tendinopathie d'Achille

  1. Comment traiter une tendinopathie d'Achille avec la thérapie LightForce®?

     

    La tendinopathie d’Achille peut se définir sous plusieurs dénominations.

    Mais dans un premier temps, ses caractéristiques communes sont une inflammation du tendon calcanéen, les fibres s’épaississent alors puis se désorganisent et peuvent rompre. Face à ce processus, il convient d’agir sur la cascade inflammatoire puis la cicatrisation, c’est le rôle de la Photobiomodulation – PBM - (traitement par laser).

     

    ANATOMIE FONCTIONNELLE ET PHYSIOPATHOLOGIE

    Le tendon calcanéen est ce tissu conjonctif qui relie le triceps sural (gastrocnémiens et soléaire) à la tubérosité postéro-supérieure du calcanéum. Il est le plus important du corps humain (15 cm de long pour 5 à 6 mm d’épaisseur), résistant à une traction de 4000 Newton. Il comporte une zone d’hypo-vascularisation dans sa partie moyenne lui conférant une fragilité accrue et une bourse synoviale à sa partie distale.

    Les tendinopathies d’Achille (myotendineuses – corporéales – enthésopathies) sont principalement dues à une surcharge ou une origine traumatique. Cette hyper sollicitation va créer des microlésions. D’autre facteurs de risques peuvent favoriser ces tendinopathies : baisse de mobilité des différentes articulations du pied et cheville, tension des muscles du mollet, défaut de posture, chaussures, consommation excessive de corticoïdes, etc.

     

    BILAN DIAGNOSTIC 

    Examen clinique

    La tendinopathie d’Achille est associée à plusieurs symptômes :

    • Raideur de la cheville, surtout matinale
    • Douleur à la palpation de la zone et de la jambe parfois
    • Gonflement du tendon

    L’échelle de Blazina qui évalue le retentissement fonctionnel d’une tendinopathie est très utile pour suivre l’évolution clinique (27 à 44 % de rechute) :

     

    Stade Expression de la douleur
    Stade 1 Douleur après l’effort, survenant au repos, sans répercussion sur l’activité sportive
    Stade 2 Douleur apparaissant pendant l’effort, disparaissant après l’échauffement, puis réapparaissant avec la fatigue
    Stade 3a Douleur permanente lors du sport, limitées à l’entrainement
    Stade 3b Douleur permanente lors du sport, pouvant entrainer l’arrêt, marquée par une gêne dans la vie quotidienne
    Stade 4 Rupture du tendon

     

    Vous pouvez aussi utiliser le VISA-A spécifique au tendon d’Achille.

     

    Examens complémentaires 

    Rarement utile pour poser un diagnostic, ils sont importants pour connaître l’état du tendon :

    Radiographie Avec un intérêt limité, elle mettra en évidence des calcifications, ostéophytes ou évaluer la statique du pied
    Echographie L’échographie (examen important) ou écho-doppler permet d’identifier si nous avons des modifications fibrillaires, une tendinose fusiforme ou nodulaire et éliminer toute fissure
    IRM Il ne fera que confirmer l’échographie en général.

     

    TRAITEMENT 

    Les principales composantes 

    Traiter une tendinopathie d’Achille par la thérapie LightForce® – PBM a pour objectif principal la reprise du sport ou l’activité physique. Il va donc être important de privilégier plusieurs axes :

    • Baisse de la douleur, créer un flash antalgique
    • Lutter contre la cascade inflammatoire
    • Cicatriser le tissu lésé en favorisant la production de collagène

     

    Phases de traitement 

    On les découpe en plusieurs phases, les 2 principales sont :

    • Au niveau de la zone du tendon d’Achille
    • Au niveau musculaire soléaire et gastrocnémiens

    Qui peuvent être complétées par le traitement des Points Trigger ou de la racine nerveuse.

    Conditions de sécurité : il est indispensable que les personnes présentes dans la salle portent des lunettes et il est préférable de fermer la porte de votre salle de soins.

     

    Installation du patient

    Patient en décubitus ventral avec coussin sous la cheville.

    Pour le traitement des muscles du mollet, vous pouvez opter pour la même position mais avec le genou plié à 90°, ce qui permet aussi de jouer sur l’étirement de ces muscles via le pied.

    Traitement au niveau du tendon 

    Technique : balayage du proximal vers distal et inversement, puis latéralement sur toutes les faces du tendon (tendinite corporéale), de l’insertion calcanéenne (enthésopathie), de la jonction musculaire (myotendineuse).

    Les réglages à effectuer sont les suivants :

    • De 3 à 4 mn et 8,5 W en fonction de la phase de la pathologie
    • Tête de traitement : nous utiliserons pour cette phase une tête sans contact

    Traitement des muscles 

    Technique : le travail s’effectue le long du mollet (300 cm2) en allant chercher en profondeur les différents faisceaux musculaires et plus particulièrement le soléaire.

    Cette phase permet de sentir les tissus sous-jacents et traiter plus précisément les zones les plus contractées ou engorgées.

