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  1. Ondes de choc radiales: traitement de l'épicondylalgie latérale du coude

    Les épicondylalgies latérales du coude constituent un motif de consultation fréquent en rééducation fonctionnelle.

    Elles sont fréquentes chez le sportif (tennis "Tennis Elbow", squash, badminton, bowling, etc.) mais peuvent être également provoquées par certaines activités professionnelles manuelles, ou par une activité ménagère d’intensité inhabituelle.

    Globalement, une proportion équivalente d’hommes et de femmes est concernée par cette pathologie.

     

    ANATOMIE FONCTIONNELLE

    Les épicondyliens latéraux s’insèrent par un tendon commun sur la face postérieure de l’épicondyle latérale de l’humérus.

    La partie superficielle de ce tendon est constituée d’avant en arrière par : le court extenseur radial du carpe, l’extenseur des doigts, l’extenseur propre 5, l’extenseur ulnaire du carpe.

    La partie profonde de ce tendon est constituée par le muscle supinateur.

    L’anconé s’insère isolément sur la partie postérieure de l’épicondyle.

    L’innervation est assurée par le nerf radial.

     

    PHYSIOPATHOLOGIE

    Les excès de contraintes mécaniques demeurent la cause principale des tendinopathies. Cependant de multiples facteurs intrinsèques (âge etc…) et extrinsèques (matériel inadapté, défaut d’entrainement, etc.) coexistent.

    Il faut distinguer l’épicondylalgie aigue (épicondylite) et l’épicondylalgie rebelle (épicondylose).

     

    L’épicondylalgie aigue est une tendinite réactionnelle consécutive à des contraintes ponctuelles au-dessus des capacités du tendon (en effort, en durée…). Il s’agit d’une hyper-réactivité tendineuse.

    • Traitement :
      1. Hyper-réactivité tendineuse → antalgique – « anti-inflammatoire »
      2. A distance de la crise : amélioration de la capacité résistive (Ondes de Chocs Radiales - excentrique –étirements)

    L’épicondylalgie rebelle ou épicondylose est la conséquence d’une rupture progressive des attaches (collagène) musculo-tendineuses.  Dans ce cas présent, il s’agit d’une tendinose (pas d’inflammation) et on observe une discordance « traction musculaire/insertion ».

    • Traitement :
      1. Hypo-réactivité tendineuse → « traitement inflammatoire » Ondes de Chocs Radiales
      2. Concomitant à l’irritation : amélioration de la capacité résistive (Ondes de Chocs Radiales - excentrique –étirements)

     

    BILAN DIAGNOSTIC

    Interrogatoire

    Il faut rechercher d’éventuels facteurs favorisants :

    • Microtraumatismes, hyper-sollicitation (sport, bricolage)
    • Matériel inadapté (raquette, souris d’ordinateur)
    • Gestes sportifs ou professionnels inhabituels (lift au tennis, déménagement, manutention…)
    • Modification ou augmentation brutale de l’entrainement
    • Déficit neurologique sous-jacent compensé au niveau du coude
    • Age+++
    • Causes iatrogènes
    • Défauts d’hydratation, foyers infectieux dentaires ou ORL

     

    Examen clinique

    La palpation recherche :

    • Une douleur de l’insertion et/ou du tendon commun des épicondyliens latéraux
    • La présence de Trigger Points ; des douleurs myofasciales associées ; des tensions; des zones de restrictions au niveau de l’avant-bras, du bras et même des trapèzes.

    La mise en tension des épicondyliens est douloureuse.

    Douleur à la contraction résistée :

    1. Extension du poignet
    2. Extension des doigts, inter-phalangiennes proximales fléchies

     

    Examens complémentaires 

    Des examens complémentires pourront, le cas échéant, confirmer le diagnostic.

    • Ils préciseront le bilan clinique : bursite associée ; tendinopathie fissuraire
    • Ils élimineront les diagnostics différentiels (syndrome du tunnel radial, radiculalgie C7, arthropathies huméro-radiales…)

     

    TRAITEMENT

    Le traitement se veut avant tout rééducatif.  Il comporte une association Ondes de Choc Radiales / Kinésithérapie.

     

    Les Ondes de Choc Radiales

    Avant de débuter tout traitement, il est nécessaire d’effectuer un examen clinique précis afin de poser un diagnostic kinésithérapique et de vérifier l’absence de contre-indication.

