COMMENT TRAITER 3 DEFICIENCES ASSOCIEES A LA GONARTHROSE

L’arthrose du genou (aussi appelée gonarthrose) est une affection dégénérative dont la prise en charge peut s’avérer complexe. Plusieurs tissus sont souvent impliqués simultanément. Cela peut avoir un impact significatif sur la mobilité et les activités quotidiennes d’un individu.
Les patients atteints de gonarthrose modérée à sévère présentent souvent d’autres problèmes de santé. Un mauvais fonctionnement métabolique peut ralentir la cicatrisation des tissus, ce qui complique davantage ces cas. Parmi les facteurs fréquemment associés à l’arthrose du genou (gonarthrose) figurent l’obésité, les maladies cardiovasculaires et le diabète. Une immobilité prolongée peut aggraver ces conditions.
Se concentrer sur une réduction rapide de la douleur est essentiel pour gérer efficacement les patients atteints d’arthrose du genou. Bien que l’usure « os contre os » fasse souvent partie du problème, elle n’en constitue que rarement l’unique cause. Les dysfonctionnements des tissus mous sont souvent présents et peuvent être améliorés grâce à un traitement adapté.
Pour en savoir plus sur la gonarthrose, lire notre article : Gonarthrose: douleur au genou
Déficiences courantes et options de traitement de la gonarthrose :
1. Raideur capsulaire et gonarthrose
La raideur capsulaire est généralement causée par des inflammations répétées de l’articulation. Elles entraînent une fibrose capsulaire et la formation de cicatrices, ce qui peut limiter les mouvements articulaires du genou.

En plus des étirements et des mobilisations, une option de traitement pour réduire la raideur capsulaire et la douleur : la thérapie laser de haute intensité (HILT). Une étude récente a montré que la combinaison HILT + exercices est plus efficace que les exercices seuls pour améliorer la douleur et la fonction chez les patients atteints d’arthrose du genou. Le laser peut jouer un rôle plus rapide et bénéfique dans le contrôle de la douleur.
La thérapie par ondes de choc extracorporelles (ESWT), comme l'Intelect® RPW 2 Chattanooga®, est un autre outil pouvant aider à réduire la douleur et améliorer la fonction du genou en cas de raideur. L’idée d’appliquer un stimulus potentiellement douloureux sur une articulation arthrosique peut sembler contre-intuitive. Cependant, plusieurs études ont montré que l’ESWT améliore la fonction et diminue la douleur liée à l’arthrose du genou.

Bien que le mécanisme exact ne soit pas totalement élucidé, les ondes acoustiques à haute énergie utilisées en ESWT ont montré qu’elles:
- réduisent la douleur
- améliorent la circulation sanguine dans différents tissus mous
Ces effets favorisent une réparation tissulaire accélérée et une amélioration fonctionnelle supérieure à celle obtenue avec les exercices seuls.
2. Faiblesse musculaire et arthrose
Il s’agit d’une autre déficience majeure associée à la gonarthrose. La faiblesse du quadriceps est souvent liée à une inhibition musculaire arthrogène (AMI), différente de l’atrophie due au manque d’utilisation. L’AMI est un mécanisme de protection qui entraîne une faiblesse musculaire par inhibition nerveuse.
Bien que ce phénomène puisse affecter n’importe quel muscle autour d’une articulation douloureuse, le quadriceps est le plus souvent concerné dans l’arthrose du genou. Ne pas traiter la douleur et le gonflement peut conduire à une faiblesse prolongée et à une atrophie musculaire.
Parmi les options disponibles pour réduire la douleur et l’inflammation, l’électrostimulation neuromusculaire (NMES) constitue une approche directe pour limiter l’atrophie musculaire.

Lorsqu’elle est appliquée à forte intensité, la NMES recrute les unités motrices de grande taille nécessaires pour améliorer la force et la puissance du quadriceps. Sans cet outil, les patients peuvent être incapables de produire volontairement le même niveau de force en raison des signaux douloureux provenant du genou.
Utilisée à des intensités sous-maximales en complément des exercices, la NMES a également montré qu’elle :
- réduit la douleur
- améliore la fonction chez les patients.
Parmi ses bénéfices supplémentaires figurent :
- une augmentation de l’amplitude de flexion,
- le maintien de la masse musculaire de la cuisse,
- une amélioration de l’épaisseur musculaire du vaste médial oblique (VMO)
- une réduction de la raideur du genou par rapport aux exercices seuls.
3. Gonflement et gonarthrose
Il s’agit du dernier problème à prendre en compte lors des poussées aiguës d’arthrose du genou. La bonne nouvelle est que le gonflement peut être traité à l’aide d’agents thermiques disponibles dans la plupart des cabinets et à domicile. Une revue Cochrane a montré que les agents thermiques, la compression et une reprise d’activité adaptée peuvent être efficaces dans ce domaine.

Remarque finale sur la prise en charge de la gonarthrose
Orthèse de décharge OA

Dans les cas de gonarthrose modérée à sévère, traiter uniquement les symptômes peut ne pas suffire à restaurer la fonction. L’utilisation d’une orthèse de genou de haute qualité peut être un complément pertinent au plan de traitement.
Ces orthèses spécialement conçues permettent de décharger les surfaces articulaires douloureuses et d’apporter une stabilité supplémentaire qu’une articulation dégénérée ne peut plus assurer seule. Le soulagement apporté peut faciliter le retour à une meilleure fonction.
Le port d’une orthèse peut constituer un élément important d’une stratégie non invasive à long terme, notamment pour éviter la chirurgie ou permettre la reprise d’activités physiques plus soutenues.
Acide hyaluronique
Avant l'opération type prothèse de genou, il existe également des solutions invasive telles que les injections d’acide hyaluronique afin de soulager efficacement les symptômes et d’améliorer la mobilité articulaire.
Pour en savoir plus, lire notre article : qu'est-ce que l'arthrose et comment aider avec l'acide hyaluronique ?

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Références :
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