médicales :

    • Médicamenteux : antalgiques – AINS – Myorelaxants
    • Infiltrations de corticoïdes
    • La chirurgie qui n’interviendra qu’en dernier recours sur des formes graves

     

    Conclusion : 

    Traiter une sciatalgie en photobiomodulation permet de soulager rapidement le patient. Thérapie non-invasive, son utilisation se conçoit tout au long du traitement.

    A retenir :

    • Flash antalgique,
    • Diminution de l’inflammation,
    • Reprise plus rapide des activités de la vie quotidienne

     

    Pour plus d’informations sur ces appareils, cliquez ICI.

    Dispositifs médicaux de classe IIa, lire attentivement les notices avant utilisation.

     

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    Auteur : Bernard BONTHOUX, Ostéopathe DO, consultant Chattanooga - DJO – MKDE

    Sources / Illustrations :  DJO France

     

    Bibliographie : 

    • CNOMK : https://www.ordremk.fr
    • « Actualité sur la physiopathologie de la hernie discale » - J.L. Leroux – La lettre de rhumathologie – 1998
    • Anatomie des Trigger Points – Simeon Niel-Asher – Eveil Santé
    • Tri-length laser therapy associated to tecar therapy in the treatment of low-back pain in adults: a preliminary report of a prospective case series - Lasers Med Sci. 2015 - Osti R, Pari C, Salvatori G, Massari L.
    • Comparison of high-intensity laser therapy and ultrasound treatment in the patients with lumbar discopathy - Biomed Res Int. 2015 - Boyraz I, Yildiz A, Koc B, Sarman H
    • Long-term effect of high-intensity laser therapy in the treatment of patients with chronic low back pain: a randomized blinded placebo-controlled trial - Lasers Med Sci. 2014 - Lasers Med Sci. 2014 May;29(3):1065-73.
    • Short-term effects of high-intensity laser therapy versus ultrasound therapy in the treatment of low back pain: a randomized controlled trial - Eur J Phys Rehabil Med. 2011 - Fiore P and All
    • Class IV laser therapy; Effective for back and neck/shoulder pain - ACBSP Poster abstract. 2010 - L.D. Morries, DC, CCSP
    • A Randomized Comparative Study between High-Intensity and Low-Level Laser Therapy in the Treatment of Chronic Nonspecific Low Back Pain - Evid Based Complement Alternat Med. 2020 - Abdelbasset WK and All.
    • High-frequency near-infrared diode laser irradiation suppresses IL-1β-induced inflammatory cytokine expression and NF-κB signaling pathways in human primary chondrocytes - Lasers Med Sci. 2021 - Sakata S and Al.

     

  2. Intérêt des Ondes de Choc Radiales dans le traitement des Syndromes cervicaux avec atteinte du trapèze supérieur

     

    Les syndromes cervicaux avec atteinte du trapèze supérieur sont fréquents dans notre patientèle. Il s’agit la plupart du temps d’une douleur non spécifique de la région du cou et du membre supérieur, souvent liée au travail ou à une mauvaise statique posturale, entrainant une restriction de la mobilité.

    Le traitement par Ondes de Choc Radiales (ODCR) au niveau cervical sera efficace à condition d’être pratiqué par des thérapeutes maitrisant parfaitement la technique et possédant une parfaite connaissance de de l’anatomie de cette région (proximité des nerfs, vaisseaux, poumons, reliefs osseux).

     

    ANATOMIE FONCTIONNELLE ET PHYSIOPATHOLOGIE

    Anatomie 

    Le muscle trapèze recouvre la nuque et la partie supérieure du dos. Il présente un aspect large et triangulaire comprenant trois chefs : supérieur, moyen et inférieur

    • Origine

      • Faisceau supérieur : Tiers interne de la ligne courbe occipitale supérieure, juste après l’insertion du muscle sterno-cléido-mastoïdien, et jusqu’à la protubérance occipitale externe, ainsi que le long du ligament nuchal, reliant les processus épineux des vertèbres cervicales
      • Faisceau moyen : Triangle aponévrotique des épineuses ainsi que ligaments inter-épineux de C7 à T4
      • Faisceau inférieur : Processus épineux et ligaments inter-épineux de T4 à T10. On note des variations anatomiques jusqu’à T12

     

    • Terminaison

      • Faisceau supérieur : Oblique en bas, s’insère sur la face supérieure du tiers latéral de la clavicule
      • Faisceau moyen : Transversal, se fixe sur le bord médial de l’acromion
      • Faisceau inférieur : Oblique en haut, se fixe sur le versant supérieur du bord postérieur de l’épine de la scapula

     

    • Innervation

    Le muscle trapèze est innervé par :

    • La racine spinale du nerf accessoire, responsable de la motricité
    • Les nerfs cervicaux en provenance des vertèbres cervicales C3 et C4, responsables de la perception de la douleur et la proprioception

     

    • Fonction

      • Faisceau supérieur :
        • Hausser les épaules (uni/bilatéralement)
        • Extension de la tête en arrière (bilatéralement)
        • Rotation de la tête contro-latérale au muscle
        • Inclinaison homolatérale (en contraction unilatérale).
      • Faisceau moyen :
        • Rapprocher la scapula de la colonne vertébrale
        • Tire l’épaule en arrière.
      • Faisceau inférieur :
        • Abaisse les épaules et fait basculer en dedans l’angle inférieur de la scapula.

    Tous ces nombreux mouvements du muscle trapèze se font en synergie avec les muscles élévateurs de la scapula, rhomboïde et dentelé antérieur.

     

     

    Physiopathologie

    Le trapèze est le muscle le plus fréquemment touché dans les syndromes cervicaux myofasciaux. Il est responsable d’une douleur locale mais également de douleurs projetées vers le thorax, le bras et la tête.

    Une contracture ou tension du trapèze entrainera une diminution de la rotation du côté lésé et de l’inclinaison latérale du côté opposé.

    Le syndrome du trapèze supérieur se manifeste par une douleur non spécifique de la région du rachis cervical, parfois dorsal, et du membre supérieur, souvent liée au travail. Il fait partie des troubles musculosquelettiques de la région du cou et du membre supérieur (TMS-MS).

    Son diagnostic est essentiellement clinique : douleur à la palpation et à la mise en contraction dynamique contrariée, à l’étirement. Des douleurs de l’élévateur de la scapula, des extenseurs du rachis cervical ou de l’infra-épineux, du deltoïde postérieur, des sterno-cléido-mastoïdiens etc…peuvent être associées. L’atteinte est en générale unilatérale mais des tensions peuvent exister du côté opposé d’où la nécessité d’effectuer un traitement bilatéral.

    Les symptômes s’aggravent avec les postures statiques prolongées et dans les métiers nécessitant des tâches répétitives avec ou sans contraintes.

    La rééducation aura pour but de diminuer ces douleurs, relâcher et rééquilibrer la musculature du complexe cou-épaule et sera aidé pour cela par la thérapie par Ondes de Chocs notamment avec l’utilisation d’adaptateurs spécifiques pour le traitement des fascias.

     

     

     BILAN DIAGNOSTIC 

    Interrogatoire 

    Recherche les circonstances d’apparition (progressive ou non). On peut retrouver plusieurs types de facteurs de risque :

    • Personnels liés à un trouble de la posture ou à un défaut de la musculature
    • Efforts physiques sur le poste de travail :
      • Stress lié à une posture statique prolongée (ordinateur)
      • Stress lié à des mouvements répétés du membre supérieur
    • Contexte organisationnel et psychosocial :
      • Absence de repos au cours d’un cycle de travail
      • Absence de soutien social

    En général : douleurs d’apparitions progressives, influencées par une mauvaise posture au travail et at augmentées par le stress et les facteurs émotionnels. Parfois ces douleurs peuvent être consécutives à une irritation neurogène due à une sténose du canal cervical (protrusion discale, hernie).

     

    Examen clinique 

    • Recherche palpatoire :

      • Trigger points
        • Au niveau du trapèze supérieur (de l’occiput à l’acromion)
        • Au niveau de la région para-vertébrale de C4 à C7
        • Au niveau du deltoïde postérieur
        • Parfois partie antéro-latérale du thorax
        • Parfois grand pectoral
        • Etc…

     

    • Recherche de douleurs à la contraction contrariée :

      • Hausser les épaules (uni/bilatéralement)
      • Extension de la tête en arrière (bilatéralement)
      • Rotation de la tête contro-latérale au muscle
      • Inclinaison homolatérale (en contraction unilatérale)

     

    • Recherche d’une limitation articulaire :

      • Diminution de l’inclinaison contro-latérale
      • Diminution de la rotation homolatérale de la tête
      • Parfois diminution de la flexion antérieure du rachis cervical

     

    Examens complémentaires 

    Radiographie Pour éliminer une lésion osseuse et apprécier la globalité du rachis cervical
    Echographie Pour éliminer une lésion musculaire traumatique et éliminer d’éventuelles tumeurs
    IRM Pour analyser le rachis cervical avec précision et éliminer une protrusion ou hernie discale, une lésion tumorale etc…

     

    Diagnostic différentiel :

    Le diagnostic différentiel écartera une cause tumorale, infectieuse ou inflammatoire et éliminera toute radiculopathie.

     

     

    TRAITEMENT KINESITHERAPIQUE

    Le rôle du kinésithérapeute sera de diminuer les douleurs, détendre, relâcher et rééquilibrer la musculature du complexe cou-épaule ainsi que de corriger la posture. Notre tâche sera facilitée par l’utilisation des Ondes de Choc Radiales.

     

    Ondes de Choc Radiales 

    Le traitement  par ODCR sera adapté au bilan réalisé au préalable. Il s’effectuera systématiquement de façon bilatérale. Il débutera à distance de la zone douloureuse et le choix de l’applicateur dépendra de la zone à traiter.

    Nous utiliserons des applicateurs spécifiques (Peri-actor ; Spine-actor). Ce type de transducteur permet de traiter de façon adaptée les différents fascias aussi bien superficiels que profonds. Ils possèdent tous une spécificité et ne doivent être utilisés qu’à des pressions inférieures à 3 bars. (< 2 bars au niveau du rachis cervical). Ces transducteurs sont installés sur une pièce à main type « Falcon » qui autorise un travail plus précis et adapté aux besoins (pressions très basses : 0,3 bars, pour les fascias cervicaux).

    Fig.-3-Pièce-à-main-Falcon

    Le choix de l’applicateur dépend de la zone à traiter. On utilise :

    • le Scraper pour les fascias superficiels
    • le Knuckle pour les cloisons intermusculaires
    • le Scoop pour les crêtes osseuses (épine de l’omoplate)
    • la Sphère pour les points trigger

    La puissance sera choisie en fonction du fascia concerné, de sa profondeur, de l’importance des restrictions rencontrées.

    La fréquence permettant la meilleure réponse des tissus est de 17 Hz +/- 2 Hz.

    Le traitement débute à distance de la zone douloureuse : rachis dorsal, cervical ou épaule. En général, 3 à 5 passages en général suffisent, en fonction des restrictions observées.

    Le traitement des Points Trigger sera systématiquement associé.  Pour cela nous utiliserons les transducteurs classiques (D-20 ; R040 ; R15).

     

    Traitement des para-vertébraux : (Spine-actors)

    En fonction des tensions musculaires et des douleurs, nous débuterons soit par les paravertébraux dorsaux (à distance de la douleur) soit directement par le rachis cervical.

    • Installer le patient dans une position confortable : décubitus ventral ou assis

    • Choisir le transducteur Spine-actor adapté en fonction de la zone à traiter et de la morphologie du patient (20 mm pour la region cervicale ; 27,5 mm pour le rachis dorsal). Leur forme en U permet d’atteindre les points Trigger et lever les contractures des paravertébraux
    • Mettre du gel à ultrasons sur la zone à traiter
    • Appliquer la pièce à main perpendiculairement (90°) à la surface de la peau
    • Le protocole Spine pour chaque zone à traiter (cervicale et dorsale) sera :
      • Fréquence : 17Hz +/- 2Hz
      • Puissance : 0,8 à 2 bars
      • Nombre de chocs : 1500 sur chaque région (cervicale, dorsale)

    Au niveau cervical il est impératif de débuter avec des pressions basses (0,3 à 0,8 bars et de ne jamais dépasser 2 bars)

     

    • Traitement de la chaine myofasciale :

    Peri-actors : Knuckle ; scraper

    Ces transducteurs permettent de libérer les adhérences des fascias en introduisant des Ondes de Pression tangentiellement aux tissus (aux alentours de 45°), au lieu de perpendiculairement, afin d’optimiser les mouvements entre les différentes couches de tissus.

    • Il n’est pas nécessaire d’utiliser de gel à ultrasons avec le Knuckle et le Scraper
    • La puissance choisie (toujours inférieure à 2 bars au niveau cervical) dépend du fascia concerné, de sa profondeur, de l’importance des restrictions rencontrées
    • Il est impératif de commencer avec des pressions basses, notamment au niveau cervical (0,3 – 0,8 bars)
    • La fréquence permettant la meilleure réponse des tissus est de 17 Hz +/- 2 Hz
      • Le Knuckle est utilisé pour le fascia cervico-thoracique faible : 0,3 à 1,5 bars – 15 à 21 bars

     

    • Le Scraper permet de traiter les fascias superficiels sur de larges surfaces (technique de grattage)
      • Nous l’utiliserons au niveau du trapèze supérieur : 1 à 2 bars – 15 à 21 Hz

     

    • Sur le fascia cervico-thoracique
    • Parfois sur le grand pectoral si trigger points associés : 0,8 à 2 bars – 15 à 21 Hz

     

     

    • Traitement des Trigger Points :

    La Sphère, ou d’autres transducteurs classiques (R040 ; D20) seront utilisés sur les Trigger Points associés.

    • Au niveau du trapèze sup :
      • Position assise : R040 ; D20 ou sphère O,8 à 2 bars - 15 Hz - 500 chocs

     

    • Décubitus ventral : R040 ; D20
    •  L’onde de choc est dirigée vers l’autre main en contre-appui
    • Pression R-PW : 1,6 à 2 bars – 15 Hz – 500 chocs

    Faire attention à la moindre gène, douleur au niveau cervical ou impression désagréable au niveau des oreilles (bourdonnements etc…).