    Le traitement par Ondes de Chocs Radiales s’effectue en fonction du bilan clinique : +++

    Traitement local isolé 

     

    ·       ODCR sur insertion des épicondyliens latéraux R040 – F15

    ·       Vibrations sur les épicondyliens latéraux (V Actor)

     

    Traitement global si douleur myofasciale associée  ·       Traitement Myofascial + trigger point

    ·      + Travail spécifique sur épicondyliens

    Le traitement par Ondes de Choc Radiales doit être expliqué au patient afin de l’impliquer et de minimiser ses craintes éventuelles (douleurs).

    Il comprend en général 5 à 6 séances espacées d’une semaine.

    IMPORTANT: les séances doivent être adaptées au seuil de tolérance du patient.

    • En cas d’inconfort manifeste :
      • Diminuer la puissance et/ou augmenter la fréquence

     

    Application des Ondes de Chocs Radiales sur une épicondylalgie latérale :

    • Patient assis sur une chaise, avant-bras reposant sur le bord de la table
    • Repérage palpatoire des épicondyliens latéraux (Fig. 2)
    • Mise en tension des épicondyliens, main pendante en bord de la table
    • Le patient maintient la position avec son autre main
    Repérage palpatoire + position de mise en tension des épicondyliens Fig.2 Repérage palpatoire + position de mise en tension des épicondyliens
    • Application de gel à ultra-son
    • Utilisation de la rampe
    • Protocole d’application des Ondes de Choc Radiales (Fig. 3)
      • Utiliser le R040 – C15 – F15
      • Fréquence 15 Hz
      • Pression 1,6 à 2 bars
      • 2000 à 2500 chocs
    Application des ondes de chocs radiales sur les épicondyliens Fig.3 Application des ondes de chocs radiales sur les épicondyliens

    L’application de vibrations sur le épicondyliens latéraux (Fig. 4) permet d’affiner le traitement en améliorant le relâchement musculaire et atténuera cette corde douloureuse souvent fréquente lors d’épicondylagie latérale chronique.

    • Utiliser l'applicateur V-Actor® (V25 ou V40)
    • Fréquence 26 à 30 Hz
    • Pression 2,4 à 3 bars
    • 2000 à 2500 chocs
    Fig. 4 Application de vibrations au niveau des épicondyliens Fig. 4 Application de vibrations au niveau des épicondyliens

     

    En cas de douleur myofasciale et points trigger associés à la lésion tendineuse:

    • Le traitement par Ondes de Choc Radiales sera adapté au bilan réalisé au préalable
    • Il débutera systématiquement à distance de la zone douloureuse
    • Le choix de l’applicateur dépend de la zone à traiter
    • Le traitement des points trigger est systématiquement associé

     

    • 1ere étape - Chaîne myofasciale:
      • Traitement du fascia cervical : (Fig. 5)
        • Utiliser le Spine-Actor® 20 mm
        • Commencer avec une pression basse : 0,3 bars ; puis monter progressivement en fonction du ressenti (rester toujours à une pression <2 bars au niveau cervical)
        • Fréquence 17Hz
        • 1500 chocs
    Fig. 5 spine-actor sur région cervicale Fig. 5 Positionnement du Spine-Actor sur la région cervicale
    • À partir de l’épine de l’omoplate :
      • Travail de la chaîne externe :
        • Bord extérieur deltoïde post → épicondyle latérale
          • Peri-Actor® Scrapper
          • Pression 1 à 2 bars
          • Fréquence 15 à 21 Hz
    • A partir du triangle des ronds :
      • Libération des ronds et longue portion du triceps
      • Bord postérieur deltoïde CIME entre biceps et triceps jusqu’à l’épicondyle latérale
      • Peri-Actor® Knuckle: 1 à 2 bars - 15 à 21 Hz
    • A partir de l’épicondyle latérale: (Fig. 6)
    Fig. 6 Application Scrapper sur épicondyliens latéraux
    • 2ème étape - Trigger Points: (Fig. 7)
      • Utiliser l’applicateur Sphère ou D-Actor®
        • Pression 0,3 – 3 bars
        • Fréquence 13 Hz
        • 500 coups
        • Points spécifiques
    Fig. 7 Trigger Point Trapèze Fig. 7 Trigger Point Trapèze
    • 3ème étape - Traitement de l’aponévrosite en mode Habituel

     

    • 4ème étape - Vibrations : ( 8a ; 8b ; 8c)
      • Un massage décontracturant par infrasons (applicateur V-Actor®) effectué au niveau des épicondyliens, du bras, du deltoïde postérieur, du trapèze, la chaîne postérieure (Ischio-jambier + SACP) complètera le traitement.
        • Pression 2,2 à 2,4 bars
        • Fréquence 30 à 35 Hz
        • 2500 à 3500 chocs
    Fig. 8a Vibrations

     

    Fig. 8b Vibrations

     

    Fig. 8c Vibrations

     

    Kinésithérapie associée

    Les Ondes de Chocs Radiales peuvent être utilisées soit seules, soit en complément d’autres techniques rééducatives.