    Les réglages à effectuer sont les suivant :

    • De 4 à 5 mn et 11,5 W en fonction des muscles à traiter
    • Tête de traitement : têtes de contact – Roller Ball Tech

     

    Avantages de la tête de traitement « contact » :

    Définition Avantages
    Compression Permet de se rapprocher du tissu cible Augmentation de la puissance en profondeur
    Collimation Faisceau lumière parallèle Moins de perte de photons
    Réfraction Minimise la perte de lumière Augmentation énergie délivrée aux tissus
    Réflexion Pete de lumière Baisse de cet indice
    Tissus Travail manuel Feed-back

    Bonus thérapie manuelle : effectuer une flexion de genou et flexion dorsale de cheville afin de privilégier le travail sur le soléaire. Cela permet aussi d’étirer les structures. 

    Traitement des Points Trigger

    En fonction du bilan, un traitement des Points Trigger (Soléaire – Gastrocnémiens) peut être judicieux.

    Les réglages à effectuer sont les suivants :

    • De 1 mn et 5 W sur chaque point Trigger identifié
    • Tête de traitement : une petite tête de contact de manière circulaire vous aidera à mieux sentir le relâchement

     

    Racine nerveuse 

    Traiter la racine nerveuse ne se fait que dans un contexte très hyper-algique, pour favoriser le phénomène de flash antalgique.

    Technique : balayage sur les racines nerveuses du nerf sciatique L4, L5, S1 et S2.

    Les réglages à effectuer sont les suivants :

    • De 3 à 4 mn et 13 à 17 W
    • Tête de traitement : privilégier une tête sans contact

    Les séances 

    Plusieurs stratégies sont envisageables :

    • Soit traiter en séance de laser seul quand la douleur est très aigüe
    • Soit en complément de séances de kinés : après la séance
    • Soit en alternance avec des ondes de chocs : laisser 24 heures entre les ondes de choc et le laser

     

    Vous pouvez aussi, si vous traitez des sportifs, effectuer des séances avant les entrainements ou compétitions avec 2 avantages :

    • Vous faites diminuer les douleurs afin de ne pas entraver le geste sportif
    • Vous préparez les muscles à l’effort afin d'améliorer différents aspects fonctionnels liés à la performance sportive et aux marqueurs biochimiques (dommages musculaires et au processus inflammatoire)

    Deux séances par semaine est une bonne programmation, faire un point à 6 séances.

     

    Kinésithérapie associée 

    L’association avec la kiné est indispensable, avec des techniques d’étirement du mollet, de protocole de Stanish ou Alfredson, etc.

    Mais la modulation de l’entrainement est tout aussi importante :

    • Période aigüe : repos complet
    • Activité infra douloureuse : repos relatif
    • Plus de douleur à l’échauffement : aucun repos

     

    TRAITEMENTS COMPLEMENTAIRES

    Les onde de chocs radiales sont des traitements de choix sur les tendinites corporéales.

    Des normalisations ostéo-articulaires et posturologiques, avec semelles si besoin ou étude des chaussures de sport, sont des prérequis pour une réussite du traitement.

    Une attelle peut être prescrire afin de soulager le tendon et augmenter sa vascularisation.

    Rarement il faut aller jusqu’à la chirurgie, mais elle peut prendre plusieurs formes : peignage du tendon, résection reconstruction du tendon avec greffe, ostéotomie du calcanéum.

     

     

    CONCLUSION

    Ce qu’il faut retenir, c’est que traiter les tendinopathies d’Achille grâce à la Photobiomodulation permet :

    • D’accélérer le processus de guérison
    • De traiter sans douleur
    • De favoriser la cicatrisation des tissus

    Et donc accélérer la reprise d’activité !

     

    La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.

    Pour plus d’informations sur les solutions thérapeutiques proposées, cliquez ICI.

    www.chattanoogarehab.fr

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    Auteur: Bernard BONTHOUX, Ostéopathe DO – MKDE

    Consultant Chattanooga/DJO pour le Laser.

     

    Sources / Illustrations:

    • DJO France
    • « Anatomie des Trigger Points » - Simeon NIEL-ASHER – Les Edition de l’Eveil

     

    Bibliographie :