     

    • Au niveau de l’insertion du trapèze sup sur l’occiput :
      • Position assise
      • Transducteur Atlas : 0,3 – 1 bars ; 17 Hz ; 100 à 500 chocs

     

    • Trigger points associés au niveau de l’élévateur de la Scapula :
      • Décubitus ventral
      • R040 ; D20 ou sphère : 1 à 2,5 bars - 15 à 21 Hz - 500 chocs

     

    • Trigger points associés au niveau de deltoïde postérieur

     

    • Trigger points associés au niveau du grand dorsal
      • Décubitus ventral  ou décubitus dorsal
      • D20 : 2 à 2,5 bars – 15 Hz – 500 chocs

     

    • Vibrations :

    Les vibrations au niveau du trapèze supérieur, des fixateurs de l’omoplate, de l’infra-épineux et du deltoïde complèteront le traitement par Ondes de Chocs Radiales par leur action décontracturante.

     

    • V-ACTOR (V40) : 35 à 35 Hz ; 2 à 3 bars ; 2000 à 3000 chocs

     

     

    Kinésithérapie associée :

    Le traitement kinésithérapique du syndrome de trapèze supérieur comprend classiquement :

    • Des massages décontracturants
    • Des exercices de lever de tension
    • Une correction de la posture
    • Un rééquilibrage de la musculature du complexe cou-épaule
    • Des conseils d’ergonomie
    • Etc…

     

     

    CONCLUSION

    • Les syndromes myofasciaux du trapèze supérieur sont fréquents parmi notre patientèle
    • Les Ondes de Choc Radiales ont démontré leur intérêt et leur utilité dans ce type de syndrome myofasciaux
    • Si l’on veut être efficace et non dangereux il est impératif de :
      • Maitriser parfaitement la technique (d’où l’intérêt d’une formation pratique)
      • Posséder une parfaite connaissance de l’anatomie de la région anatomique (proximité des nerfs, vaisseaux, poumons, reliefs osseux)
      • Utiliser les applicateurs adaptés
      • Être à l’écoute de son patient pour éviter des effets secondaires : vertiges, maux de tête ,etc..
      • Traiter systématiquement de façon bilatérale
      • Commencer toujours avec des fréquences basses au niveau cervical

     

    La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.

    Pour plus d’informations sur les solutions thérapeutiques proposées, cliquez ICI.

    www.chattanoogarehab.fr

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    Auteur : Thierry Allaire, Kinésithérapeute du sport. Consultant Chattanooga/Enovis pour les ondes de choc.

    Sources / Illustrations : Thierry Allaire - Chattanooga/Enovis

    Bibliographie :

    • William M: Ondes de choc; Effets physiologiques ? Un soutien à nos techniques manuelles en agissant notamment sur la cellule vasculaire – Kiné Actualité – n°1514 – janvier 2018
    • BecK and al: Fascia treament with shock waves. 2017 – Level 10
    • Gleitz M: Myofascial Syndromes and trigger point. 2011 – Level 10
    • De Laere: Le Syndrome Myofascial douloureux: Points Trigger Myofasciaux. 1ère partie - 2009 - Profession Kinésithérapeute n°23
    • Nicolle J: Ondes de Choc: une nouvelle possibilité de traitement de traitement des fascias - Kiné Actualité - n°1436 – février 2016
  3. Photobiomodulation et Thérapie LightForce: intérêts dans le traitement des entorses du genou

    L’entorse du genou est un traumatisme fréquent. Il survient principalement chez les jeunes lors de la pratique sportive (85% des cas).

    Sa gravité va de l’entorse bénigne, sans signe de laxité, à l’entorse grave avec rupture ligamentaire. Grâce à la thérapie laser – photobiomodulation, vous pourrez traiter toutes les phases, même après reconstruction ligamentaire.

     

    ANATOMIE FONCTIONNELLE ET PHYSIOPATHOLOGIE

    Anatomie fonctionnelle

    L’anatomie du genou est assez simple, elle se compose de 2 articulations fémoro-tibiale et fémoro-patellaire. Les moyens d’union, qui permettent une stabilité, se divisent en 2 catégories :

    • Actifs : tendon quadriceps, muscles patte d’oie, triceps sural, biceps fémoral, semi-membraneux et la capsule,
    • Passifs : principalement les ligaments croisés antérieur – postérieur et collatéraux (Billuart et al, 2005).

     

     

    Physiopathologie

    Même si les mécanismes lésionnels sont souvent induits par le matériel (ski) ou terrain (foot, course), les contraintes aboutissants à l’entorse s’exercent soit directement sur le genou (mécanisme direct), soit elles sont transmises par des articulations voisines (mécanisme indirect).

    Généralement lors de l’impact sur le genou, le pied est « fixé » au sol.

    Mécanismes :

    • Translation tibiale antérieure par hyper-extension et/ou contraction brutale du quadriceps
    • Valgus – Rotation externe
    • Varus – Rotation interne.

    Prédispositions :

    Schéma Bahr and Krosshaug Schéma Bahr and Krosshaug

     

     

    BILAN DIAGNOSTIC

    Le bilan se décompose par :

    • Interrogatoire:
      • Circonstances de l’accident (craquement ?)
      • Localisation de la douleur (genou entier, faces latérale – médiale)
      • Impression de dérobement (signe de lésion d’un croisé)
    • Palpatoire: troubles vasomoteurs (type et volume de l’œdème - hémarthrose)
    • Mobilité :
      • Flexion (douleur)
      • Extension (flexum)
      • Rotation
    • Tests ligamentaires:
      • Trillat-Lachmann (LCAE)
      • Tiroir postérieur (LCPI) ou antérieur (LCAE)
      • Laxité frontale
      • Recurvatum-test de Hughton ou examen de la laxité en varus (atteinte postéro-externe)

    Attention, l’examen clinique sur les ruptures est parfois incertain ou difficile sur les lésions fraiches.

     

    Interrogatoire 

    La classification de l'entorse se fait en fonction de l’état des ligaments :

    • Bénigne : atteinte de quelques fibres
    • Moyenne gravité : rupture du LLI ou LLE
    • Grave : rupture LCAE ou LCEI

     

    Examens complémentaires 

    Les examens complémentaires permettent de :

    • Dépister des éventuelles fractures ou arrachement osseux par radios simples
    • Confirmer la ou les lésions ligamentaires, complétant le bilan lésionnel par IRM

     

    TRAITEMENT PAR PHOTOMODULATION

    Traiter un genou en photobiomodulation et avec le LightForce dépend surtout de « l’état » du genou, ainsi que de l’objectif à atteindre.

    Généralement le découpage se fait de la façon suivante :

    • Baisse de l’œdème, de la douleur par augmentation de la micro-circulation entrainant à la fois la baisse de douleur et une résorption plus rapide de l’œdème,
    • Cicatrisation et régénération des tissus lésés par augmentation de la production d’ATP, facilitant la régénération tissulaire nécessaire tout au long des phases de prolifération,
    • Potentialisation et accélération de la rééducation par libération d’oxygène, augmentant le métabolisme cellulaire et facilitant le travail musculaire.

     

    Les principaux avantages de lier Rééducation et Photobiomodulation

    • Une utilisation lors de toutes les phases de la rééducation
    • Un traitement non douloureux
    • Une facilité d’utilisation
    • Une rapidité de traitement (9 mn en moyenne)
    • Un travail mixte photobiomodulation et thérapie manuelle

     

    Installation du patient

    Le patient est dans un premier temps en décubitus dorsal (DD) avec un coussin au niveau du creux poplité afin de soulager le genou. Cette position va évoluer pour passer en décubitus ventral (DV) et ainsi avoir accès au creux poplité et la partie postérieure de la jambe.

    Enfin dans les dernières phases de rééducation, pour un travail associé à la thérapie manuelle, vous pourrez positionner votre patient en DD hanche en flexion (étirement du plan postérieur) avec genou en extension ou en DV avec une flexion du genou (étirement du plan antérieur).

     

    Phases de traitement

    1) Traitement de l’œdème, de la douleur et cicatrisation 

    Les réglages à effectuer sont les suivants :

    • Énergie à appliquer : environs 2900 à 3200 J en passant d’aigüe à sub-aigüe
    • Technique : effectuer un balayage sur toute la zone œdématiée en insistant sur les ligaments lésés, les culs de sac et le creux poplité
    LightForce_Large cône sans contact_Genou-Latéral

     

    Pour une lésion des ligaments croisés, vous pouvez plier le genou vers 90° afin d’orienter votre faisceau parallèlement à la ligne articulaire

    LightForce_Large cône sans contact_Genou Sous-Patellaire Fléchi

     

    • Tête de traitement : nous utiliserons pour cette phase une tête sans contact – large
    LightForce_Large cône sans contact_Lombaire Bas Assis

     

    Compléments :

    • En phase hyper-algique donc sur une entorse fraiche, vous pouvez traiter la racine nerveuse (L2345S1) avec une tête sans contact – large et 4000 à 5000 Joules d’énergie. Votre patient sera alors assis sur la table.

     

    2) Traitement des zones musculaires

    Cette phase est importante permet de libérer les tissus afin de facilité la rééducation. Bien travailler les tissus grâce aux têtes de contact permettra un meilleur travail articulaire et donc un gain de mobilité. La libération d’oxygène et l’augmentation de la micro-circulation donnera plus de souplesse et donc d’élasticité.

    Les réglages à effectuer sont les suivants :

    • Énergie à appliquer : environs 5000 à 6000 J en fonction du groupe musculaire et de la zone plus ou moins profonde à atteindre.
    • Technique : le travail s’effectue soit sur les différents faisceaux du quadriceps soit au niveau des muscles ischios ou triceps sural. Appliquer la tête longitudinalement en suivant les différents faisceaux musculaires, en insistant sur les zones de tension.
    • Tête de traitement : nous utiliserons une tête dite « de contact ». Cette tête munie d’une boule en silice permet de travailler, tout en ayant un feed-back. Si vous voulez privilégier des zones précises utiliser la tête de contact « ronde », cependant pour des manœuvres plus globales, la tête « Rolling Pin » est conseillée.
    LightForce_Grande boule massage Quadriceps

     

    LightForce_Tête cylindrique XL_Ischio-Jambier Moyen

     

    Avantages de la tête de traitement « contact » :

    Définition Avantages
    Compression Permet de se rapprocher du tissus cible Augmentation de la puissance en profondeur
    Collimation Faisceau lumière parallèle Moins de perte de photons
    Réfraction Minimise la perte de lumière Augmentation énergie délivrée aux tissus
    Réflexion Perte de lumière Baisse de cet indice
    Tissus Travail manuel Feed-back

     

    Traitement des Points Trigger

    Vous pouvez traiter les Points Trigger sur des groupes musculaires suivants : quadriceps, ischios poplité ou triceps sural.

    En général, les plus douloureux seront ceux du quadriceps ou des ischios.

    Pour cela, utilisez une petite tête de contact en effectuant des mouvements circulaires et en modulant l’appui. Une densité d’environ 3000 Joules sera appliquée.

     

     

     

    Association thérapie manuelle 

    Cette association photobiomodulation et thérapie manuelle est le plus de la thérapie LightForce®.

    Vous pouvez l’utiliser de 2 manières :

    • Soit au niveau articulaire pour créer ce flash antalgique et donc favoriser la mobilisation du genou
    • Soit sur les différentes structures qui freinent la mobilité, comme les muscles, grâce aux têtes de contact. L’oxygénation tissulaire, le modelage des tissus ainsi que les étirements combinés favoriseront la décontraction et donc la mobilisation. Différentes positions peuvent être adoptées
    LightForce_Tête cylindrique XL_Quadriceps

     

    LightForce_Tête cylindrique XL_Ischio Jambier Moyen

    Reprise de sport

    Cette phase est primordiale pour cette pathologie qui touche principalement de jeunes sportifs. Il est donc important de continuer le traitement laser afin de préparer les muscles à l’effort et traiter les douleurs résiduelles qui peuvent modifier le placement lors des activités sportives.

    Chaque zone bilantée permettra de choisir entre une tête sans contact (point ligamentaire ou articulaire) ou une tête avec contact (zone musculaire).

     

    Les séances

    Vous pouvez commencer par des séances quotidiennes la première semaine post-blessure ou chirurgie. Ensuite vous effectuerez les séances de Lightforce avant, pendant ou après votre séance de rééducation en fonction des effets recherchés : baisse de douleur, aide à la mobilisation, baisse de l’inflammation.

     

     

    Kinésithérapie associée 

    La Rééducation

    La rééducation se fera suivant des protocoles bien précis en accord avec le médecin ou le chirurgien. Elle passera néanmoins toujours par une phase de baisse de l’œdème et de l’inflammation avec une reprise de flexion assez rapide. Puis elle se poursuivra par un travail de renforcement, proprioception et réathlétisation avant reprise du sport. Toute pratique sportive doit être précédée d’une phase d’échauffement permettant d’augmenter les propriétés viscoélastiques du ligament et donc ses propriétés mécaniques (Su et al. 2008).

    N’oublions pas d’associer aussi de l’électrothérapie très efficace et intéressante pour cibler le renforcement musculaire d’un muscle en particulier ou de fibres musculaires spécifiques.

     

    Les Attelles

    Elles sont multiples car adaptées à chaque phase de l’entorse :

     

    CONCLUSION

    Traiter une entorse de genou (bénigne ou grave, voir opérée) en photobiomodulation demande une parfaite adéquation entre la pratique du laser, la phase de rééducation et l’objectif recherché. Bien conduite, cette combinaison permet d’accélérer le processus de guérison et donc la rééducation.

     

    Pour plus d’informations sur ces appareils, cliquez ICI.

    Dispositifs médicaux de classe IIa, lire attentivement les notices avant utilisation.

     

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    Auteur: Bernard BONTHOUX, Ostéopathe DO – MKDE

    Consultant Chattanooga/DJO pour le Laser.

