ONDES DE CHOC : FAUT-IL TRAITER UNIQUEMENT LA ZONE DOULOUREUSE ?

Sommaire
- Pourquoi ne pas raisonner uniquement à partir de la zone douloureuse ?
- Pourquoi le bilan clinique est-il le point de départ ?
- Quand privilégier une approche locale avec les ondes de choc ?
- Quand envisager une approche plus globale ?
- Quelle place pour les muscles dans une prise en charge par ondes de choc ?
- Pourquoi s'intéresser aux fascias ?
- Peri-Actor ou Spine-Actor : quels intérêts ?
- Comment choisir son applicateur d'ondes de choc ?
- Traitement local ou approche globale : faut-il vraiment choisir ?
- À retenir
Face à un patient présentant une douleur bien localisée, il peut sembler logique de concentrer le traitement par ondes de choc directement sur la zone douloureuse. Pourtant, selon la situation clinique, la prise en charge peut nécessiter de s'intéresser également aux structures musculaires, myofasciales ou tissulaires environnantes.
Alors, faut-il traiter localement ou adopter une approche plus globale ?
Il n'existe pas de réponse unique. L'enjeu n'est pas d'opposer deux méthodes, mais de construire une stratégie thérapeutique à partir du bilan clinique, de la structure concernée, de l'indication et des objectifs définis pour le patient.
Avec les ondes de choc radiales, différents transducteurs permettent justement d'adapter la manière dont l'énergie mécanique est délivrée selon la zone et les tissus ciblés. Le système Chattanooga comprend notamment des transducteurs D-Actor, V-Actor, Peri-Actor et Spine-Actor pour différentes applications.
Pourquoi ne pas raisonner uniquement à partir de la zone douloureuse ?
La localisation de la douleur fournit une information clinique importante, mais elle ne suffit pas à elle seule à déterminer l'ensemble de la stratégie thérapeutique.
Une prise en charge raisonnée nécessite notamment d'identifier :
- la structure concernée ;
- la nature et l'évolution de la pathologie ;
- sa localisation et sa profondeur ;
- les limitations fonctionnelles associées ;
- la présence éventuelle de tensions musculaires ou de points Trigger pertinents ;
- l'implication éventuelle de tissus myofasciaux ;
- les objectifs fonctionnels du patient.
Le traitement peut alors rester strictement local lorsque cela est pertinent, ou être complété par une prise en charge des structures environnantes lorsque le bilan le justifie.
À retenir : l'objectif n'est pas de traiter systématiquement "plus large", mais de traiter ce qui est pertinent au regard du bilan clinique.
Pourquoi le bilan clinique est-il le point de départ ?
Avant de déterminer où appliquer les ondes de choc, il convient de définir ce que l'on cherche à obtenir.
Le raisonnement peut suivre cinq grandes étapes :
Où se situe la douleur ? Tendon ? Quels mouvements ou activités sont limités ? Comment la structure réagit-elle à la charge ? Le bilan met-il en évidence : Le thérapeute peut alors déterminer les structures à cibler et sélectionner la modalité ou le transducteur adapté.1. Identifier la plainte principale
Depuis combien de temps ?
Dans quelles situations apparaît-elle ?2. Identifier la structure concernée
Enthèse ?
Muscle ?
Fascia ?
Zone myofasciale ?3. Évaluer la fonction
4. Rechercher les structures associées pertinentes
5. Définir l'objectif thérapeutique
Cette démarche permet de passer d'une logique : "Où le patient a-t-il mal ?" à : "Quelles structures sont pertinentes au regard de son bilan ?"
Quand privilégier une approche locale avec les ondes de choc ?
Dans de nombreuses indications, la structure symptomatique elle-même constitue naturellement une cible de traitement. C'est notamment le cas dans différentes pathologies tendineuses :
- les épicondylalgies latérales ;
- les tendinopathies patellaires ;
- les tendinopathies glutéales ;
- les atteintes du tendon calcanéen ;
- les rachialgies ;
- les enthésopathies hautes des ischio-jambiers.
L'approche locale consiste alors à identifier précisément la structure ciblée et à adapter les paramètres thérapeutiques, le transducteur et le positionnement à l'indication. Différents transducteurs permettent de faire varier notamment la profondeur de pénétration et la manière dont l'énergie est délivrée aux tissus.