    • CHELT therapy in the treatment of chronic insertional Achilles tendinopathy - Lasers Med Sci. 2014 - Notarnicola A, Maccagnano G, Tafuri S, Forcignanò MI, Panella A, Moretti B.
    • Photobiomodulation and eccentric exercise for Achilles tendinopathy: a randomized controlled trial - Lasers Med Sci. 2016 -  Steve Tumilty, Ramikrishnan Mani and George D. Baxter
    • High Power Laser for Treatment of Achilles Tendinosis - a Single Blind Randomized Placebo Controlled Clinical Study - J Lasers Med Sci. 2016 - Karolinska Institutet, Stockholm, Sweden.
    • Comparison of inflammation tendon - Photomed Laser Surg. 2018 - I.F. Naterstad
    • Class 4. non-invasive laser therapy in clinical rehabilitation, Rehabil. fyz. Lék., Prouza O, Jeníček J, Procházka M.
    • Infrared Low-Level Laser Therapy (Photobiomodulation Therapy) before Intense Progressive Running Test of High-Level Soccer Players: Effects on Functional, Muscle Damage, Inflammatory, and Oxidative Stress Markers—A Randomized Controlled Trial - Oxidative Medicine and Cellular Longevity - Shaiane Silva Tomazoni, Caroline dos Santos Monteiro Machado, Thiago De Marchi , Heliodora Leão Casalechi, Jan Magnus Bjordal, Paulo de Tarso Camillo de Carvalho , and Ernesto Cesar Pinto Leal-Junior, 2019
  2. Ondes de Chocs Focales - Traiter en profondeur avec moins de douleur pour le patient

    Traitement aux ondes de choc focales sur une périostite tibiale.

    Dans le cabinet qu’il partage avec 3 confrères, Thierry Allaire reçoit essentiellement des patients sportifs. Il utilise les ondes de choc radiales depuis 15 ans, avec succès. Mais depuis 6 mois, il découvre avec enthousiasme les ondes de choc focales. Elles permettent de travailler plus en profondeur (on va facilement jusqu’à 7 cm), ce qui est précieux sur des pathologies aux moyens fessiers ou aux ischio-jambiers”. Par ailleurs, “la puissance délivrée demeure importante et constante. On peut donc mieux la calibrer”. Et accessoirement, “le traitement est moins douloureux et mieux supporté par le patient ! Quand on doit traiter une zone proche de l’os (pour une périostite tibiale ou une épicondylalgie), c’est appréciable”, souligne le kinésithérapeute.

    Une précision accrue

    Comme leur nom l’indique, les ondes de choc focales ne divergent pas comme les ondes de choc radiales.
    “Sur un tendon d’Achille ou un tendon rotulien, c’est facile de viser. Sur une enthésopathie aux ischiojambiers, ça l’est moins. Nous devons être précis lors du traitement, au point que certains préfèrent coupler cette technique avec l’échographie, pour être certains d’agir au bon endroit.” Un choix qui nécessite d’avoir une solide formation en la matière et l’œil aiguisé.
    En pratique, la main du kinésithérapeute effectue “un léger balayage ou un petit mouvement circulaire pour toucher toute la zone à traiter”. Il choisit la tête de traitement (l’Intelect FSW en a 3 différentes) selon la profondeur visée. Autre atout de cet appareil : il enregistre les données relatives à chaque patient, pour assurer un meilleur suivi.

    Pour tous types d’ondes de choc, il existe des contre-indications à connaître :

    • Troubles de la coagulation (“pensez à demander à vos patients âgés cardiaques s’ils sont sous anticoagulants !”)
    • Grossesse
    • Port d’un pacemaker ou de matériel métallique
    • Tissus pulmonaires
    • ou encore les zones de fusion épiphysaire chez les enfants, etc.

    L’intérêt de combiner radiales et focales

    Les ondes de choc focales se sont intégrées aux pratiques quotidiennes de cette équipe de kinésithérapeutes de la même manière que les ondes de choc radiales avant elles : “Quand le patient arrive avec une ordonnance mentionnant cette technique, pour une tendinopathie calcanéenne par exemple, nous commençons par faire des séances d’ondes de choc pour diminuer ses douleurs, ce qui nous permettra, par la suite, de débuter un travail actif de kinésithérapie”, explique Thierry Allaire.
    Pour autant, il n’est pas prêt à se débarrasser de son appareil à ondes de choc radiales, avec lequel il obtient “de très bons résultats depuis 15 ans”, insiste-t-il. Il combine parfois les 2 types d’ondes de choc, par exemple sur une tendinopathie d’Achille : il vise la lésion avec les focales et favorise la vascularisation du muscle avec les radiales.

    Nouvelles perspectives

    Outre les indications précitées, des études récentes ont montré que les ondes de choc focales apportent un réel intérêt dans l’application au niveau des points trigger ou encore dans le cadre des lésions osseuses telles que périostite, fractures de fatigue, retard de consolidation/pseudarthroses, oedème osseux [1, 2].

    Pour plus d’informations sur les solutions thérapeutiques proposées, cliquez ICI.

    Auteur: Thierry ALLAIRE, Kinésithérapeute du Sport – MKDE Le Havre

    [1] Schaden W., Mittermayr R., Haffner N., Smolen D., Gerdesmeyer L., Wang, CJ. Extracorporeal shockwave therapy (ESWT)–First choice treatment of fracture non-unions? Int J Surg. 2015 Dec;24(Pt B):179-83.
    [2] D’Agostino C., Romeo P., Lavanga V., Pisani S., Sansone V. Effectiveness of extracorporeal shockwave therapy in bone marrow edema syndrome of the hip. Rheumatol Int. 2014 Nov;34(11):1513-8

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