     

    Sources / Illustrations :  DJO France

    Bibliographie: 

    • Anatomie des Trigger Points – Simeon Niel-Asher – Eveil Santé
    • Comparison of Photobiomodulation and Anti-Inflammatory Drugs on Tissue Repair on Collagenase-Induced - Photomed Laser Surg - Ingvill Fjell Naterstad and Al – 2018
    • Photobiomodulation as an Adjunctive Treatment to Physiotherapy for Reduction of Anterior Knee Pain in Combat Soldiers – Laser Surgery Med – Lilach G. and Al. - 2021
    • Dose-Response Effect of Photobiomodulation Therapy on Muscle Performance and Fatigue During a Multiple-Set Knee Extension Exercise – Laser Surgery - Mateus Rossato and Al. – 2020
    • High-frequency near-infrared diode laser irradiation suppresses IL-1β-induced inflammatory cytokine expression and NF-κB signaling pathways in human primary chondrocytes – Lasers Mede Sci – Sakata S and Al. - 2021

     

  4. Traitement des séquelles de lésions myo-aponévrotiques au niveau du triceps sural avec les ondes de choc radiales

    Les lésions myo-aponévrotiques au niveau du triceps sural sont fréquentes chez les sportifs professionnels ou loisirs.

    Une absence de traitement ou une mauvaise prise en charge thérapeutique peut entrainer des séquelles fibreuses invalidantes pour nos patients.

    Les Ondes de Choc Radiales (RPW) seront d’une grande utilité pour venir à bout de ses cicatrices fibreuses.

     

    ANATOMIE FONCTIONNELLE ET PHYSIOPATHOLOGIE

    Anatomie du triceps sural 

    Le triceps sural est formé par : (Fig. 1 ; Fig. 2)

    • Le gastrocnémien médial (GM)
    • Le gastrocnémien latéral (GL)
    • Le Soléaire
    • + le plantaire grêle

    Les gastrocnémiens :

    • Ils s’insèrent sur les coques condyliennes
    • La structure tendineuse se poursuit par une lame aponévrotique superficielle postérieure relativement épaisse distincte du soléaire pour former le tendon calcanéen
    • Le GM, descends le plus bas que GL
    • Ce sont des muscles bi articulaires avec une disposition pennée des fibres

     

    Le soléaire :

    • Il s’insère sur l’extrémité supérieure de la face postérieure du tibia et de la fibula par des lames tendineuses planes qui se poursuivent en descendant en intra-musculaire au centre de la masse musculaire dans un plan frontal
    • L’expansion aponévrotique descend vers le bas pour former avec celle du GM le tendon calcanéen
    • C’est un muscle mono articulaire

     

    + le muscle plantaire : (plantaire grêle)

    • Petit muscle vestigial du mollet, d’environ 10 cm de long dont l’insertion proximale se situe dans la région fémorale supra-condylienne latérale, au-dessus et en dedans du GL
    • Il se poursuit par un long tendon qui chemine entre les jumeaux et le soléaire pour s’insérer le plus souvent sur le bord postéro-médial du calcanéus
    • Il est absent dans 7 à 20% des cas
    Fig. 1 : Triceps sural
    Fig. 2 : Plantaire grêle

     

    Fonction du triceps sural

    Le soléaire :

    • La marche à vitesse normale en terrain plat met principalement en jeu le soléaire lors de la phase de propulsion
    • Il est considéré comme un muscle statique lent

     

    Les gastrocnémiens :

    • Le GM est rapide à contraction explosive. Il entre en jeu lors des accélérations décélérations, sauts, impulsions. Il est plus fatigable.
    • Le GM soumis à des contraintes plus intenses est le plus souvent lésé

     

    + le muscle plantaire : (plantaire grêle)

    • Fléchisseur accessoire de la cheville
    • Il soulève le muscle GM en contraction et favorise les décollements inter-aponévrotiques. Il retarde également leur cicatrisation s’il y est incarcéré

     

    Mécanisme lésionnel 

    Dans 90% des cas, il s’agit de lésions intrinsèques :

    • Contraction violente associée à un étirement maximal
    • Flexion dorsale du pied, extension du genou
    • Démarrage, accélération
    • Sports : tennis, basket, handball, football
    • Facteurs favorisants : fatigue, déshydratation, froid, humidité, rétractions
    • Age : 30/45 ans

     

    Diagnostic de la lésion aigue

    Le diagnostic de la lésion aigue est avant tout clinique. Il précise les circonstances d’apparitions, le type et l’étendue de la douleur, l’impotence fonctionnelle (marche possible ou non), etc.

    L’échographie (ou l’IRM) initiale, faite dans les premiers jours, est parfois faussement rassurante. C’est le décollement péri aponévrotique tardif, entre le gastrocnémien médial et le soléaire, qu’il faut craindre.

    Une échographie au 15ème-20ème jour s’impose pour vérifier si le décollement péri-aponévrotique tardif, nécessite d’être ponctionné.

    L’échographie précisera le siège et la nature de la lésion (soléaire, GM, GL, plantaire grêle, tendon fléchisseur propre de l’Hallux, tibial post) et éliminera : rupture d’un kyste synovial, phlébite, lésion musculaire tumorale, etc.

     

    PHYSIOPHATOLOGIE

    Prenons l'exemple du tennis leg.

    Le gastrocnémien médial (GM) est le 4ème muscle le plus atteint par la déchirure après le quadriceps, les ischio-jambiers et les adducteurs.

    En cas de sollicitation intense, on peut observer au niveau du GM une désinsertion musculo-aponévrotique.

    En situation pathologique, il peut se produire un décollement aponévrotique. L’espace entre le muscle va alors être comblé par du sang. Cette présence de sang va venir comprimer le muscle et déclencher les douleurs. Plus la quantité de sang est importante, plus la compression et la douleur seront importantes.

    Ce décollement se fait majoritairement entre le gastrocnémien médial et le soléaire. (Fig. 3a ; 3b)

    Fig. 3a et 3b : décollement aponévrotique entre GM et soléaire

     

    Plusieurs phases vont se succéder du traumatisme jusqu’à la consolidation et surtout la récupération fonctionnelle du muscle lésé

    • Phase inflammatoire
    • Phase de cicatrisation
    • Phase de récupération
    • Phase de réadaptation / entraînement

    L’obstacle majeur à la guérison après une lésion musculaire est la fibrose définie comme une sur-prolifération anormale, chronique et irréversible de la matrice extra cellulaire. La fibrose interfère par la suite avec la régénération musculaire ayant pour effet une altération de la fonction du muscle ainsi qu’une altération du tissu environnant pouvant être responsable d’une augmentation du risque de récidive

    Afin d’obtenir une cicatrisation de qualité, d’éviter la chronicité et diminuer le risque de récidive le kinésithérapeute devra favoriser une parfaite cicatrisation musculaire, cicatrisation conjonctive et cicatrisation de l'intimité myo-conjonctive.

    Le tissu cicatriciel non fonctionnel est associé avec une altération de la mécanique d'allongement des tissus musculaires, une flexibilité réduite, des réductions persistantes de la force excentrique, une atrophie à long terme du muscle lésé et altérations générale de la biomécanique des membres inférieurs.

    On retrouve classiquement 2 contextes cliniques :

    • Pas de guérison dans les délais habituels
    • Accident récidivant au même endroit

    Les lésions séquellaires sont les suivantes:

    • Précoces :
      • Hématome organisé, Ossification intra-musculaire débutante
    • Tardives :
      • Nodule fibreux, dégénérescence fibreuse, lésion kystique, calcification – ossification, séquelle de désinsertion, séquelle de rupture

     

    BILAN DIAGNOSTIC DE LA LESION MYO-APONEVROTIQUE CHRONIQUE DU TRICEPS SURAL

    Interrogatoire

    • Histoire du (ou des) traumatismes
    • Détail des traitements suivis
    • Gêne fonctionnelle actuelle
    • Reprise sportive prématurée

     

    Examen clinique 

    La palpation recherche :

    • Une douleur au niveau du siège de la lésion. (GM, GL, soléaire, jonction myo-tendineuse)
    • Une induration plus ou moins volumineuse palpable et plus ou moins mobile
    • La présence de Trigger Points ; des douleurs myofasciales associées ; des tensions ; des zones de restrictions au niveau de la loges postérieure de jambe

    La mise en tension du triceps sural peut réveiller la douleur

    • Gastrocnémiens : flexion dorsale de cheville- genou en extension
    • Soléaire : flexion dorsale de cheville – genou en flexion

    On pourra même noter une diminution des amplitudes de flexion dorsale de cheville ((genou en extension).

    La contraction musculaire peut réveiller la douleur (montée sur la pointe des pieds, douleur à la course, à l’accélération, etc.)

     

    Examens complémentaires

    Echographie (Fig. 3b) et/ou IRM : ils sont indispensables pour confirmer le diagnostic et permettre d’entreprendre un traitement kinésithérapique adapté.

    • Ils préciseront le siège et l’importance de la fibrose
    • Elimineront la présence de kyste liquidien, phlébite, lésion musculaire tumorale, etc.

     

     

    TRAITEMENT 

    Le traitement se veut avant tout rééducatif.  Il comporte une association Ondes de Choc Radiales – Kinésithérapie.

    Ondes de Choc Radiales (RPW)

    Avant de débuter tout traitement, il est nécessaire d’effectuer un examen clinique précis afin de poser un diagnostic kinésithérapique et de vérifier l’absence de contre-indication.

    Les R-PW pourront être utilisées sur les séquelles de lésions myo-aponévrotiques (cicatrices fibreuses) après authentification par échographie ou par IRM.

    Le traitement par R-PW doit être expliqué au patient afin de l’impliquer et de minimiser ses craintes éventuelles (douleurs).

    Il comprend en général :

    • 3 à 4 séances de R-PW sur la zone fibreuse à raison d’une fois par semaine
    • Complétées par de l’activation musculaire sur la loge antérieure de cuisse ainsi que de la vibration

    En dehors des séances d’Ondes de Choc pures « défibrosantes », il est conseillé d’effectuer un traitement myofascial à raison de 2 fois par semaine en utilisant les transducteurs type D-Actors (D-20 ; D-35) ou les Peri-Actor (Knuckle ; Scrapper).

    Application de R-PW sur une cicatrise fibreuse au niveau du triceps sural :

    • Patient en décubitus ventral, la jambe lésée pendant au bord de la table (triceps sural en tension)
    • Recherche palpatoire de la zone indurée témoignant de la fibrose GM
    • Protocole de R-PW: (Fig. 4)
    • R040, C15
    • 15 – 12 Hz ; 1,8 - 2,4 bars ; 2000 chocs
    • Mettre du gel à ultra-sons
    • Pression manuelle appuyée
    • 1 fois par semaine – 3 à 4 semaines
    Fig. 4 : RPW sur cicatrice fibreuse au niveau du triceps sural

     

    Le traitement sera complété par un traitement myofascial sur le triceps sural : en utilisant les transducteurs type D-Actors (D-20 ; D-35) ou les Peri-Actor (Knuckle ; Scrapper)

    • Activation musculaire avec transducteurs sur triceps sural : (Fig. 5a ; Fig. 5b)
    • Patient en décubitus ventral, pieds reposant sur un coussin (triceps sural en position détente ou de pré-tension)
    • D20-S – D20-T – D35
    • 15 Hz ; 2 - 3 bars ; 2000 - 3000 chocs
    • Utiliser du gel
    • Déplacer la pièce à main lentement sans interruption sur la surface de la peau dans la direction des fibres musculaires, du distal vers le proximal (Smoothing) sur les gastrocnémiens médial et latéral.
    Fig. 5a : Activation musculaire sur GM

     

    Fig. 5b : Activation musculaire sur GL

     

    • Traitement myofascial avec transducteurs type Peri Actor :

    Le but de ces transducteurs est de libérer les adhérences des fascias (Ondes de Pression tangentiellement aux tissus, au lieu de verticalement) afin d’optimiser les mouvements entre les différentes couches de tissus.

    • Patient en décubitus dorsal, genou reposant sur un coussin (quadriceps en position de détente)
    • Ne pas utiliser de gel avec les peri-actors
    • Knuckle : au niveau des cloisons intermusculaires (Fig. 6a)
      • Entre les GM et GL
      • Entre les loges postérieure et externe de jambe
      • 17- 21 Hz ; 0,8 - 3 bars ; 500 -1000 chocs
    • Scraper: Au niveau des fascias superficiels de la loge post de jambe (Fig. 6b)
      • 17 - 21 Hz ; 0,8 - 3 bars ; 500 – 1000 chocs
    Fig. 6 : Knuckle entre GM et GL

     

    Fig. 6b : Scraper sur fascia superficiel du triceps sural

     

    Vibration : V25 ; V40 (Fig. 7a ; Fig. 7b ; Fig. 7c)

    • La vibration appliquée au niveau de tout le système Suro-Achiléo-Calcanéo-Plantaire (SCAP) complètera le traitement
    • 28 - 35 Hz ; 2 - 3 bars ; 3000 – 5000 chocs
    Fig. 7a : Vibrations sur l’aponévrose plantaire

     

    Fig. 7b : Vibrations sur GM

     

    Fig. 7 : Vibrations sur GL

     

    Kinésithérapie associée 

    Les Ondes de Choc Radiales peuvent être utilisées soit seules, soit en complément d’autres techniques rééducatives.

    En cas de séquelles fibreuses de lésion musculaire au niveau du triceps sural, la rééducation comprendra :

    • Un travail sur vélo et/ou éliptique afin de revasculariser la région lésée
    • Un renforcement musculaire progressif (excentrique et concentrique)
    • Des étirements adaptés
    • Un travail de réadaptation à l’effort

     

    CONCLUSION

    Ce qu’il faut retenir :

    • Les Ondes de choc radiales nous sont d’une grande utilité pour la kinésithérapie des cicatrices fibreuses consécutives à une lésion musculaire insuffisamment ou non traitées.
    • Elles seront associées aux séances de kinésithérapie conventionnelles
    • Le traitement RPW comprendra 3 séances par semaines :
      • 1 fois par semaine : une séance de R-PW à visée « défibrosante » (+ activation musculaire + vibrations) terminera la séance de rééucation.
      • 2 fois semaines : un traitement de R-PW à visée « myofascial » clôturera la séance de kinésithérapie

    La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.