    Le traitement actuellement proposé dans les épicondylagies est essentiellement actif.

    Il comprend de la thérapie manuelle, des Ondes de Chocs Radiales, des étirements, du travail excentrique et un réentrainement à l’effort.

    Il peut être également nécessaire de se rapprocher des professionnels concernés pour ce qui est du choix de matériel professionnel (souris d’ordinateur…) ou sportif (raquette de tennis, etc.).

    • Avant les Ondes de Chocs Radiales :
      • Normalisations articulaires (rachis cervical, épaules, coudes, tête radiale, poignet).
      • Etirements adaptés (actifs, actifs-aidés, passifs)
      • Travail excentrique des extenseurs du poignet, des pronateurs
    • Après les Ondes de Chocs Radiales :
      • Massages décontracturants des Ischio-jambiers et des fessiers.
      • Electrothérapie (courants de capillarisation).
    • En alternance :
      • Massage transverse profond (MTP), crochetage, point périosté.

     

    CONCLUSION

    Ce qu’il faut retenir :

    • Il y a 15 ans, seules les épicondylagies chroniques pouvaient bénéficier du traitement par Ondes de Choc Radiales après échec des autres traitements médicaux et kinésithérapique (MTP, mésothérapie, infiltrations, immobilisations,…). Le pourcentage de bons et très bons résultats était faible (30 à 35%).
    • Depuis que nous utilisons les Ondes de Choc Radiales en association avec des étirements et un travail excentrique, les résultats sont nettement plus encourageants (70 à 75% de bon et très bon résultats).

     

    La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.

    Pour plus d’informations sur les solutions thérapeutiques proposées, cliquez ICI.

    Découvrez tous nos autres articles sur l’utilisation des Ondes de Choc Radiales ICI.

    www.chattanoogarehab.fr

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    Auteur : Thierry ALLAIRE, Kinésithérapeute du Sport – MKDE Le Havre

    Consultant Chattanooga/DJO pour les Ondes de Chocs.

    Sources / Illustrations : DJO France, Thierry ALLAIRE

  2. Comment intégrer le Laser Haute Puissance dans le traitement des entorses de cheville?

    Nous allons dérouler dans cet article le traitement de l’entorse latérale de la cheville versus Laser Haute Huissance (HPL). Avant de décrire les mécanismes, éléments en causes et le traitement laser, il conviendra de définir les différentes phases de cette pathologie, des plus fréquentes en traumatologie. Sont exclues de cet article les entorses avec fracture.

     

    EPIDEMIOLOGIE

    L’entorse latérale de la cheville est le trouble musculo-squelettique le plus important dans la population (80% des traumatismes de la cheville), et non pas simplement dans le milieu sportif. Mal soignée, elle peut engendrer des troubles sur toutes les chaînes physiologiques montantes.

     

    ANATOMIE

    Anatomie de la cheville DJO

    Rapidement nous vous rappelons les principaux points de l’anatomie de la cheville et surtout ses connections douloureuses induites.

    La principale articulation de la cheville est l’articulation talo-crurale, type ginglyme, qui doit toujours être associée en termes de diagnostic et rééducation, aux autre articulations distales, constituant les arches plantaires. Ce complexe global permet les mouvements d’inversion et éversion.

    Au niveau ligamentaire, nous retiendrons les 3 principaux ligaments collatéraux que sont le talo-fibulaire antérieur, le calcanéo-fibulaire et le talo-fibulaire postérieur.

    Concernant le système musculaire, qu’il conviendra d’examiner aussi, nous retiendrons les muscles fibulaires avec :

    • Le long fibulaire (de la tête de la fibula et 2/3 proximaux de sa face latérale jusqu’à la face plantaire du cunéiforme et la base du 1er métatarsien)
    • Le court fibulaire (moitié distale de la face latérale de la fibula et sur les septums inter-musculaires jusqu’à la tubérosité du 5éme métatarsien)
    • Le troisième fibulaire (du bord antérieur de la fibula distale à la base du 5ème métatarsien)

    Cette configuration anatomo-physiologique va nous obliger à prendre en considération les douleurs annexes que sont : les douleurs articulaires au niveau du naviculaire et de la tête du 5ème métatarsien, musculaire des fibulaire et des arches longitudinales et transversales.

