Utilisation ondes de choc radiales sur pied

Les ondes de choc radiales sont aujourd'hui utilisées en kinésithérapie dans la prise en charge de différentes affections musculosquelettiques. Tendinopathies, fasciopathies, douleurs myofasciales ou points Trigger font notamment partie des indications pour la thérapie par ondes de choc.

Mais identifier une pathologie susceptible de bénéficier de cette thérapie ne suffit pas à décider de son utilisation.

Avant toute séance, le professionnel de santé doit prendre en compte l'indication clinique, la localisation et la profondeur de la structure à traiter, l'état du tissu, les antécédents médicaux, les traitements en cours et les éventuelles contre-indications ou précautions.

L'objectif n'est donc pas seulement de se demander :

"Les ondes de choc sont-elles indiquées pour cette pathologie ?" mais également : "Les ondes de choc sont-elles indiquées pour ce patient, dans cette situation clinique et sur cette zone précise ?"

Cette distinction est essentielle pour intégrer les ondes de choc dans une prise en charge raisonnée.

Quelles sont les principales indications des ondes de choc radiales ?

Les ondes de choc radiales sont utilisées dans différentes indications musculosquelettiques. On peut notamment citer les tendinopathies, fasciites plantaires, épicondylalgies, périostites tibiales, douleurs myofasciales, points Trigger, syndrome de la bandelette ilio-tibiale, enthésopathies,séquelles de lésions musculaires, ainsi que des applications dans l'arthrose et la spasticité.

L'intérêt clinique des ondes de choc varie cependant selon l'indication, le contexte clinique et les caractéristiques individuelles du patient.

Ondes de choc et Tendinopathies - enthésopathies

Les pathologies tendineuses constituent l'un des champs d'utilisation les plus connus des ondes de choc : les tendinopathies calcanéennes ; les tendinopathies patellaires ; les tendinopathies glutéales ; certaines atteintes de la bandelette ilio-tibiale…

L'intérêt n'est pas ici de détailler chaque pathologie. Chacune possède ses propres caractéristiques cliniques et nécessite une stratégie thérapeutique adaptée.

👉 Pour en savoir plus, lire les articles par pathologie dans notre rubrique blog Tout savoir sur les Ondes de Choc

Ondes de choc et fasciopathies

Les ondes de choc radiales sont également utilisées dans certaines affections des structures fasciales. L'aponévrosite ou fasciite plantaire fait notamment partie des indications.

Dans ce domaine, le choix du transducteur, de la zone ciblée et des paramètres fait partie intégrante du raisonnement thérapeutique.

👉 Pour en savoir plus, lire l’article "Interet des ondes de choc radiales dans le traitement des aponévrosites plantaires".

Quelle place pour les ondes de choc dans les douleurs myofasciales ?

Les applications ne se limitent pas aux tendons, mais peut aussi être envisagées pour les douleurs myofasciales et les points Trigger. La prise en charge peut alors intégrer différentes structures en fonction du bilan clinique, et pas nécessairement uniquement le point où le patient décrit sa douleur.

Cette notion particulièrement importante fait partie d’un article à part entière : → Ondes de choc : faut-il traiter uniquement la zone douloureuse ?

Application ondes de choc avec Spine-Actor dorsal en position assise

Ondes de choc radiales ou focalisées : les indications sont-elles identiques ?

Il existe plusieurs technologies de thérapie par ondes de choc. Les ondes de pression radiales (RPW) et les ondes de choc focalisées (F-SW) diffèrent notamment par la manière dont l'énergie est délivrée dans les tissus.

TYPE D’ONDES ONDES DE PRESSION RADIALES ONDES DE CHOC FOCALISEES
Energie maximale délivrée en surface puis se diffuse radialement converge vers une zone focale située en profondeur
Profondeur d’efficacité peut atteindre 60 mm Peut atteindre 125 mm

Le choix ne doit donc pas être réduit à une opposition entre deux technologies. Il dépend notamment de l'indication, de la profondeur de la structure ciblée et de l'objectif thérapeutique.

👉 Pour en savoir plus sur les ondes de choc focalisées, lire l’article


Quelles sont les contre-indications aux ondes de choc ?

Toutes les situations cliniques ne se prêtent pas à l'utilisation d'une thérapie par ondes de choc. La présence d'une indication doit donc toujours être mise en perspective avec les contre-indications prévues par le fabricant du dispositif utilisé, la localisation du traitement et la situation individuelle du patient.

Il convient notamment d'être vigilant lorsqu'une situation médicale ou anatomique augmente le risque lié à l'application de l'énergie sur la zone concernée.

Contre-indications et précautions : pourquoi faut-il distinguer les deux ?

Une contre-indication correspond à une situation dans laquelle la thérapie ne doit pas être réalisée conformément aux recommandations applicables au dispositif.

Une précaution, à l'inverse, correspond à une situation nécessitant une vigilance supplémentaire ou une adaptation de la prise en charge.

Cette distinction est importante, car une situation clinique ne doit pas être transformée automatiquement en contre-indication absolue sans tenir compte :

  • de la zone traitée ;
  • du type d'ondes de choc ;
  • du dispositif utilisé ;
  • des recommandations du fabricant ;
  • de l'état clinique du patient.

En pratique : la notice d'utilisation du dispositif constitue la référence pour vérifier ses contre-indications, avertissements et précautions spécifiques.