    Pour plus d’informations sur les solutions thérapeutiques proposées, cliquez ICI.

    www.chattanoogarehab.fr

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    Auteur : Thierry ALLAIRE – Kinésithérapeute du Sport

    Consultant Chattanooga/DJO pour les Ondes de Choc

     

    Sources / Illustrations : Thierry ALLAIRE, DJO France

    Bibliographie :

    • Bonnel F, Marc T. Le muscle : Nouveaux concepts. SAURAMPS MEDICAL; 2009. 559 p. (Spécialité Med)
    • Guillodo Y, Bouttier R, Saraux A. De la clinique à l’imagerie : signes de gravité et d’indisponibilité sportive d’une lésion musculaire. J Traumatol Sport. 2012;29(4)
    • Brasseur JL, Renoux J. Echographie du muscle. SAURAMPS MEDICAL; 2016. 294 p.
    • Kisch, T; Wuerfel, W; Repetitive shock wave therapy improves muscular microcirculation. J Surg Res. 2016 Apr;201(2):440-5.
    • BecK and al: Fascia treament with shock waves. 2017 – Level 10
    • Joanisse S, Nederveen J, Snijders T, McKay B. Skeletal Muscle Regeneration, Repair and Remodelling in Aging: The Importance of Muscle Stem Cells and Vascularization. Gerontology. 20 oct 2016;63(1):91‑
    • Di Palma E: Intérêt de la combinaison ondes de choc radiales et infrasons dans les douleurs myofasciales . Profession Kiné n°13 p 11-14
    • Gleitz M: Myofacial Syndromes and trigger point. 2011 – Level 10
    • Allaire T: Les ondes de choc en 2020 : Utilisation en kinésithérapie Kiné Actualité n°1558 janvier 2020
    • Guilhem G, Cornu C, Guevel A. Neuromuscular and muscle-tendon system adaptations to isotonic and isokinetic eccentric exercise. Ann Physicial Rehabil Med. Juin 2010;53(5):319‑
    • Jarvinen M, Lehto M. The effects of early mobilisation and immobilisation on the healing process following muscle injuries. Sports Med. févr 1993;15(2):78‑
    • William M – Ondes de choc ; Effets physiologiques ? Un soutien à nos techniques manuelles en agissant notamment sur la cellule vasculaire Kiné Actualité n°1514 janvier 2018
  5. Photobiomodulation et Thérapie LightForce: intérêts dans le traitement des entorses latérales de cheville

    Traiter une entorse de la cheville en photobiomodulation permet de comprendre toute l’étendu thérapeutique et les nombreux avantages d’appliquer cette technique. Utiliser le LightForce® dès le début du traitement se concrétisera par une baisse rapide de la douleur, de l’œdème et dans un deuxième temps une accélération de la cicatrisation des différents tissus.

    Avec plus de 6000 consultations par jour en France, l’entorse latérale (90% des entorses de la cheville), est la lésion la plus fréquente en traumatologie du sport, avec un fort taux de récidive (73% en basket).

     

    ANATOMIE FONCTIONNELLE 

    Anatomie de la cheville DJO

    Au niveau articulaire, l’articulation de la cheville est encastrée (trochléenne), assurant la stabilité du pied par rapport à la jambe et unissant tibia-fibula au talus.

    Au niveau ligamentaire, nous retiendrons les 3 principaux ligaments collatéraux que sont le talo-fibulaire antérieur, le calcanéo-fibulaire et le talo-fibulaire postérieur.

    Concernant le système musculaire :

    • Le long fibulaire (de la tête de la fibula et 2/3 proximaux de sa face latérale jusqu’à la face plantaire du cunéiforme et la base du 1er métatarsien)
    • Le court fibulaire (moitié distale de la face latérale de la fibula et sur les septums inter-musculaires jusqu’à la tubérosité du 5iem métatarsien)
    • Le troisième fibulaire (du bord antérieur de la fibula distale à la base du 5iem métatarsien)

    Autre moyen d’union, la capsule articulaire tapissée à sa face profonde par la synoviale.

    Cette configuration anatomo-physiologique va nous obliger à prendre en considération les douleurs annexes que sont : les douleurs articulaires au niveau Chopart (médio-tarsienne) et Lisfranc (tarso-métatarsienne), du naviculaire et de la tête du 5ème métatarsien, musculaire des fibulaire et des arches longitudinales et transversales.

     

    PHYSIOPATHOLOGIE

    Le mécanisme lésionnel de la cheville comporte en général 2 phases :

    • Une première qui amène l’articulation talo-crurale en inversion
    • Une deuxième qui produit une compression de bas en haut

    Cette conjonction de ces 2 facteurs entraîne l’entorse latérale de la cheville qui lèse plusieurs ligaments en fonction de la gravité et suivant une hiérarchie :

    • Ligament talo-fibulaire antérieur en premier
    • Ligament calcanéo-fibulaire ensuite
    • Ligament talo-fibulaire postérieur en dernier

    Lors de ce mécanisme lésionnel, dans 20 à 25 % des cas, l’articulation transverse du tarse est touchée.

     

    BILAN DIAGNOSTIC

    Examen clinique

    La clinique repose essentiellement sur l’anamnèse et la sémiologie. L’examen clinique en urgence n’étant pas toujours en concordance avec la réalité ligamentaire, il est important de réitérer ce type d’examen à 3, voire 5 jours post-traumatiques.

     

    Classification 

    La classification habituelle en 4 stades, de Lécluse :

    Diagnostics différentiels

    De manière non exhaustive, quelques pathologies seront à écarter :

    • Les lésions isolées de la syndesmose tibio-fibulaire qui risquent d’être confondues avec une lésion du ligament collatéral latéral
    • Des fractures du 5ème métatarsien ou de la malléole latérale
    • L’entorse des articulations de Chopart, Lisfranc
    • Les luxations de tendons fibulaires, assez rares

     

    Examens complémentaires

    L’imagerie demeure un élément important afin de préciser le diagnostic et suivre l’évolution de la pathologie :

    • La radiographie peut être prescrite afin d’éliminer toute fracture (15% des cas)
    • L’échographie qui devrait être un examen fondamental pour cette pathologie. Malheureusement elle est souvent sous utilisée car demandant un matériel performant, et donc très onéreux
    • L’IRM pour l’étude fine des ligaments
    • Le scanner pour les suspicions de petites fractures

    Toutes ces indications seront le résultat d’un suivi de la classification de de Lécluse et d’une décision médicale.

     

    TRAITEMENT PAR PHOTOBIOMODULATION

    Les principales composantes

    Sur ce type de pathologie, nous avons des actions spécifiques :

    • Œdème et douleur : augmentation de la micro-circulation entrainant à la fois la baisse de douleur et une résorption plus rapide de l’œdème
    • Cicatrisation : augmentation de la production d’ATP, facilitant la régénération tissulaire nécessaire tout au long des phases de prolifération
    • Oxygénation des tissus : grâce à l’oxyhémoglobine qui libère l’oxygène pour le métabolisme cellulaire

    Associé à ces effets, la thérapie LightForce® permet :

    • Une utilisation lors de toutes les phases de traitement
    • Un traitement non douloureux
    • Une facilité d’utilisation
    • Une rapidité de traitement (9 mn en moyenne)
    • Un travail mixte photobiomodulation et thérapie manuelle.

     

    Installation du patient

    Le patient est en décubitus dorsal avec un coussin sous le genou. Pour une application sur la racine nerveuse, le patient passera en position assise.

     

    Phases de traitement

    Pour ce type de pathologie traumatique, nous pouvons découper le traitement de Photobiomodulation en 3 phases :

    • Phase 1 : baisse œdème et de la douleur
    • Phase 2 – 3 : phase de prolifération précoce puis tardive
    • Phase 4 : reprise de l’activité sportive - modelage et maturation des tissus

     

    Traitement phase 1

    Les réglages à effectuer sont les suivant :

    • Énergie à appliquer : environs 2500 J, à moduler en fonction de la taille de l’œdème.
    • Technique : effectuer un balayage sur toute la zone œdématiée en insistant sur la partie péri-malléolaire,remonter sur les fibulaires ou au niveau de l’avant pied en fonction des points douloureux détectés.
    • Tête de traitement : nous utiliserons pour cette phase une tête sans contact – large.

    Compléments :

    • Pour faire baisser l'hyper-algie, traiter la racine nerveuse (L4/L5) avec une tête sans contact – large et 5000 à 6000 Joules d’énergie. 

     

    Traitement phases 2-3 

    Les réglages à effectuer sont les suivants :

    • Énergie à appliquer : environs 2500 J
    • Technique : le travail s’effectue surtout de long de fibulaires. Appliquer la tête de haut en bas en insistant sur les zones sous tension.
    • Tête de traitement : nous utiliserons une tête dite « de contact ». Cette tête munie d’une boule en silice permet de travailler sur les fibulaires, tout en ayant un feed-back et une différenciation des différents faisceaux musculaires.

    Avantages de la tête de traitement « contact » :

    Définition Avantages
    Compression Permet de se rapprocher du tissus cible Augmentation de la puissance en profondeur
    Collimation Faisceau lumière parallèle Moins de perte de photons
    Réfraction Minimise la perte de lumière Augmentation énergie délivrée aux tissus
    Réflexion Pete de lumière Baisse de cet indice
    Tissus Travail manuel Feed-back
    • Il est bien sur important de continuer le traitement sur les ligaments lésés en gardant les mêmes modalités que lors de la phase 1. Vous pouvez augmenter le nombre de joules délivrés.
    • Traiter la face médiale de l’avant-pied, avec une tête de contact, souvent le siège de contractures.

     

    Traitement phase 3

    Cette phase est primordiale pour cette pathologie dite « sportive ». Il est donc important de continuer le traitement laser afin de préparer les muscles à l’effort et traiter les douleurs résiduelles qui peuvent modifier le placement lors des activités sportives.

    Chaque zone bilantée permettra de choisir entre une tête sans contact (point ligamentaire ou articulaire) ou une tête avec contact (zone musculaire).

     

    Traitement des Points Trigger

    Plusieurs points Trigger sont à diagnostiquer et traiter si besoin : long, court et troisième fibulaire.

     

    Les réglages à effectuer sont les suivants :

    • De 1 mn et 5 W sur chaque point Trigger identifié.
    • Tête de traitement : une petite tête de contact de manière circulaire vous aidera à mieux sentir le relâchement.

     

    Les séances 

    Au début, vous pouvez effectuer une séance quotidienne, passer à 4 séances par semaine puis 3, en suivant le rythme de vos séances de rééducation.

     

    KINESITHERAPIE ASSOCIEE

    La Rééducation

    La rééducation se déroule classiquement en 4 phases ayant chacune des caractéristiques en fonction de la cicatrisation ligamentaire. Cette différentiation va nous permettre de moduler les paramètres du laser afin de mieux cibler son action.

    J0 à J3

    Phase 1

    Protocole RICE (ou GREC)

    Drainage - Contention

    Electrothérapie TENS

    Cryothérapie

    J4 à J10

    Phase 2

    Mobilisation articulaire douce

    Proprioception en décharge

    J11 à J21

    Phase 3 

    Travail proprioceptif progressif

    Début d’électrostimulation musculaire

    Renforcement des fibulaires (statique-concentrique-excentrique)

    J22 à J56 

    Phase 4

    Reprise d’activité

    Proprioception spécifique

     

    Toutes ces phases sont, bien sûr, à moduler en fonction des indicateurs de surveillance, de douleur, de récidives, etc. Chacun appliquera ses propres techniques en fonction de sa sensibilité et du patient sportif ou non.

     

    Les Attelles (ou orthèses) 

    Une large gamme d’attelles (ou orthèses) est à votre disposition. Chaque phase doit correspondre à un type d’orthèse avec 2 objectifs : efficacité et confort.

    Il existe en effet des attelles post-traumatiques et des attelles de reprise d'activité, comme vous pourrez trouver dans la gamme Cheville de DJO France.

     

    CONCLUSION

    Face à cette pathologie omniprésente dans les cabinets, les objectifs de la photobiomodulation sont :

    • Baisse de l’œdème et la douleur
    • Réparation des tissus durant les 3 phases d’inflammation, prolifération et remodelage

    Le tout permettant une reprise sportive plus rapide et dans de bonnes conditions.
    Pour plus d’informations sur ces appareils, cliquez ICI.

    Dispositifs médicaux de classe IIb, lire attentivement les notices avant utilisation.

     

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    Auteur: Bernard BONTHOUX, Ostéopathe DO – MKDE

    Consultant Chattanooga/DJO pour le Laser.

     

    Sources / Illustrations :  DJO France

    Bibliographie: 

    • Class 4. non-invasive laser therapy in clinical rehabilitation - Rehabil. fyz. Lék. - Prouza O, Jeníček J, Procházka M.
    • The Beneficial Effects of High-Intensity Laser Therapy and Co-Interventions on Musculoskeletal Pain Management: A Systematic Review - J Lasers Med Sci. - Ezzati K, Laakso EL, Salari A, Hasannejad A, Fekrazad R, Aris A.
    • Comparison of Photobiomodulation and Anti-Inflammatory Drugs on Tissue Repair on Collagenase-Induced Achilles Tendon Inflammation in Rats - Photomed Laser Surg -
      Ingvill Fjell Naterstad, and All
    • The Beneficial Effects of High-Intensity Laser Therapy and Co-Interventions on Musculoskeletal Pain Management: A Systematic Review - J Lasers Med Sci. - Ezzati K, Laakso EL, Salari A, Hasannejad A, Fekrazad R, Aris A.
  6. Comment traiter une tendinopathie d'Achille avec la thérapie LightForce®?

     

    La tendinopathie d’Achille peut se définir sous plusieurs dénominations.