     

    PHYSIOPATHOLOGIE

    Le mécanisme lésionnel de la cheville comporte en général 2 phases :

    • Une première qui amène l’articulation talo-crurale en inversion
    • Une deuxième qui produit une compression de bas en haut.

    Cette conjonction de ces 2 facteurs entraine l’entorse latérale de la cheville qui lèse plusieurs ligaments en fonction de la gravité et suivant une hiérarchie :

    • Ligament talo-fibulaire antérieur en premier
    • Ligament calcanéo-fibulaire ensuite
    • Ligament talo-fibulaire postérieur en dernier

     

    CAS CLINIQUE

    La clinique repose essentiellement sur l’anamnèse et la sémiologie.

    L’examen clinique en urgence n’étant pas toujours en concordance avec la réalité ligamentaire, il est important de réitérer ce type d’examen à 3 voire 5 jours post-traumatiques.

     

    CLASSIFICATION ET DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL

    a) Classification

    En dehors de la classification habituelle en 3 stades, de Lécluse nous propose une classification en 4 grades incluant la démarche protocolaire suivante:

    Classification de Lecluse by DJO

     

    b) Diagnostic différentiel

    De manière non exhaustive, quelques pathologies seront à écarter :

    • Les lésions isolées de la syndesmose tibio-fibulaire qui risquent d’être confondue avec une lésion du ligament collatéral latéral
    • Des fractures du 5ème métatarsien ou de la malléole latérale
    • L’entorse des articulations de Chopart, Lisfranc
    • Les luxations de tendons fibulaires, assez rares

     

    LES EXAMENS COMPLEMENTAIRES

    L’imagerie demeure un élément important afin de préciser le diagnostic et suivre l’évolution de la pathologie.

    En premier lieu la radiographie peut être prescrite afin d’éliminer toute fracture (15% des cas). Ensuite vient l’échographie qui devrait être un examen fondamental pour cette pathologie. Malheureusement elle est souvent sous utilisée car demandant un matériel performant, et donc très onéreux. Enfin l’IRM ou le scanner : chacun ayant sa spécificité, pour l’étude fine des ligaments privilégier l’IRM, pour les suspicions de petites fractures le scanner jouera pleinement son rôle.

    Toutes ces indications seront le résultat d’un suivi de la classification de de Lécluse et d’une décision médicale.

     

    LE TRAITEMENT COMPLEMENTAIRE AU LASER EN FONCTION DES STADES

    a) La Rééducation 

    La rééducation se déroule classiquement en 4 phases ayant chacune des caractéristiques en fonction de la cicatrisation ligamentaire. Cette différentiation va nous permettre de moduler les paramètres du laser afin de mieux cibler son action.

    J0 à J3 Phase 1 : phase inflammatoire avec œdème fréquent.

    En premier lieu, le protocole RICE (ou GREC) doit être appliqué afin de lutter contre l’œdème, la douleur. Plusieurs techniques sont alors utilisées en complément : drainage, électrothérapie TENS, contention, cryothérapie, etc.

    J4 à J10 Phase 2 : période de prolifération précoce.

    Une phase de mobilisation articulaire douce peut s’ajouter ainsi que de la proprioception en décharge.

    J11 à J21  Phase 3 : phase de prolifération tardive.

    Cette phase permet un travail proprioceptif progressif ainsi qu’un début d’électrostimulation musculaire ou de renforcement des fibulaires (statique-concentrique-excentrique).

    J22 à J56  Phase 4 : modelage et maturation des tissus.

    C’est la phase de reprise d’activité en fonction de l’évolution et des tests effectués par la thérapeute. La proprioception spécifique devra guider la rééducation.

    Toutes ces phases sont, bien sûr, à moduler en fonction des critères d’évolution, de douleur, de récidives, etc. Chacun appliquera ses propres techniques en fonction de sa sensibilité et du patient sportif ou non.

     

    b) Les Attelles (ou orthèses)

    Une large gamme d’attelles (ou orthèses) est à votre disposition. Chaque phase doit correspondre à un type d’orthèse avec 2 objectifs : efficacité et confort. Il existe en effet des attelle spost-traumatique et des attelles de reprise d'activité, comme vous pourrez trouver dans la gamme Cheville de DJO France.