Contre-indication ondes de choc Chattanooga

Contre-indications essentielles : Contre-indications de bon sens :
- Patient sous traitement anticoagulant ou présentant des troubles de la coagulation (hémophiles, etc…).
- Patient présentant un syndrome douloureux régional complexe ou une capsulite de l’épaule en phase inflammatoire aigue.
- Zone ayant subi récemment une/des injections de(s) corticoïdes ou de xylocaine.
- Demander systématiquement aux patients les traitements en cours.
- Grossesse
- Pace maker
- Tumeur ou infection locale
- Proximité pulmonaire, cardiaque ou intestinale, de matériel métallique
- Enfants (épiphyses osseuses fertiles)
- Personnes de plus de 75 ans (ostéoporose)
- Passage des troncs nerveux ou des gros vaisseaux sanguins
- Corticothérapie au long cours (fragilisation osseuse)

Quels éléments vérifier avant une séance d'ondes de choc ?

Avant de commencer le traitement, l'interrogatoire et le bilan clinique sont essentiels.

Ils permettent non seulement de confirmer la pertinence de l'indication, mais également d'identifier une éventuelle situation nécessitant d'éviter ou d'adapter la thérapie.

CHECK-LIST AVANT UNE SEANCE D'ONDE DE CHOC

Chattanooga-Intelect-RPW-2-homme-travail-coude

Indication clinique clairement identifiée

Structure anatomique à cibler identifiée

Localisation et profondeur estimées

Stade et évolution de la pathologie

Antécédents pertinents vérifiés

Traitements médicamenteux en cours vérifiés

Interventions ou injections récentes recherchées

État de la zone à traiter évalué

Contre-indications du dispositif vérifiées

Objectifs thérapeutiques définis

Tolérance du patient prise en compte

Cette check-list peut constituer un rappel pratique, mais ne remplace ni le bilan du professionnel de santé ni les instructions d'utilisation du dispositif.

Quels effets secondaires peuvent survenir après des ondes de choc ?

Comme toute intervention thérapeutique, les ondes de choc peuvent entraîner certains effets indésirables locaux. Ces derniers sont peu fréquents et généralement transitoires.

Effets secondaires mineurs potentiels :

  • une sensation de chaleur ou une rougeur ;
  • des pétéchies ;
  • une douleur locale.

La réponse doit toutefois être surveillée et réévaluée, notamment si les manifestations sont inhabituelles, importantes ou persistantes.

Comment savoir si le traitement fonctionne ?

La douleur constitue un indicateur important, mais elle ne doit pas nécessairement être le seul critère d'évaluation. Selon la pathologie, le professionnel peut également suivre :

  • l'évolution fonctionnelle ;
  • la mobilité ;
  • la capacité à réaliser un geste ou une activité ;
  • la tolérance à la charge ;
  • l'évolution des symptômes dans le temps ;
  • l'atteinte des objectifs définis lors du bilan initial.

Il est recommandé de réaliser une évaluation pendant le traitement puis six semaines après la dernière séance, afin de prendre en compte les délais de cicatrisation.

👉 Pour en savoir plus sur les effets des ondes de choc, lire l’article : "Ondes de choc radiales : quels effets physiologiques sur les tissus ?"


À retenir avant d'utiliser les ondes de choc

Les ondes de choc peuvent être utilisées dans différentes prises en charge musculosquelettiques, notamment dans certaines tendinopathies, fasciopathies, douleurs myofasciales et atteintes musculaires. Mais la présence d'une indication ne suffit pas à déterminer la pertinence d'un traitement.

Avant toute séance, il est essentiel de :

  1. Identifier précisément l'indication
  2. Réaliser le bilan clinique
  3. Vérifier les contre-indications et précautions
  4. Identifier la ou les structures à cibler
  5. Adapter les paramètres et le transducteur
  6. Réévaluer la réponse clinique

Cette démarche permet d'intégrer les ondes de choc dans une stratégie thérapeutique raisonnée et adaptée au patient.


FAQ : indications et contre-indications des ondes de choc

Quelles sont les principales indications des ondes de choc ?

Pour les tendinopathies, fasciites plantaires, épicondylalgies, périostites tibiales, douleurs myofasciales, points Trigger, séquelles de lésions musculaires, et certaines prises en charge de l'arthrose ou de la spasticité.

Quelles sont les contre-indications aux ondes de choc ?

Elles dépendent de plusieurs facteurs. Avant la séance, le professionnel doit consulter les contre-indications, avertissements et précautions figurant dans la notice d'utilisation du dispositif et prendre en compte le bilan du patient.

Quels effets secondaires peuvent apparaître ?

Une rougeur ou sensation de chaleur, des pétéchies et une douleur locale font partie des effets secondaires mineurs. Ils sont généralement transitoires.

Combien de séances faut-il prévoir ?

En général, un protocole d’ondes de choc radiales varie : 4 à 8 séances ; 1 à 2 séances par semaine ; avec 3 à 4 jours entre les séances ; environ 2 000 chocs par séance ; et une fréquence moyenne de 10 à 15 Hz.
Ces valeurs correspondent à un protocole général, et non à une prescription systématique. Le nombre de séances et leurs paramètres doivent être adaptés à l'indication et à la réponse clinique.

Le traitement par ondes de choc est-il douloureux ?

La sensation n'est pas agréable et varie en fonction : de la zone traitée ; de la pathologie ; de la sensibilité du patient ;
de la pression ou du niveau d'énergie utilisé ; de la fréquence ; du transducteur.
Un principe important consiste donc à adapter progressivement les paramètres à la tolérance et à la situation clinique.
Les dispositifs d’onde de choc Chattanooga proposent une montée progressive de la pression, dans une plage de 1,4 à 5 bars selon le protocole et l'application concernés.


Abonnez-vous à notre chaîne LinkedIn dédiée aux professionnels de santé. Vous retrouverez toute notre actualité liée à notre domaine !


Auteur : Enovis™ - DJO France SAS, novembre 2026

Sources / Illustrations : Enovis™ - DJO France SAS