    Mais dans un premier temps, ses caractéristiques communes sont une inflammation du tendon calcanéen, les fibres s’épaississent alors puis se désorganisent et peuvent rompre. Face à ce processus, il convient d’agir sur la cascade inflammatoire puis la cicatrisation, c’est le rôle de la Photobiomodulation – PBM - (traitement par laser).

     

    ANATOMIE FONCTIONNELLE ET PHYSIOPATHOLOGIE

    Le tendon calcanéen est ce tissu conjonctif qui relie le triceps sural (gastrocnémiens et soléaire) à la tubérosité postéro-supérieure du calcanéum. Il est le plus important du corps humain (15 cm de long pour 5 à 6 mm d’épaisseur), résistant à une traction de 4000 Newton. Il comporte une zone d’hypo-vascularisation dans sa partie moyenne lui conférant une fragilité accrue et une bourse synoviale à sa partie distale.

    Les tendinopathies d’Achille (myotendineuses – corporéales – enthésopathies) sont principalement dues à une surcharge ou une origine traumatique. Cette hyper sollicitation va créer des microlésions. D’autre facteurs de risques peuvent favoriser ces tendinopathies : baisse de mobilité des différentes articulations du pied et cheville, tension des muscles du mollet, défaut de posture, chaussures, consommation excessive de corticoïdes, etc.

     

    BILAN DIAGNOSTIC 

    Examen clinique

    La tendinopathie d’Achille est associée à plusieurs symptômes :

    • Raideur de la cheville, surtout matinale
    • Douleur à la palpation de la zone et de la jambe parfois
    • Gonflement du tendon

    L’échelle de Blazina qui évalue le retentissement fonctionnel d’une tendinopathie est très utile pour suivre l’évolution clinique (27 à 44 % de rechute) :

     

    Stade Expression de la douleur
    Stade 1 Douleur après l’effort, survenant au repos, sans répercussion sur l’activité sportive
    Stade 2 Douleur apparaissant pendant l’effort, disparaissant après l’échauffement, puis réapparaissant avec la fatigue
    Stade 3a Douleur permanente lors du sport, limitées à l’entrainement
    Stade 3b Douleur permanente lors du sport, pouvant entrainer l’arrêt, marquée par une gêne dans la vie quotidienne
    Stade 4 Rupture du tendon

     

    Vous pouvez aussi utiliser le VISA-A spécifique au tendon d’Achille.

     

    Examens complémentaires 

    Rarement utile pour poser un diagnostic, ils sont importants pour connaître l’état du tendon :

    Radiographie Avec un intérêt limité, elle mettra en évidence des calcifications, ostéophytes ou évaluer la statique du pied
    Echographie L’échographie (examen important) ou écho-doppler permet d’identifier si nous avons des modifications fibrillaires, une tendinose fusiforme ou nodulaire et éliminer toute fissure
    IRM Il ne fera que confirmer l’échographie en général.

     

    TRAITEMENT 

    Les principales composantes 

    Traiter une tendinopathie d’Achille par la thérapie LightForce® – PBM a pour objectif principal la reprise du sport ou l’activité physique. Il va donc être important de privilégier plusieurs axes :

    • Baisse de la douleur, créer un flash antalgique
    • Lutter contre la cascade inflammatoire
    • Cicatriser le tissu lésé en favorisant la production de collagène

     

    Phases de traitement 

    On les découpe en plusieurs phases, les 2 principales sont :

    • Au niveau de la zone du tendon d’Achille
    • Au niveau musculaire soléaire et gastrocnémiens

    Qui peuvent être complétées par le traitement des Points Trigger ou de la racine nerveuse.

    Conditions de sécurité : il est indispensable que les personnes présentes dans la salle portent des lunettes et il est préférable de fermer la porte de votre salle de soins.

     

    Installation du patient

    Patient en décubitus ventral avec coussin sous la cheville.

    Pour le traitement des muscles du mollet, vous pouvez opter pour la même position mais avec le genou plié à 90°, ce qui permet aussi de jouer sur l’étirement de ces muscles via le pied.

    Traitement au niveau du tendon 

    Technique : balayage du proximal vers distal et inversement, puis latéralement sur toutes les faces du tendon (tendinite corporéale), de l’insertion calcanéenne (enthésopathie), de la jonction musculaire (myotendineuse).

    Les réglages à effectuer sont les suivants :

    • De 3 à 4 mn et 8,5 W en fonction de la phase de la pathologie
    • Tête de traitement : nous utiliserons pour cette phase une tête sans contact

    Traitement des muscles 

    Technique : le travail s’effectue le long du mollet (300 cm2) en allant chercher en profondeur les différents faisceaux musculaires et plus particulièrement le soléaire.

    Cette phase permet de sentir les tissus sous-jacents et traiter plus précisément les zones les plus contractées ou engorgées.

    Les réglages à effectuer sont les suivant :

    • De 4 à 5 mn et 11,5 W en fonction des muscles à traiter
    • Tête de traitement : têtes de contact – Roller Ball Tech

     

    Avantages de la tête de traitement « contact » :

    Définition Avantages
    Compression Permet de se rapprocher du tissu cible Augmentation de la puissance en profondeur
    Collimation Faisceau lumière parallèle Moins de perte de photons
    Réfraction Minimise la perte de lumière Augmentation énergie délivrée aux tissus
    Réflexion Pete de lumière Baisse de cet indice
    Tissus Travail manuel Feed-back

    Bonus thérapie manuelle : effectuer une flexion de genou et flexion dorsale de cheville afin de privilégier le travail sur le soléaire. Cela permet aussi d’étirer les structures. 

    Traitement des Points Trigger

    En fonction du bilan, un traitement des Points Trigger (Soléaire – Gastrocnémiens) peut être judicieux.

    Les réglages à effectuer sont les suivants :

    • De 1 mn et 5 W sur chaque point Trigger identifié
    • Tête de traitement : une petite tête de contact de manière circulaire vous aidera à mieux sentir le relâchement

     

    Racine nerveuse 

    Traiter la racine nerveuse ne se fait que dans un contexte très hyper-algique, pour favoriser le phénomène de flash antalgique.

    Technique : balayage sur les racines nerveuses du nerf sciatique L4, L5, S1 et S2.

    Les réglages à effectuer sont les suivants :

    • De 3 à 4 mn et 13 à 17 W
    • Tête de traitement : privilégier une tête sans contact

    Les séances 

    Plusieurs stratégies sont envisageables :

    • Soit traiter en séance de laser seul quand la douleur est très aigüe
    • Soit en complément de séances de kinés : après la séance
    • Soit en alternance avec des ondes de chocs : laisser 24 heures entre les ondes de choc et le laser

     

    Vous pouvez aussi, si vous traitez des sportifs, effectuer des séances avant les entrainements ou compétitions avec 2 avantages :

    • Vous faites diminuer les douleurs afin de ne pas entraver le geste sportif
    • Vous préparez les muscles à l’effort afin d'améliorer différents aspects fonctionnels liés à la performance sportive et aux marqueurs biochimiques (dommages musculaires et au processus inflammatoire)

    Deux séances par semaine est une bonne programmation, faire un point à 6 séances.

     

    Kinésithérapie associée 

    L’association avec la kiné est indispensable, avec des techniques d’étirement du mollet, de protocole de Stanish ou Alfredson, etc.

    Mais la modulation de l’entrainement est tout aussi importante :

    • Période aigüe : repos complet
    • Activité infra douloureuse : repos relatif
    • Plus de douleur à l’échauffement : aucun repos

     

    TRAITEMENTS COMPLEMENTAIRES

    Les onde de chocs radiales sont des traitements de choix sur les tendinites corporéales.

    Des normalisations ostéo-articulaires et posturologiques, avec semelles si besoin ou étude des chaussures de sport, sont des prérequis pour une réussite du traitement.

    Une attelle peut être prescrire afin de soulager le tendon et augmenter sa vascularisation.

    Rarement il faut aller jusqu’à la chirurgie, mais elle peut prendre plusieurs formes : peignage du tendon, résection reconstruction du tendon avec greffe, ostéotomie du calcanéum.

     

     

    CONCLUSION

    Ce qu’il faut retenir, c’est que traiter les tendinopathies d’Achille grâce à la Photobiomodulation permet :

    • D’accélérer le processus de guérison
    • De traiter sans douleur
    • De favoriser la cicatrisation des tissus

    Et donc accélérer la reprise d’activité !

     

    La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.

    Pour plus d’informations sur les solutions thérapeutiques proposées, cliquez ICI.

    www.chattanoogarehab.fr

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    Auteur: Bernard BONTHOUX, Ostéopathe DO – MKDE

    Consultant Chattanooga/DJO pour le Laser.

     

    Sources / Illustrations:

    • DJO France
    • « Anatomie des Trigger Points » - Simeon NIEL-ASHER – Les Edition de l’Eveil

     

    Bibliographie :

    • CHELT therapy in the treatment of chronic insertional Achilles tendinopathy - Lasers Med Sci. 2014 - Notarnicola A, Maccagnano G, Tafuri S, Forcignanò MI, Panella A, Moretti B.
    • Photobiomodulation and eccentric exercise for Achilles tendinopathy: a randomized controlled trial - Lasers Med Sci. 2016 -  Steve Tumilty, Ramikrishnan Mani and George D. Baxter
    • High Power Laser for Treatment of Achilles Tendinosis - a Single Blind Randomized Placebo Controlled Clinical Study - J Lasers Med Sci. 2016 - Karolinska Institutet, Stockholm, Sweden.
    • Comparison of inflammation tendon - Photomed Laser Surg. 2018 - I.F. Naterstad
    • Class 4. non-invasive laser therapy in clinical rehabilitation, Rehabil. fyz. Lék., Prouza O, Jeníček J, Procházka M.
    • Infrared Low-Level Laser Therapy (Photobiomodulation Therapy) before Intense Progressive Running Test of High-Level Soccer Players: Effects on Functional, Muscle Damage, Inflammatory, and Oxidative Stress Markers—A Randomized Controlled Trial - Oxidative Medicine and Cellular Longevity - Shaiane Silva Tomazoni, Caroline dos Santos Monteiro Machado, Thiago De Marchi , Heliodora Leão Casalechi, Jan Magnus Bjordal, Paulo de Tarso Camillo de Carvalho , and Ernesto Cesar Pinto Leal-Junior, 2019
  7. Comment traiter le syndrome de l’Elévateur de la Scapula avec les Ondes de Choc?

     

    Le champ d’application des Ondes de Choc Radiales s’est énormément élargi ces 20 dernières années (pathologies tendineuses, structures associées ; muscles, aponévroses, etc.).

    Des études récentes des biologistes sur les effets des ondes de choc sur le tissu humain (stimulation de la cellule vasculaire, augmentation des échanges cellulaires, stimulation des cellules souches etc…) ont permis d’appréhender les traitements des ondes de choc radiales sur les fascias(1).

    Nous étudierons ici l’intérêt et la place des ondes de choc radiales dans le traitement du Syndrome de l’Elévateur de la Scapula.

     

    ANATOMIE FONCTIONNELLE ET PHYSIOPATHOLOGIE

    Le syndrome de l’élévateur de la scapula (ES), ou angulaire de l’omoplate, se manifeste par une douleur non spécifique de la région du rachis cervical et du membre supérieur, souvent liée au travail.

    Il fait partie des troubles musculosquelettiques de la région du cou et du membre supérieur (TMS-MS) dont la prévalence est globalement estimée à environ 30 %(2).

    Son diagnostic est essentiellement clinique : douleur à la palpation et à la mise en contraction dynamique contrariée lors d’un mouvement contre résistance d’extension du bras entraînant un mouvement de la scapula en élévation, rétraction et rotation médiale.

    Des douleurs du trapèze supérieur (TS), des extenseurs du rachis cervical ou de l’infra-épineux peuvent être associées.

    Les symptômes s’aggravent avec les postures statiques prolongées et dans les métiers nécessitant des tâches répétitives avec ou sans contraintes.

    La rééducation aura pour but de diminuer ces douleurs, relâcher et rééquilibrer la musculature du complexe cou-épaule.

    Les ondes de choc radiales, ou plutôt ondes de pression radiales, sont d’une grande utilité pour le traitement du syndrome myofascial de l’élévateur de la scapula, notamment avec l’utilisation d’adaptateurs spécifiques pour le traitement des fascias.

     

    Rappels anatomiques

    L’élévateur de la scapula prend son origine au niveau de l’angle supéro-interne de l’omoplate, se dirige en haut, en avant et en dedans pour se terminer au niveau des apophyses transverses de C1 à C4.

    Il est innervé par le nerf scapulaire dorsal (C4-C5).

    Son action varie en fonction du point fixe :

    • Lorsque le point fixe est le rachis, il est élévateur de l’omoplate et participe au mouvement de sonnette interne.
    • Par contre si le point fixe est la scapula, il permet l’inclinaison et la rotation du cou du même côté – (ex : coincer le téléphone entre oreille et épaule) et assure l’extension du cou (ex : regarder vers le haut, et stabiliser cette position).
    Fig. 2 : Rachis cervico dorsal

     

    Fig : 3 : Muscle Elévateur de la Scapula

     

    Physiopathologie

    Anamnèse

    Les douleurs musculaires du complexe cou-épaule (tension neck syndrome [TNS]) font partie des troubles musculo-squelettiques de la région du cou et du membre supérieur (TMS-MS).

    • Certaines douleurs peuvent être individualisées par un diagnostic précis et spécifique (syndrome du canal carpien, épicondylite latérale etc..), alors que d’autres sont dites “non spécifiques”, comme les TNS, car elles sont difficiles à diagnostiquer précisément.
    • Ces pathologies « non spécifiques » du complexe cou-épaule comprennent essentiellement les douleurs de l’Elévateur de la Scapula (ES) et les trapèzalgies (trapèze sup). Elles sont définies principalement par la localisation anatomique des douleurs. Leur épidémiologie, leur pathogénie et leur symptomatologie sont nettement moins bien connues. Leurs symptômes s’aggravent avec les postures statiques prolongées et dans les métiers nécessitant des tâches répétitives avec ou sans contraintes.