    De la phase d’immobilisation, avec cryothérapie intégrée, à la phase de reprise de sport (il convient de privilégier le confort et une tenue « proprioceptive ») en passant par les phases intermédiaires où l’orthèse doit allier tenue et mobilité.

    chevillère élastique Strapilax ChevilleDJO

     

    OBJECTIFS DE LA THERAPIE LASER

    a) Les avantages

    Le traitement laser d’une entorse de la cheville comporte plusieurs avantages :

    • Utilisation lors de toutes les phases de traitement
    • Non douloureux
    • Facilité d’utilisation
    • Rapidité de traitement (9 mn en moyenne)

    b) Les actions en fonction des phases :

    • La vascularisation (longueur d’onde de 1064 nm) permet une augmentation de la circulation entrainant à la fois la baisse de douleur et une résorption de l’œdème plus rapide. Cette caractéristique sera primordiale en phase 1.
    • L’oxygénation (longueur d’onde de 980 nm), grâce à l’oxyhémoglobine qui libère l’oxygène pour le métabolisme cellulaire, important pour la phase 2 et la suite du traitement.
    • La biostimulation (longueur d’onde de 810 nm) augmente la production d’ATP facilitant la régénération tissulaire nécessaire tout au long des phases de prolifération.

     

    LES TRAITEMENTS LASER

    a) Localisations

    Le traitement laser doit s’envisager en travaillant sur plusieurs zones distinctes :

    • Au niveau du ou des ligaments touchés et ce grâce à la technique circulaire
      Traitement anti-inflammatoire de la capsule articulaire de la cheville -mode pulsé Traitement anti-inflammatoire de la capsule articulaire de la cheville -mode pulsé
    • En périphérie de tout le complexe articulaire de la cheville, sans omettre les structures articulaires distales et les muscles fibulaires. Étant donné que la zone est assez étendue, on appliquera le laser selon la technique de balayage en s’arrêtant 1 ou 2 s sur les points exquis (Exemple : l’os naviculaire ou la tête du 5ie métatarsien)
      Traitement antalgique m. court fibulaire - mode stochastique Traitement antalgique m. court fibulaire - mode stochastique

       

    • Au niveau de la racine nerveuse des dermatomes de L4 à S2, grâce à un quadrillage court

    • Sur les points trigger des fibulaires (long, court et troisième), en technique circulaire.
      Traitement Trigger m. long fibulaire lors d'entorses de cheville - mode stochastique Traitement Trigger m. long fibulaire lors d'entorses de cheville - mode stochastique

       

    b) Pratique

    En ce qui concerne la durée, on considère classiquement que 3 applications sur des zones différentes de 3 mn chacune optimisent les résultats.

    Phase 1

     

    L’objectif premier sera de faire baisser l’œdème et la douleur afin de permettre au kiné de commencer des mobilisations au plus vite.

    Qui dit phase inflammatoire aigüe, dit mode anti-inflammatoire. Ce mode, avec un rapport cyclique de 30 %, évite tout échauffement. A ce stade, une puissance de 5 W est suffisante. Bien sûr si le patient vous décrit une douleur vive, la puissance devra être diminuée puis augmentée au fil des séances jusqu’à atteindre 5 W.

    La deuxième caractéristique de cette phase est la douleur très importante au début. Nous allons donc travailler sur 2 zones : en périphérie de l’articulation (naviculaire, scaphoïde, retinaculum des fibulaires, etc.) en fonction du bilan initial, et au niveau de la racine nerveuse L4-L5-S1. L’application du mode stochastique amplifie la libération d’endorphines et déclenche le phénomène de Gate Control.

    Un traitement quotidien, qui peut déborder sur la phase 2, est indispensable.

    Phase 2

     

    Le processus inflammatoire n’étant plus prédominent, il convient de passer d’un mode anti-inflammatoire à un mode interrompu. La puissance pourra donc évoluer passant de 5 W à 7 voir 10 W en fonction de la sensation du patient, et toujours en respectant la sensation de douleur.

    Dès cette phase, vous pouvez commencer à travailler sur les muscles fibulaires, en débutant par le mode stocastique puis en évoluant vers un mode continu si des contractures apparaissent. Vous garderez une application au niveau de la racine nerveuse.

    Appliquer une séance de laser tous les 2 jours est un bon rythme.

    Phase 3 et 4

     

    Si vous considérez qu’il reste de l’inflammation, vous continuerez le mode interrompu en augmentant votre puissance.

    Sinon vous pouvez passer au mode continue aussi bien sur la zone de traumatisme qu’à distance au niveau des fibulaires.

    Cette phase est aussi l’occasion de traiter les points trigger des muscles fibulaires en débutant à 7 W de puissance. Soit en traitant 1 mn par point trigger, soit en fonction de votre bilan sur le plus douloureux pendant 2 à 3 mn.