Quand envisager une approche plus globale ?
Dans certaines situations, le bilan clinique peut conduire le thérapeute à ne pas limiter son intervention à la structure symptomatique.
La prise en charge peut notamment intégrer :
- les structures musculaires associées ;
- certains points Trigger ;
- les tissus conjonctifs et fascias ;
- certaines zones myofasciales ;
- lorsque cela est pertinent, certaines structures paravertébrales.
L'intérêt n'est donc pas de considérer qu'une douleur située au point A provient systématiquement d'une structure située au point B.
Au contraire :
Le bilan clinique détermine si d'autres structures méritent d'être intégrées à la prise en charge. Cette approche évite la systématisation tout en permettant un raisonnement clinique plus large.
Quelle place pour les muscles dans une prise en charge par ondes de choc ?
Lorsqu'une structure musculaire pertinente est identifiée lors du bilan, le thérapeute peut intégrer cette composante à sa stratégie.
Par exemple, le D-Actor est destiné au traitement musculaire et du tissu conjonctif dans la stratégie thérapeutique. Ce qui conduit à une séquence pouvant associer :
Traitement de la zone cible
↓
Travail d'une structure musculaire avec D-Actor
↓
Activation ou massage avec V-Actor.
L'intérêt de cette séquence n'est pas de constituer un protocole obligatoire, mais d'illustrer la possibilité de faire varier les modalités selon les structures et objectifs identifiés lors du bilan.
Pourquoi s'intéresser aux fascias ?
Les fascias participent aux interactions mécaniques entre différentes structures et peuvent être intégrés au bilan musculosquelettique.
Lorsqu'un travail fascial est jugé pertinent, les applicateurs Peri-Actor, conçus avec des géométries, permettant d'adapter le contact aux différentes zones anatomiques.
👉 Pour en savoir plus, lire l’article : Ondes de choc radiales : zoom sur les nouveaux applicateurs pour traiter les rachialgies et fascias.
Peri-Actor ou Spine-Actor : quels intérêts ?
| PERI-ACTOR | SPINE-ACTOR |
| La gamme Peri-Actor comprend plusieurs géométries destinées à adapter le contact du transducteur à la zone travaillée. | Le Spine-Actor possède une géométrie en U destinée à travailler de part et d'autre de la colonne. Au vu de la zone, une pression inférieure à 3 bars est à privilégier. |
| Il existe 4 modèles : Knuckle, Scoop, Scraper et Sphère. | Il existe 3 tailles correspondant aux différentes régions paravertébrales : 20 mm : région cervicale ; 27 mm : région dorsale/thoracique ; 35 mm : région lombaire. |
| Leur forme permet d'adapter l'application à différentes situations, qu'il s'agisse de zones étendues, de reliefs anatomiques ou de zones plus ciblées. | Ces caractéristiques ne doivent cependant pas conduire à utiliser systématiquement le Spine-Actor face à une douleur rachidienne. |

L'intérêt n'est donc pas simplement de "changer d'embout". Le choix de l'applicateur s'inscrit dans une réflexion préalable :
Quel tissu souhaite-t-on cibler ?
Quelle zone anatomique ?
Quel type de contact est recherché ?
Quel applicateur est le plus pertinent ?
L'utilisation dépend toujours de l'indication, des résultats du bilan et des instructions d'utilisation du dispositif.
Comment choisir son applicateur d'ondes de choc ?
Le choix du transducteur ou de l'applicateur dépend avant tout du tissu ciblé et de l'objectif thérapeutique. Pour simplifier le raisonnement :
| Structure / objectif | Possibilité Chattanooga |
| Travail musculaire / tissu conjonctif | D-Actor |
| Activation / vibration / massage | V-Actor |
| Travail fascial | Peri-Actor |
| Zone paravertébrale | Spine-Actor |
Ces correspondances ne constituent pas un protocole de traitement. Le choix dépend de l'indication, du dispositif utilisé, du bilan clinique et des instructions du fabricant.