     

    Examen clinique

    Les douleurs de l’élévateur de la scapula se présentent comme des cervico-scapulalgies, et non pas comme des cervico-céphalalgies ou des cervico-brachialgies.

    Le diagnostic différentiel écartera une cause tumorale, infectieuse ou inflammatoire et éliminera toute radiculopathie (de C2 à C7), un syndrome de la traversée cervico-thoraco-brachiale, etc.

    On retrouve une douleur à la palpation de l’insertion distale du muscle élévateur de la scapula, au niveau de l’angle supéro-médial de la scapula ainsi qu’au niveau de son corps musculaire.

    Des tensions et des points Trigger du muscle élévateur de la scapula entraînent principalement des douleurs à la nuque (Fig. 4). Cependant, la douleur peut irradier vers l’arrière de l’épaule et le long du bord interne de la scapula.

    Des douleurs du trapèze supérieur (TS), des extenseurs du rachis cervical ou de l’infra-épineux peuvent également être retrouvées.

     

    Fig. 4 : Douleur muscle élévateur de la scapula

     

    On cherche à déclencher à nouveau la symptomatologie douloureuse par la mise en contraction dynamique de l’élévateur de la scapula contrariée lors d’un mouvement contre résistance d’extension du bras.

    Une perte de mobilité du rachis cervical peut être associé à la douleur.

     

    Recherche de facteurs déclenchants 

    On retrouvera plusieurs types de facteurs de risque :

    • Des facteurs de risque personnels liés à un trouble de la posture ou à un défaut de la musculature :
      • Anté-projection exagérée de la tête ou une inversion localisée de la courbure.
    • Des facteurs de risque liés aux efforts physiques sur le poste de travail :
      • Stress lié à une posture statique prolongée (ordinateur)
      • Stress lié à des mouvements répétés du membre supérieur. L’élévateur de la scapula est spécifiquement recruté durant les mouvements d’extension du bras et durant la tâche d’attraper un objet éloigné (élévation et protraction de l’épaule)
    • Des facteurs de risque liés au contexte organisationnel et psychosocial :
      • Absence de repos au cours d’un cycle de travail
      • Absence de soutien social

     

    TRAITEMENT KINESITHERAPIQUE

    Le rôle de la kinésithérapie sera de diminuer les douleurs, détendre, relâcher et rééquilibrer la musculature du complexe cou-épaule ainsi que de corriger la posture.

    Notre tâche sera simplifiée par l’utilisation des ondes de choc radiales (3 ; 4).

    Le traitement des fascias par ODCR sera adapté au bilan réalisé au préalable (5).

    Il débute systématiquement à distance de la zone douloureuse et le choix de l’applicateur dépend de la zone à traiter.

    Nous utiliserons des applicateurs spécifiques (6) : Peri-Actor© ; Spine-Actor© (Fig. 6). Ils permettent de traiter de façon adaptée les différents fascias aussi bien superficiels que profonds . Ils possèdent tous une spécificité et ne doivent être utilisée qu’à des pressions inférieures à 3 bars.

    Ces transducteurs sont installés sur une pièce à main type « Falcon » (Fig. 5) qui autorise un travail plus précis et adapté aux besoins (pressions très basses : 0,3 bars, pour les fascias cervicaux)

    Fig.-3-Pièce-à-main-Falcon Fig.5 -Pièce-à-main-Falcon

     

    Transducteur Spine actor Chattanooga Fig. 6 - Transducteur Spine-Actor© Chattanooga

     

    Le choix de l’applicateur dépend de la zone à traiter. On utilise le Scraper (Fig. 7) pour les fascias superficiels, le Knuckle (Fig.8) pour les cloisons intermusculaires, le Scoop (Fig. 9) pour les crêtes osseuses, et la Sphère (Fig.10) pour les points Trigger.

    Scraper Fig.7 - Scraper
    Knukle Fig.8 - Knukle

     

    Fig. 9 : Scoop

     

    Fig.10 - Sphere

     

    La puissance sera choisie en fonction du fascia concerné, de sa profondeur, de l’importance des restrictions rencontrées.

    La fréquence permettant la meilleure réponse des tissus est de 17 Hz +/- 2 Hz.

    Le traitement débute à distance de la zone douloureuse : rachis cervical ou épaule

    En général, 3 à 5 passages en général suffisent, en fonction des restrictions observées.

    Le traitement des points Trigger est systématiquement associé.

     

    1 - Traitement Spine-Actor© 

    Le traitement du fascia cervical pourra être réalisé en premier lieu.

    Débutant à la base du crane, ce fascia descend vers le moignon de l’épaule.

    • Installer le patient dans une position confortable : décubitus ventral (Fig. 11) ou assis (Fig. 12)
    Fig. 11 - Spine cervical en décubitus ventral
    Fig. 12 - Spine-Actor© cervical en position assise

     

    • Choisir le transducteur Spine-Actor© adapté en fonction de la zone à traiter et de la morphologie du patient (20mm pour la region cervicale). Leur forme en U permet d’atteindre les points Trigger et lever les contractures des paravertébraux.
    • Mettre du gel à ultrasons sur la zone à traiter.
    • Appliquer la pièce à main perpendiculairement (90°) à la surface de la peau.
    • Les paravertébraux dorsaux (Fig. 13 ; Fig. 14) peuvent également bénéficier du traitement par spine actor si nécessaire (27,5mm pour le rachis dorsal).
    • Le protocole Spine pour chaque zone à traiter (cervical et dorsal) sera :
      • Fréquence : 17Hz +/- 2Hz
      • Puissance : 0,8 à 2 bars
      • Nombre de chocs : 1500 sur chaque région (cervicale, dorsale)
    • Au niveau cervical, il est impératif de débuter avec des pressions basses (0,3 à 0,8 bars)

     

    Fig.13 - Spine-Actor© dorsal en decubitus ventral

     

    Fig.14 - Spine-Actor© dorsal en position assise

     

    2 - Traitement Peri-Actor©

    Le traitement pourra être complété par l’utilisation des Peri-Actor©.

    Ces transducteurs permettent de libérer les adhérences des fascias en introduisant des ondes de pression tangentiellement aux tissus (entre 45° et 90°), au lieu de verticalement, afin d’optimiser les mouvements entre les différentes couches de tissus.

    Il n’est pas nécessaire d’utiliser de gel à ultrasons avec les Peri-Actor©.

    • La puissance choisie (toujours inférieure à 3 bars) dépend du fascia concerné, de sa profondeur, de l’importance des restrictions rencontrées.
    • Il est impératif de commencer avec des pressions basses, notamment au niveau cervical (0,3 bars).
    • La fréquence permettant la meilleure réponse des tissus est de 17 Hz +/- 2 Hz.
    • Trois à cinq passages suffisent en fonction des restrictions rencontrées et le traitement des points trigger y est systématiquement associé.
      • Le Knuckle (Fig. 15) est utilisé pour le fascia thoraco-lombaire (1 à 2 bars – 15 à 21 Hz) et cervico-thoracique avec une puissance moindre (0,3 à 1,5 bars)

     

    Fig.-15- Knuckle sur para-vertébraux

     

    • Le Scraper (Fig. 16) permet de traiter les fascias superficiels sur de larges surfaces (technique de grattage). Nous l’utiliserons au niveau du trapèze supérieur (1 à 2 bars – 15 à 21 Hz).
    Fig.16 - Scraper sur trapèze supérieur

     

    • Le Scoop (Fig. 9), en forme de crochet, est particulièrement adapté au traitement des crêtes ou reliefs osseuses (bord interne et épine de l’omoplate : 0,8 à 2,5 bars – 15 Hz).

     

    • La Sphere ou d’autres transducteurs classiques (R040 ; D20) sont utilisés sur les points Trigger associés.
      • Point Trigger Elévateur de la Scapula (Fig. 17) : R040 ; D20 ou sphère (0,3 à 2,5 bars - 15 à 21 Hz - 500 chocs)
      • Point Trigger associé au niveau du trapèze sup (Fig. 18) : R040 ; D20 ou sphère (,3 à 2,5 bars - 15 Hz - 500 chocs)
    Fig.17 - Trigger point Elévateur Scapula avec R040

     

    Fig. 7 Trigger Point Trapèze Fig. 18 - Trigger Point Trapèze avec Sphere

     

    • La puissance choisie (toujours inférieure à 3 bars) dépend du fascia concerné, de sa profondeur et de l’importance des restrictions rencontrées.

     

    3 - Vibrations

    • Les vibrations au niveau des fixateurs de l’omoplate, du trapèze supérieur et de l’infra-épineux complèteront le traitement d’ondes de choc radiales par leur action décontracturante (Fig. 19a ; 19b ; 19c)
    • V-ACTOR (V40) : 35 à 35 Hz ; 2 à 3 bars ; 2000 à 3000 chocs
    Vibrations fixateurs omoplate Fig. 19a - Vibrations fixateurs omoplate
    Vibrations trapèze supérieur Fig. 19b - Vibrations trapèze supérieur
    Vibrations infra épineux Fig. 19c - Vibrations infra épineux

     

    CONCLUSION

    Ce qu’il faut retenir :

    Dans le cadre du syndrome myofascial de l’angulaire de l’omoplate (élévateur de la scapula) les ondes de choc radiales (ou ondes de pression radiales) sont utilisées en complément du traitement kinésithérapique.

    Le traitement kinésithérapique du syndrome de l’angulaire de l’omoplate comprend :

    • Des massages décontracturants
    • Des exercices de lever de tension
    • Une correction de la posture
    • Un rééquilibrage de la musculature du complexe cou-épaule
    • Des conseils d’ergonomie

    Les ondes de pression radiales sont devenues une aide indéniable, voire indispensable pour le traitement de ce type de désordre myofasciaux.

    La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.

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    Auteur : Thierry ALLAIRE - MKDE Le Havre, Kinésithérapeute du Sport

    Consultant Chattanooga/DJO pour les Ondes de Choc.

     

    Bibliographie :

      1. William M : Ondes de choc ; Effets physiologiques ? Un soutien à nos techniques manuelles en agissant notamment sur la cellule vasculaire – Kiné Actualité – n°1514 – janvier 2018
      2. Lefèvre-Colau M.M : Cervicoscapulalgie liée à une atteinte du muscle élévateur de la scapula (angulaire de l’omoplate) :biomécanique, pathogénie et diagnostic clinique spécifique - La Lettre du Rhumatologue - No 406 - novembre 2014
      3. BecK and al : Fascia treament with shock waves. 2017 – Level 10
      4. Gleitz M : Myofacial Syndromes and trigger point. 2011 – Level 10
      5. De Laere : Le Syndrome Myofascial douloureux : Points Trigger Myofasciaux. 1ère partie - 2009 - Profession Kinésithérapeute n°23
      6. Nicolle J : Ondes de Choc : une nouvelle possibilité de traitement de traitement des fascias - Kiné Actualité - n°1436 – février 2016

     

  8. Comment traiter une épicondylite du coude avec la thérapie LightForce?

     

    Traiter une épicondylite du coude a toujours était source de difficulté. Souvent isolé par un traitement en fonction du stade d’évolution, il paraît maintenant évident de mixer plusieurs techniques ou adjuvants en fonction du bilan précis du thérapeute.

    Cet article explique l’utilisation du laser haute puissance (photobiomodulation) sur les différents stades de la pathologie et son utilité au côté d’un traitement classique.

     

    ANATOMIE FONCTIONNELLE

    Pour décrire rapidement l’anatomie de la partie latérale du coude, il convient surtout de connaître les différents muscles qui s’y attachent et leurs fonctions.

    Sont concernés dans cette pathologie les extenseurs du poignet que nous schématisons dans le tableau suivant :

    Nom Insertion Proximale Insertion distale Fonction Innervation
    Long Extenseur radial du carpe Epicondyle latéral de l’humérus et Septum intermusculaire latéral Face dorsale de la base 2ème méta Extenseur et abducteur de la main Radial
    Court Extenseur radial du carpe Epicondyle latéral de l’humérus, face antérieure Face dorsale de la base 3ème méta Extenseur et abducteur de la main Radial
    Extenseur Ulnaire du Carpe Epicondyle latéral et bord postérieur Ulna

     

    Face dorsale de la base 5ème méta Extenseur et adducteur de la main Radial branche profonde
    Brachoradial ¼ inf. du bord latéral de l’humérus Face latérale de l’apophyse de la styloïde radiale Fléchisseur avant-bras et bras. Ramène le bras en position de fonction Radial


     

    PHYSIOPATHOLOGIE 

    L’épicondylite latérale se manifeste surtout dans un contexte professionnel (TMS) ou sportif (tennis elbow) suite à des mouvements répétitifs. Cette pathologie dont le diagnostic est principalement clinique, touche en général les patients entre 35 et 55 ans.

    Les connaissances actuelles penchent surtout en faveur d’une atteinte dégénérative (micro-lésions) et moins sur l’aspect inflammatoire. Les dernières études considèrent que les douleurs sont dues à l’hypoxie, sur zone, qui stimule l’angiogenèse et la croissance des fibres nerveuses dans les tendons.

     

     

    BILAN DIAGNOSTIC

    Examen clinique 

    A l’examen, l’épicondyle latéral est douloureux lors des activités de la vie quotidienne, à la palpation, et le patient se plaint d’une diminution de la force musculaire de préhension. Dans ce type de pathologie, de façon récurrente nous avons des atteintes distales, comme des contractures, sur les muscles attachés à la face latérale du coude. Il est donc important de les traiter afin de libérer les tendons de cette tension permanente.

    Les mouvements de flexion passive et d’extension active contre résistance du poignet en pronation avec une position du coude en extension, déclenchent aussi une douleur. Cette pathologie se retrouve souvent chez les sportifs qui pratiquent des jeux de raquette.

    Le test de Maudsley peut être un bon indicateur : extension du majeur contre résistance, coude en extension pour recruter le Court Extenseur Radial du Carpe.