    Points Trigger Fibulaires

    Durant ces phases, vous pourrez traiter avec le laser en adjuvant lors de chaque séance de rééducation en fonction de votre interrogatoire de début de séance.

    Exemple : pour la douleur, il faut préférer un traitement stochastique, et pour les courbatures plutôt un mode continu, …

     

    CONCLUSION

    Ce qu’il faut retenir :

    Face à cette pathologie omniprésente dans les cabinets, le laser rempli pleinement les objectifs qui sont : baisse de l’œdème et la douleur, réparation des tissus durant les 3 phases d’inflammation, prolifération et remodelage. Adapter les réglages de l’appareil au bilan quotidien permet de cibler au mieux les effets, garantissant une meilleure guérison.

    La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé au patient de consulter un médecin.

    Pour plus d’informations sur ces appareils, cliquez ICI.

    Dispositifs médicaux de classe IIb, lire attentivement les notices avant utilisation.

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    Auteur : Bernard BONTHOUX, Osthéopathe DO, consultant Chattanooga - DJO – MKDE

    Sources / Illustrations :  DJO France

    Bibliographie: DJO France

  3. Comment traiter le syndrome douloureux régional complexe avec l'électrothérapie?

    Anciennement appelé « Algoneurodystrophie ou maladie de Südeck », le Syndrome Douloureux Régional Complexe (SDRC) est un état pathologique caractérisé par un syndrome associant des douleurs et d’autres symptômes touchant typiquement une extrémité après un traumatisme ou une intervention chirurgicale même minime. Le SDRC touche plus les femmes que les hommes (3 à 4 femmes pour 1 homme).

    Il se développe le plus souvent dans les semaines qui suivent un traumatisme ou un accident vasculaire cérébral. Le traitement doit être précoce. L’évolution est souvent longue mais le pronostic favorable dans environ 75% des cas. On retrouve fréquemment associé à la douleur, l’œdème, des troubles trophiques, la raideur articulaire, des troubles vasomoteurs, une hypersudation.

    Avant les années 2000, on attribuait l’ensemble de ces manifestations au dérèglement du système sympathique. On admet désormais que sa responsabilité se limite au maintien de la douleur et aux troubles vasomoteurs. Les études menées depuis considèrent que nous sommes en présence d’une réaction inflammatoire (pic de cytokine) disproportionnée par rapport à la lésion initiale.

    La rééducation se concentrera sur la restauration fonctionnelle en luttant activement contre la douleur et l’enraidissement articulaire. Grâce aux programmes antalgiques et plus précisément la TENS*, l’électrothérapie trouvera une place de choix dans le traitement de la douleur.

     

    ZOOM SUR LA MODALITE TENS

    Avant de développer le protocole d’électrothérapie pour le SDRC, il n’est pas inutile de faire un rappel sur le TENS et ses modalités d’application. La TENS ou Gate Control* a été mis en évidence par MELZACK et WALL dans les années soixante. Le terme TENS est un anglicisme issu de « Transcutaneous Electrical Nerve Stimulation » traduit en français par Neurostimulation Electrique Transcutanée. Cela désigne une méthode de soulagement de la douleur réalisée à l’aide d’un appareil délivrant un courant électrique transmis à travers la peau par des électrodes autocollantes positionnées sur la peau. Il cible la stimulation des fibres nerveuses Aβ (fibres de la sensibilité superficielle ou tact fin).

    Comment fonctionne le TENS ?

    Les principes du TENS sont très simples. La douleur afférente, remonte au cerveau par la corne postérieure de la moëlle épinière, seul accès commun pour toutes les informations sensitives.

    En provoquant des stimulis, paresthésies sous forme de fourmillements ou picotements sur la zone douloureuse par l’intermédiaire d’électrodes de surface, le programme TENS va bombarder la corne postérieure de ces informations et shunter le message douloureux ou l’atténuer. C’est la théorie du Gate Control. On ferme la porte d’entrée aux afférences douloureuses.

     

    L’effet de la TENS « Gate Control » est donc le soulagement de la douleur par réduction du nombre d’informations nociceptives capables de rejoindre les structures centrales.

    De façon théorique, cet effet antalgique est obtenu rapidement voire instantanément, mais cesse dans les mêmes conditions dès la fin de l’arrêt de la stimulation. Dans la pratique, il n’en est pas toujours ainsi, certaines douleurs peuvent parfois n’être soulagées qu’après une quinzaine ou vingtaine de minutes de stimulation de type TENS. De la même façon, la douleur ne réapparaît pas dès l’arrêt du traitement, mais après une durée variable de quelques minutes à plusieurs heures.