Traitement local ou approche globale : faut-il vraiment choisir ?
Pas nécessairement.
Une approche locale peut être parfaitement pertinente lorsque le bilan identifie une structure cible précise. Dans d'autres situations, le même bilan peut mettre en évidence des structures musculaires, myofasciales ou tissulaires complémentaires qu'il peut être pertinent d'intégrer à la prise en charge.
L'enjeu est donc moins d'opposer"local" et "global" que de déterminer :
- Quelle est l'indication ?
- Quelle structure cherche-t-on à traiter ?
- Quelles structures associées sont cliniquement pertinentes ?
- Quel est l'objectif thérapeutique ?
- Quelle modalité et quel transducteur permettent d'y répondre ?
Cette démarche place la décision clinique avant la technologie.

À retenir
Face à une douleur musculosquelettique, la zone symptomatique constitue un point de départ important, mais le traitement par ondes de choc ne doit pas être défini sur la seule localisation de la douleur.
Le bilan permet au kinésithérapeute d'identifier les structures pertinentes et de déterminer si la prise en charge doit rester locale ou intégrer d'autres tissus.
L'écosystème Chattanooga permet alors d'adapter l'approche grâce à différentes modalités :
- D-Actor pour certaines applications musculaires et du tissu conjonctif ;
- V-Actor pour la stimulation vibratoire ;
- Peri-Actor pour adapter l'application aux structures fasciales ;
- Spine-Actor pour certaines applications au niveau des régions paravertébrales.
Le choix reste guidé par le bilan, l'indication et l'objectif thérapeutique.
FAQ : approche locale ou globale en ondes de choc
La zone douloureuse constitue une information importante, mais elle ne suffit pas à définir la stratégie thérapeutique. Le bilan clinique permet d'identifier la structure concernée et de déterminer si d'autres structures doivent être prises en compte.
Oui
Les Peri-Actor proposent différentes géométries adaptées au travail de différentes zones et structures fasciales. Les Spine-Actor disposent d'une géométrie en U destinée aux régions paravertébrales, avec trois tailles pour les zones cervicale, thoracique/dorsale et lombaire.
Le choix dépend notamment de la structure ciblée, de sa localisation, de sa profondeur, de l'indication et de l'objectif thérapeutique. Les caractéristiques et conditions d'utilisation varient également selon l'appareil et le transducteur.
Le V-Actor complète l'approche RPW par une thérapie vibratoire.
Existant en configuration de 25 et 40 mm, ils permettent des applications telles que l'activation musculaire et le massage
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Auteur : Enovis™ - DJO France SAS, novembre 2026
Sources / Illustrations : Enovis™ - DJO France SAS
Références
- Jan De Laere: « le syndrome myofascial douloureux – Points Trigger Myofasciaux – Profession Kiné n° 23
- Nicolle J. Ondes de choc, une nouvelle possibilité du traitement des fascias. Kiné actualité n°1436, 2016
- Hong JO., Park JS, al. Thérapie par ondes de choc extracorporelles versus injection à point de déclenchement dans le traitement du syndrome de la douleur myofasciale dans le Quadratus Lumborum. Ann Rehabil Med 2017 ; 41 :582-588
- Moghtaderi A., Khosrawi S., Dehghan F. Thérapie par ondes de choc extracorporelles des points gâchettes du gastro-soléaire chez des patients atteints de fasciite plantaire: un essai randomisé et contrôlé par placebo. Adv Biomed Res 2014 ; 3 :99.