     

     

    Examens complémentaires

    Après avoir éliminé grâce à un diagnostic différentiel certaines pathologies (radiculopathies cervicales, syndrome du tunnel radial, tumeur, etc.), chaque examen complémentaire pourra être utile :

    • La radiographie pour mettre en évidence des calcifications intra-tendineuses
    • L’échographie pour éliminer une pathologie inflammatoire articulaire
    • L’EMG pour vérifier qu’il n’y a pas de compression du nerf radial
    • L’IRM si l’on soupçonne des ruptures tendineuses ou lésions ligamentaires

     

    TRAITEMENT PAR LA THERAPIE LIGHTFORCE

    Principales composantes

    Si l’on se réfère à la physiopathologie, chaque composante trouve son action ciblée grâce au laser :

    • L’oxygénation (pour l’hypoxie) : absorption des photons, l’oxyhémoglobine libère de l’oxygène
    • La biostimulation : augmentation de la production d’ATP, grâce aux Cytochromes C,qui se trouvent dans la membrane des mitochondries, et qui lient les molécules d’O2 pour former des molécules de Cytochromes C oxydase augmentant la production d’ATP, longueurs d’onde autour de 810 nm. Cela favorise la cicatrisation pour les micro-lésions
    • La stimulation de l’angiogenèse, longueur d’onde autour de 980 nm

     

    Phases de traitement

    On les découpe en 3, voire 4 phases. Généralement au niveau de la zone primaire de la lésion, à distance, au niveau de la racine nerveuse et enfin si besoin sur les points gâchettes ou dermatomes.

    Conditions de sécurité : il est indispensable que les personnes présentes dans la salle portent des lunettes et préférable de fermer la porte de votre salle de soins.

     

    Installation du patient

    Deux positions peuvent être utilisées pour ce type de pathologie :

    Soit :

    • Patient face à vous sur une chaise
    • En appui sur les coudes légèrement écartés
    • Paumes de mains sur la table
    • La table de traitement entre le patient et vous

    Soit :

    • Patient en décubitus dorsal
    • Bras le long du corps
    • Paume de la main au zénith

    La première position permet d’avoir accès au coude, aux muscles extenseurs mais aussi à la colonne cervicale.

     

    Traitement au niveau de la face latérale du coude 

    Les réglages à effectuer sont les suivants :

    • De 1 mn 40 et 7 W en aigüe à 3 mn 40 et 9 W en chronique
    • Technique : effectuer des déplacements circulaires au niveau des insertions musculaires de la face latérale du coude. Sans omettre de passer à la face antérieure du pli du coude tout en pointant votre faisceau postérieurement et latéralement. Cela afin de traiter la globalité des insertions tendineuses
    • Tête de traitement : nous utiliserons pour cette phase une tête sans contact – large afin de balayer une zone de 100 cm2 environs. Si la douleur est très localisée, une petite tête sans contact suffira
    Traitement au niveau de la face latérale du coude avec la tête sans contact LightForce

     

    Traitement des muscles extenseurs

    Les réglages à effectuer sont les suivants :

    • De 2 mn 30 et 8 W en aigüe à 5 mn et 10 W en chronique
    • Technique: le travail s’effectue surtout de long de l’avant-bras (200 cm2) en allant chercher en profondeur les différents faisceaux musculaires. Cette phase permet de sentir les tissus sous-jacents et traiter plus précisément les zones les plus contractées ou engorgées
    • Tête de traitement: nous utiliserons une tête dite « de contact ». Cette tête munie d’une boule en silice permet à la fois de délivrer le faisceau laser de façon optimale mais aussi de travailler les différents muscles en profondeur
    Traitement de l'avant-bras avec cône XL LightForce

     

    Avantages de la tête de traitement « contact » 

    Définition Avantages
    Compression Permet de se rapprocher du tissus cible Augmentation de la puissance en profondeur
    Collimation Faisceau lumière parallèle Moins de perte de photons
    Réfraction Minimise la perte de lumière Augmentation énergie délivrée aux tissus
    Réflexion Perte de lumière Baisse de cet indice
    Tissus Travail manuel Feed-back

     

     

    Traitement des Points Trigger

    Traiter les points gâchette peut s’avérer nécessaire sur ces pathologies chroniques. Cela dépendra de votre bilan. Cette action complète celle sur les muscles et donc libère la zone sous tension. Le Trigger Point indispensable à traiter sera le Court Extenseur Radial du Carpe, muscle majeur dans cette pathologie.

    Les réglages à effectuer sont les suivants :

    • De 1 mn et 5 W sur chaque point Trigger identifié
    • Tête de traitement : une petite tête de contact de manière circulaire vous aidera à mieux sentir le relâchement

     

    Racine nerveuse 

    Effectuer une session sur les racines nerveuses du nerf radial donc entre C5 et C8, principalement, sous la forme d’un balayage, pour un patient hyperalgique.

    Les réglages à effectuer sont les suivants :

    • De 1 mn 30 et 15 W en aigüe à 2 mn et 15 W en chronique
    • Tête de traitement: privilégier la petite tête sans contact

     

    Traitement de la racine nerveuse avec la tête plate LightForce

     

    Traitement de la racine nerveuse avec le large cône LightForce

     

    Les séances 

    Deux séances par semaine est une bonne programmation, faire un point à 6 séances.

    Chaque séance doit aussi être un moment de discussion avec le patient afin de réajuster les paramètres en fonction du ressenti et de l’évolution des douleurs.

    La kinésithérapie associée

    Il faut distinguer 2 cas :

    • En phase hyperalgique : le traitement laser se fera seul
    • Tout au long du traitement : vous pourrez associer des normalisations articulaires holistiques, des étirements, un travail excentrique, massages

     

    TRAITEMENTS COMPLEMENTAIRES

    Ils sont multiples en fonction de l’évolution de la pathologie :

    • Les bandes de taping afin de favoriser le drainage en phase très algique
    • Les PRP (Plasma Riche en Plaquettes) sont des alternatives de plus en plus employées. Attention, il est important de bien se mettre en relation avec le médecin afin d’adapter son traitement laser à l’injection
    • Enfin en dernier recours qui peut aller jusqu’à la chirurgie, mais de plus en plus rare. Elle consiste soit en une désinsertion musculaire des épicondyliens (qui restent attachés aux muscles voisin), soit à des gestes d’allongement musculaire

    Une mention particulière à la thérapie combinée (Laser – Ondes de chocs).

    Pour en savoir plus, consultez l'article ONDES DE CHOC RADIALES: TRAITEMENT DE L'EPICONDYLALGIE LATERALE DU COUDE.

    Un article complet vous sera proposé mais sachez déjà que l’utilisation de ces 2 techniques en alternance, sur la pathologies chronique, donne des résultats souvent supérieurs.

     

    CONCLUSION 

    Utiliser la thérapie laser sur les épicondylites s’avère un traitement des plus pertinents.

    Les avantages sont indéniables :

    • Action indolore
    • Traitement rapide (moins de 15 mn)
    • Des résultats très intéressants sur cette pathologie difficile

    L’association laser et l’utilisation des têtes de contact permettant une action manuelle, sera un atout indispensable pour traiter cette pathologie.

    La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.

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    Auteur : Bernard BONTHOUX, Ostéopathe DO – MKDE

    Consultant Chattanooga/DJO pour le Laser

     

    Sources / Illustrations : DJO France - Bernard BONTHOUX

    Bibliographie :

    1. The effectiveness of therapeutic class IV (10 W) laser treatment for epicondylitis, Lasers Surg Med. 2013 Jul, Roberts DB, Kruse RJ, Stoll SF.
    2. Long term effects of high intensity laser therapy in lateral epicondylitis patients, Lasers Med Sci. 2016 Feb, Akkurt E, Kucuksen S, Yılmaz H, Parlak S, Sallı A, Karaca G
    3. Class 4. non-invasive laser therapy in clinical rehabilitation, Rehabil. fyz. Lék., Prouza O, Jeníček J, Procházka M.
    4. Effectiveness of high-intensity laser therapy and splinting in lateral epicondylitis; a prospective, randomized, controlled study, Lasers Med Sci. 2015 Apr, Dundar U, Turkmen U, Toktas H, Ulasli AM, Solak O.
    5. Comparison of High Intensity Laser and Epicondylitis Bandage in the Treatment of Lateral Epicondylitis, Arch Rheumatol, Salli A, Akkurt E, Izki AA, Şen Z, Yilmaz H.
    6. Short-term Efficacy Comparison of High-intensity and Low-intensity Laser Therapy in the Treatment of Lateral Epicondylitis: A Randomized Double-blind Clinical Study, Arch Rheumatol, Kaydok E, Ordahan B, Solum S, Karahan AY.

  9. Quel programme utiliser pour mon patient et sa nouvelle prothèse de hanche?

     

    INTRODUCTION

    La question qui vient en premier lieu quand on lit le titre de cet article, c’est : comment est-il possible de faire de l’électrostimulation sur une prothèse ? Le risque de brûlure est important… c’est donc interdit !

    A une certaine époque lointaine oui mais plus maintenant car les paramètres électriques ont changé. Les courants de l’époque allaient toujours dans le même sens ce qui pouvait provoquer des brûlures au niveau du métal. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas: il n’y a donc plus de risque. La somme des intensités est égale à zéro. Continuons !

     

    ANATOMIE FONCTIONNELLE ET PHYSIOPATHOLOGIE

    La hanche est une articulation mobile (énarthrose) qui fait le lien entre le bassin et le membre inférieur. De par sa position anatomique, elle transmet le poids du corps au membre inférieur lors de la station debout et de la marche. Il est donc indispensable qu’elle assure à la fois de la stabilité en charge et de la mobilité lors du déplacement.

    Soumise à de nombreuses contraintes, elle fait l’objet de diverses pathologies dégénératives ou traumatiques conduisant pour certaines à la pose d’une prothèse totale.

    La principale de ces pathologies est l’arthrose (coxarthrose). Cette maladie provoque la dégradation irréversible du cartilage. L’articulation s’enraidit et devient douloureuse entrainant dans les cas les plus sévères la pose d’une prothèse.

    Autre cause fréquente, le traumatisme à haute énergie provoquant la fracture multiple du col fémoral.

    Cette liste est bien entendu non exhaustive car il existe bien d’autres pathologies inflammatoires évolutives qui peuvent conduire à la pose d’une prothèse.

    La prothèse se constitue de deux parties distinctes, une partie céphalique insérée dans le fût fémoral et une cupule fixée dans le cotyle. Il existe différents types de prothèse, le choix est chirurgien dépendant en fonction de critères d’âge et de lésion.

    Dans tous les cas, le patient opéré se verra perdre de la force musculaire.

    La rééducation aura pour objectif principal de redonner force, stabilité et autonomie. L’électrostimulation neuro-musculaire trouvera une place de choix dans cette rééducation afin d’accélérer la reprise du tonus musculaire. Nous verrons plus loin dans cet article les différentes modalités d’exécution.

    Vous retrouverez ci-dessous différentes études qui ont démontré l’intérêt de l’électrostimulation dans la récupération de la force.

    RAPPEL ANATOMIQUE

    L’articulation coxo-fémorale met en relation la tête du fémur (sphère pleine) avec la cotyle (sphère creuse).

    L’articulation est stable naturellement car bien emboîtée. Cette stabilité est complétée par une puissante capsule articulaire, elle-même renforcée par de solides ligaments.

    Ligament iliofémoral, pubofémoral et ischiofémoral.

    Ne pas oublier également le labrum ou bourrelet, fibrocartilage entourant le cotyle qui complète cette structure stable.

    Sur le plan musculaire, la hanche présente des muscles parmi les plus puissants du corps.

    Pour assurer les mouvements dans les différents plans anatomiques, on trouve :

    Les muscles pelvis-trochantériens en arrière reliant le bassin à la face postérieure du fémur. Rotateurs externes.

    Pyramidal, jumeaux supérieur et inférieur, obturateurs interne et externe et le carré fémoral.

    Les muscles fessiers très puissants qui permettent le mouvement d’Abduction. De par leur position superficielle, ce sont eux que nous choisirons pour la stimulation électro-induite. En effet, les électrodes de surface ne permettent pas la stimulation directe des muscles profonds.

    Dans le rappel anatomique musculaire, ne pas oublier également le psoas iliaque dont les deux chefs se termine par un tendon commun sur le petit trochanter.

    Les adducteurs situés à la face interne de la cuisse ainsi que les ischios jambiers postérieurs à la hanche dont le tendon commun d’origine se trouve sur l’ischion font également partie de la structure musculaire.

    Pour terminer, le quadriceps muscle le plus volumineux de l’organisme fait aussi partie des muscles de la hanche en raison de son chef droit fémoral qui intervient dans le mouvement de flexion.

    Après ce bref rappel anatomique, nous allons développer les règles pratiques de l’électrostimulation et à partir de là, expliquer comment et pourquoi les adapter après la pose d’une prothèse de hanche.

     

    REGLES PRATIQUES DE L’ELECTROSTIMULATION NEURO-MUSCULAIRE APPLIQUEES A LA PTH

    Quels sont les différents programmes ? 

    Il existe de nombreux programmes disponibles sur les appareils de la marque Chattanooga. Ce choix dépendra de la nature du travail à effectuer et de l’objectif. Il est évident que le traitement d’une personne de 85 ans fraîchement opérée ne fera pas le même programme qu’un accidenté de la route de 55 ans qui est en fin de rééducation.

    Certains appareils de la marque Chattanooga présentent un programme nommé PTH (prothèse totale de hanche). On distingue 3 niveaux

    • Niveau 1 correspondant au programme amyotrophie niveau 1
    • Niveau 2 correspondant au programme amyotrophie niveau 2
    • Niveau 3 correspondant au programme renforcement niveau 1

    Il faudra donc choisir un de ces programmes en fonction de l’objectif de la rééducation.

     

    Pourquoi choisir le programme PTH ?

    Les secousses en basses fréquences (4 Hz) placées après chaque contraction électro-induite peuvent poser un risque de descellement de prothèse. Le programme PTH est réglé de façons à ce qu’aucune basses fréquences n’apparaissent pendant le soin.