     

    Caractéristiques du TENS – Paramètres Electriques

    La durée d’impulsion moyenne de la fibres nerveuse Aβ appelée « Chronaxie » est de 50µs.

    Sur le dessin ci-dessous, vous trouverez la forme de l’impulsion rectangulaire, biphasique, compensée et symétrique. Ce type d’impulsion va permettre de travailler même sur du matériel d’ostéosynthèse sous-jacent.

    Les fréquences utilisées varient de 80HZ à 100HZ.

    Les programmes TENS se présentent sous deux formes, paramètres fixes et paramètres variables (les largeurs d’impulsion et les fréquences varient tout au long du soin). Les deux sont aussi efficaces, il faut juste trouver celui qui conviendra au patient.

     

    Programmes aux Paramètres Fixes

    • TENS 1 ou Hyperalgique dont la largeur d’impulsion est de 30µs
    • TENS 2 ou Classique largeur de 50µs
    • TENS 3 ou puissant largeur de 70µ
    • TENS 80HZ largeur 180µs

    Programmes aux Paramètres Variables

    • TENS modulé fréquence variation entre 50 et 150HZ
    • TENS modulé largeur variation entre 70 et 180µs

     

    POURQUOI LA TENS EST LE TRAITEMENT DE CHOIX DU SDRC ?

    Cette pathologie mérite un éclairage particulier puisque la TENS a un mode d’action complémentaire qui est tout à fait intéressant.

    En effet, les fibres Aβ sont inhibitrices du système orthosympathique dont l’hyperactivité est responsable de la vasoconstriction et de la douleur ainsi que de son cortège de conséquences délétères qui résultent de cette situation.

    Il est tout à fait essentiel de limiter la stimulation aux seules fibres Aβ en utilisant des durées d’impulsions de très courtes durées (30 µs – programme TENS Hyperalgique du neurostimulateur transcutané de DJO France) pour ne pas risquer de stimuler d’autres fibres nerveuses pouvant au contraire activer le système orthosympathique.

    Appliquer un TENS sur un patient souffrant d’une algoneurodystrophie permet donc d’agir à deux niveaux :

    • Soulager la douleur en limitant la transmission des informations nociceptives
    • Inhiber l’hyperactivité du système nerveux orthosympathique.

    C’est une action bénéfique qui n’est pas seulement palliative.

     

    REGLES PRATIQUES DU TENS DANS LE SYNDROME DOULOUREUX REGIONAL COMPLEXE

    Choix du programme

    Les appareils proposent plusieurs programmes TENS. Lequel choisir ?

    Il faut utiliser en priorité le programme à paramètres fixes dit « Hyperalgique”. Pourquoi ?

    Il présente les paramètres électriques les plus confortables (largeur d’impulsion minimale).

    Il s’adresse aux personnes particulièrement sensibles ce qui est le cas chez les patients atteints par le SDRC. Ne pas oublier que ce syndrome présente une forte douleur locale et que toute autre stimulation pourrait être ressentie comme agressive et provoquer un effet contraire à celui recherché au départ.

    Il est possible également de choisir la TENS à paramètres variables dit “modulé”.

     

    Placement des électrodes

    Il présente une particularité par rapport au positionnement classique de la TENS.

    Tout d’abord, il faut placer deux ou quatre grandes électrodes si possible sur la région douloureuse. Le nombre et la taille des électrodes dans ce placement sera fonction de la morphologie du patient.

    Ensuite, il faudra placer deux petites électrodes obligatoirement sur le tronc nerveux en amont de la douleur et accessible selon la pathologie :

    SDRC de l’épaule tronc nerveux situé au niveau du creux sus claviculaire
    SDRC du poignet/main/coude tronc nerveux situé au niveau du creux axillaire
    SDRC du genou tronc nerveux situé au niveau du pli inguinal
    SDRC du cheville/pied tronc nerveux situé au niveau du creux poplité

     

    Exemple de positionnement classique pour un SDRC du poignet Exemple de positionnement classique pour un SDRC du poignet

    Réglage des intensités

    Compte tenu du placement des électrodes décrit ci-dessus, on va donc utiliser au moins deux canaux pour réaliser son traitement.

    • 1, 2 ou 3 canaux pour la zone douloureuse
    • 1 canal obligatoirement sur le tronc nerveux correspondant

    Il faut impérativement monter d’abord les intensités sur le canal où sont placées les électrodes du tronc nerveux.