    Si votre appareil ne possède pas le programme PTH, utilisez les programmes standards Amyotrophie et Renforcement en supprimant les basses fréquences au départ. Ne pas faire la phase d’échauffement au début ainsi que la phase dite de repos à la fin. Mettre à 1 l’intensité de la période de repos après la 1ère contraction pendant la phase de stimulation.

     

    Comment placer les électrodes ?

    Le placement des électrodes sera précis afin d’obtenir les stimulations les plus efficaces possibles. Dans les traitements musculaires que nous utiliserons, il faudra placer l’électrode dite positive sur le point moteur du groupe musculaire et l’électrode dite négative sur l’extrémité de ce même groupe. Le groupe musculaire choisi pour la stimulation suite à une prothèse de hanche, sera les fessiers. Il y aura une électrode positive placée sur le point moteur du grand fessier et l’autre sur le point moteur du moyen fessier. Les deux électrodes négatives seront placées à l’extrémité du groupe musculaire.

    Qu’est-ce que le point moteur ? il s’agît de la zone anatomique où arrive le motoneurone. On appelle cette zone : la plaque motrice. Une électrode positive placée à côté de la plaque motrice serait beaucoup moins excitatrice et provoquerait une stimulation plus inconfortable et moins efficace.

    Remarque : le placement est identique pour les appareils filaires et wireless.

    Le réglage de l’intensité sera toujours le maximum supportable. Il faudra bien entendu être à l’écoute de son patient. L’intensité doit régulièrement augmenter pendant la séance mais aussi de séances en séances. Si après 3 à 4 séances, votre patient ne supporte pas la sensation électrique des stimulations, il faudra suspendre ce traitement. L’efficacité est liée à l’intensité. Plus l’intensité est forte plus le nombre de fibres musculaires est sollicité. En conclusion, meilleur sera le renforcement.

    La position du patient sera fonction de sa récupération, on ne placera pas un patient en post-opératoire immédiat comme un patient en phase de proprioception en charge. Attention toutefois à respecter certaines règles quelques soit le stade de rééducation.

    Toujours placer le groupe musculaire ciblé (fessiers) en course moyenne. C’est la course dans laquelle la stimulation est la plus efficace et la plus confortable. Eviter surtout la course interne car la contraction électro-induite devient vite douloureuse (sensation de crampe).

    L’association électrostimulation et travail volontaire améliore le recrutement spatial ainsi que le confort si l’exercice est réalisé en isométrique. La participation active du patient lors de sa stimulation permettra une meilleur implication et dynamisation dans sa rééducation. Il est donc important de solliciter votre patient afin d’accélérer sa récupération musculaire. Exemple : faire travailler sous forme de squat pendant la stimulation des fessiers ou dans une phase plus précoce, en décubitus latéral, tenir le membre inférieur à l’horizontal pendant la stimulation des fessiers…

    Après avoir vu les règles pratiques, quels sont les programmes à utiliser après la pose d’une prothèse de hanche.

     

    LES DEUX PROGRAMMES DE BASE RAPPEL

    Traitement de l’amyotrophie

    C’est la conséquence habituelle de l’immobilisation, de la sédentarité ou de l’inactivité. Elle atteint préférentiellement les fibres lentes. On doit donc choisir un programme adapté visant la fibre lente.

    Renforcement

    Après une opération de prothèse, outre l’amyotrophie, on se trouve face à une perte de force lié à l’insuffisance des fibres rapides. Il faudra donc trouver un programme dont le régime de travail est adapté à la fibre rapide.

    Contraction tétanique max fibres lentes

    Durée de la contraction = durée de repos

    10 minutes de contractions cumulées

    Contraction tétanique max fibres rapides

    Durée de repos = 3 X durée de la contraction

    5 minutes de contractions cumulées

    Remarque importante ! 

    On peut solliciter la fibre musculaire de façon importante sans solliciter l’appareil cardio-vasculaire, peu ou pas de fatigue psychique, peu de contraintes articulaires. L’apport de l’électrostimulation sera essentiel dans la rééducation de la personne âgée opérée car elle permettra de soumettre le muscle ciblé à un régime de travail plus important.

     

    PROTOCOLE STANDARD POUR LE TRAITEMENT D’AMYOTROPHIE SUITE PTH

    1° Amyotrophie niveau 1 (PTH niveau 1)

     

    Les électrodes au niveau des fessiers comme expliqué précédemment. Le but de ce programme est : la levée de sidération musculaire, familiariser le patient à la technique, restauration douce de la trophicité. Diminution de l’œdème. Reprise d’un peu de volume et de tonicité. La position de travail varie en fonction de l’état du patient. On passe du décubitus latéral à la position debout.

    Faire environ 5 séances minimum 2 par semaine.

    2° Amyotrophie niveau 2 (PTH niveau 2)

     

    Le but de cette phase est de retrouver un volume musculaire quasi normal. C’est la phase la plus importante du traitement en électrostimulation. Travail de la stabilité du bassin. Travail en bi- puis en unipodal, travail de la marche.

    Faire 10 à 15 séances. Toujours maintenir une fréquence minimale de 2 séances par semaine.

    3° Renforcement niveau 1 (PTH niveau 3)

     

    Comme vu précédemment, le programme de renforcement vise la fibre rapide. Cette phase est donc facultative et patient dépendant. En reprenant mes exemples de ci-dessus, une personne accidentée de 55 ans qui est opérée d’une prothèse suite à un accident de la route devra faire des séances de renforcement pour récupérer de la force et reprendre une activité normale. En revanche, une pose de prothèse chez une personne de 85 ans qui ne fait plus d’activité physique et qui a juste besoin d’être autonome pour ses courses pourra en être dispensée.

    Faire au moins 5 séances minimum si la reprise de force est nécessaire au patient.

     

     

    Avant de conclure, il est intéressant de faire un rappel sur la technologie Mi. L’utilisation de cette technologie va permettre d’optimiser la contraction grâce au Mi scan. Les paramètres de stimulation seront ajustés pour chaque patient. Le confort de stimulation sera accru. La fonction Mi Action sera très utile dans la rééducation dynamique et proprioceptive car elle ne fonctionne que si le patient contracte ses muscles volontairement. Il faut obtenir une bonne contraction pour faire fonctionner cet outil. Autre fonctionnalité intéressante est la touche trigger que l’on trouve sur le wireless seulement. Cette touche permet au kinésithérapeute de déclencher une contraction électro-induite au moment qu’il choisit. Ceci permet un travail plus précis sur des exercices de proprioception par exemple.

     

    CONCLUSION

    En résumé ce qu’il faut retenir :

    • Stimulation des fessiers
    • Programme PTH
    • Pas de basses fréquences
    • Rééducation patient dépendant
    • Technologie Mi

    La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.

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    Auteur : Thierry SERENARI, Kinésithérapeute du Sport (Versailles)

    Consultant Chattanooga/DJO pour l’Electrothérapie.

    Sources / Illustrations : DJO France, Thierry SERENARI

  10. Zoom sur les tractions lombaires et cervicales motorisées

    Les tractions vertébrales sont utilisées depuis l’Antiquité, pour soulager les maux de dos.

    À l’époque, les sujets étaient suspendus par les pieds ou bien installés sur des tables et sanglés aux chevilles et au niveau des aisselles, puis étirés par un système de poids suspendus.

    Depuis, de nombreux progrès ont été réalisés tant dans le confort de la procédure que dans la compréhension des mécanismes conduisant à l’indolence.

    S’il est admis qu’une simple traction manuelle intermittente, ou statique et prolongée, améliore un certain nombre de douleurs ostéo-articulaires, la résistance musculaire du thérapeute limite généralement la durée du traitement. Les tables motorisées permettent d’exercer une traction importante dans des conditions ressenties comme confortables par le patient.

     

    QUE SE PASSE-T-IL EXACTEMENT? 

    Il a été démontré sur des études d’imagerie une diminution des courbures physiologiques sous traction ainsi qu’un écartement intervertébral.

    Dans ces cas, une protrusion discale ou une hernie discale postérieure, venant au contact d’une racine nerveuse, peut-être aspirée vers le centre du disque du fait d’une pression négative exercée par l’écartement des plateaux vertébraux (cette pression négative est inversement proportionnelle à la force de traction appliquée)(1,2). La douleur de radiculalgie ressentie par le patient disparaît alors rapidement.

    Au niveau des articulations zygapophysaires, une décoaptation se produit parallèlement à la traction permettant de désincarcérer d’éventuels replis synoviaux ou des formations méniscoïdes, riches en récepteurs sensitifs.

    Au niveau des muscles paravertébraux, après une brève contraction de défense, ceux-ci se laissent étirer au bout de quelques minutes.

    Sur le plan psychologique, il est impossible d’éliminer un effet placebo ne serait-ce que du fait d’une prise en charge active que la lombalgie ou de la lombo-radiculalgie par le thérapeute, alors que nombre de malades se sentent souvent abandonnés avec quelques boîtes de médicaments comme seul soutien.

     

    QUELLES SONT LES INDICATIONS ?

    La plupart des études concernent les lombo radiculalgies par conflit disco radiculaire.

    Les bons résultats publiés dans la littérature concernent 60 à 75 % des patients.

    En cas de canal lombaire rétréci associé, les bons résultats sont présents dans 43 à 77 % des cas.

    En cas de lombalgie chronique, des améliorations très significatives de la douleur sont rapportées dans 75 à 83 % des cas (3,4).

    Mon expérience professionnelle montre par ailleurs d’excellents résultats après 1 ou 2 séances de traction en cas de lumbago aigu.

    Celles-ci sont possibles dès que le patient est capable de s’allonger à plat ventre ou à plat dos sur une table.

     

    EXISTE-T-IL DES CONTRES-INDICATIONS ? 

    Les contre-indications tombent sous le sens. On exclut les pathologies tumorales, infectieuses, ou les rachialgies inflammatoires.

    L’ostéoporose sévère du fait de la pression du harnais thoracique sur les côtes contre-indique l’usage des tractions, de même qu’une fracture vertébrale récente. Du fait de la ceinture thoracique, une insuffisance respiratoire sévère contre-indique la traction. Enfin la grossesse est une non-indication.

    D’exceptionnels accidents d’aggravation d’une rachialgie en radiculalgies ont été décrits.

     

    PEUT-ON SELECTIONNER LES MALADES QUI REPONDRONT LE MIEUX A LA TRACTION ?

    Il faut savoir que les résultats sont totalement indépendants du volume herniaire ou du type de hernie, bien que les hernies exclues semblent être de mauvais pronostic.

    Toutefois, une prise en charge rapide dans les 5 jours du début de l’évolution douloureuse, sur une pathologie d’apparition soudaine, et avec un questionnaire de croyances médicales erronées FABQ présentant un score inférieur à 16 points, sont autant de facteurs pronostic positifs(5).

     

    QUELLE FORCE DE TRACTION EMPLOYER ? 

    Les études sont extrêmement diverses à ce sujet. Aucun protocole reproductible n’est retenu. La littérature s’accorde toutefois à imposer un minimum de 30 kg de force de traction sur le rachis lombaire pour obtenir un résultat. Certains experts n’hésitent pas à réaliser la traction à 100 % du poids de corps, quand celles-ci sont bien tolérées. J’utilise moi-même ce type de protocole.

    Aucune étude ne permet de faire un choix éclairé entre une application d’une traction plutôt intermittente ou continue.

     

    QUELLE TARIFICATION POUR LE PATIENT ? 

    Une prise en charge pour les séances de tractions est possible. Il convient d'indiquer également au patient de se renseigner au préalable auprès de sa mutuelle pour cette dernière soit totale.

    Généralement, à moins que les patients ne soient pris très rapidement après le début des douleurs, 8 à 10 séances sont nécessaires et suffisantes pour obtenir une indolence relativement prolongée.

    Une fois la douleur en grande partie voire totalement levée, une rééducation active peut être programmée avec le kinésithérapeute du patient, gage d’un résultat positif sur le long terme.

     

    CONCLUSION

    Ce qu’il faut retenir :

    • Les tractions cervicales sont une thérapie simple à mettre en œuvre, rapide et sans danger.
    • Elles sont particulièrement validées dans les névralgies cervico brachiale par conflit disco radiculaire.
    • Des tests cliniques simples permettent de prédire leur efficacité.
    • La durée d'une séance de tractions cervicales est d'une vingtaine de minutes.
    • Les tractions lombaires sont une thérapie simple à mettre en œuvre, rapide et sans danger.
    • Elles sont particulièrement validées dans les lombosciatiques ou lombocruralgies par conflit disco radiculaire, ou dans les discopathies.
    • La durée d'une séance de tractions lombaires est d'une trentaine de minutes

     

    La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.

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    Auteur : Docteur Ivan PROTHOY, médecin du Sport Polyclinique des Alpes du Sud, Gap

    Consultant Chattanooga/DJO pour la Traction.

    Sources / Illustrations : DJO France

    Bibliographie :

    1. Chung T-S, Yang H-E, Ahn SJ, Park JH. Herniated Lumbar Disks: Real-time MR Imaging Evaluation during Continuous Traction. Radiology. juin 2015;275(3):755‑62.
    2. Karimi N, Akbarov P, Rahnama L. Effects of segmental traction therapy on lumbar disc herniation in patients with acute low back pain measured by magnetic resonance imaging: A single arm clinical trial. J Back Musculoskelet Rehabil. 2017;30(2):247‑53.
    3. Apfel CC, Cakmakkaya OS, Martin W, Richmond C, Macario A, George E, et al. Restoration of disk height through non-surgical spinal decompression is associated with decreased discogenic low back pain: a retrospective cohort study. BMC Musculoskelet Disord. 8 juill 2010;11:155.
    4. Tadano S, Tanabe H, Arai S, Fujino K, Doi T, Akai M. Lumbar mechanical traction: a biomechanical assessment of change at the lumbar spine. BMC Musculoskelet Disord. 9 avr 2019;20(1):155.
    5. Hirayama K, Tsushima E, Arihara H, Omi Y. Developing a clinical prediction rule to identify patients with lumbar disc herniation who demonstrate short-term improvement with mechanical lumbar traction. Phys Ther Res. 2019;22(1):9‑16.

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