    Plus les intensités s’élèvent sur ce canal, plus le patient perçoit des fourmillements qui courent le long de son trajet nerveux. Dès la perception de paresthésies (fourmillements) au niveau de la zone douloureuse, on arête définitivement de monter les intensités sur ce canal.

    Une fois le réglage précédent effectué, on passe au réglage du ou des autres canaux.

    On monte les intensités jusqu’à percevoir des paresthésies (fourmillements) sous les électrodes de la zone douloureuse.

    Si on change l’ordre d’installation des intensités, lors du réglage du canal tronc nerveux, il sera difficile au patient de ressentir le fourmillement au niveau de la zone douloureuse car on sera déjà en présence de picotements liés au réglage des autres canaux.

    Attention : la TENS est une stimulation exclusivement sensitive. Si on augmente trop l’intensité, il est possible de déclencher une contraction musculaire. Cela est fortement contre-indiqué dans le SDRC car il y a un gros risque de générer une réponse inflammatoire.

    Pour éviter une telle réaction, les appareils commercialisés par la division Rééducation de DJO France présentent une technologie avancée appelée Technologie Muscle Intelligence Mi-TENS.

     

     

    Fréquence des séances

    Comme dans la majorité des traitements d’électrostimulation antalgiques, il est nécessaire de proposer au moins 4 à 5 séances par semaine.

    Ceci est encore plus vrai dans le traitement du SDRC. On conseille un soin si possible tous les jours.

    La durée du traitement est variable et fonction du patient. Tant que les douleurs type inflammatoires persistent en journée et/ou la nuit, on doit poursuivre le TENS.

    La TENS peut être appliquée une ou plusieurs fois par jour. A noter que la durée de la stimulation est de 20 minutes.

     

    Position du patient

    Le patient doit être dans la position la plus confortable possible. S’il s’agit d’une première fois pour lui, rassurez-le en lui indiquant que la TENS n’est pas un traitement désagréable et contraignant.

     

    CONCLUSION

    Ce qu’il faut retenir :

    • SDRC = réaction inflammatoire +++
    • Le choix du programme est important : TENS Hyperalgique
    • Le placement des électrodes est primordial, un canal sur le tronc nerveux
    • Traitement quotidien si possible, au moins 4 à 5 séances par semaine

     

    La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé au patient de consulter un médecin.

    Pour plus d’informations sur la solution thérapeutique proposée, rendez-vous sur notre site internet dédié www.cefartens.fr.

     

    *TENS :  Transcutaneous Electrical Nerve Stimulation

    *Gate Control: Contrôle de la douleur

     

    Auteur : Thierry SERENARI, Kinésithérapeute du Sport (Versailles) - Consultant Chattanooga/DJO pour l’Electrothérapie.

    Sources / Illustrations :  DJO France

    Bibliographie:

    • Etude: 5. Bilgili A, et al, 2016 The effectiveness of transcutaneous electrical nerve stimulation in the management of patients with complex regional pain syndrome: A randomized, double-blinded, placebo-controlled prospective study. J Back Musculoskelet Rehabil. 2016 Nov 21;29(4):661-671. 2016 Bilgili A, Çakır T, Doğan ŞK, Erçalık T, Filiz MB, Toraman F
    • The effectiveness of transcutaneous electrical nerve stimulation in the management of patients with complex regional pain syndrome: A randomized, double-blinded, placebo-controlled prospective study. Bilgili A, Cakir T, Dogan SK, Ercalik T, Filiz MB, Toraman F - Journal of Back and Muskulusketal Rehabilitation, Nov 2016.

     

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  4. Intérêt des Ondes de Choc Radiales dans le traitement des aponévrosites plantaires

    pa aponévrosite plantaire

    La souffrance de l’aponévrose plantaire ou du court fléchisseur plantaire survient en général chez les sportifs pratiquant la course et les sauts. Son diagnostic est avant tout clinique. L’échographie et l’IRM élimineront les nombreux diagnostics différentiels.

    Le traitement, essentiellement rééducatif comprendra des Ondes de Choc Radiales, qui utilisées à bon escient, permettront d’améliorer le processus de cicatrisation et dans de nombreux cas et d’accélérer la reprise sportive.

     

    ANATOMIE FONCTIONNELLE ET PHYSIOPATHOLOGIE

    L’aponévrose plantaire est constituée de fibres longitudinales tendues du tubercule postéro-interne de la face inférieure du calcanéum à la face plantaire des articulations métatarso-phalangiennes.

     

    Triangulaire à base antérieure, elle comprend 3 parties (interne, moyenne et externe) auxquelles sont annexées en profondeur les muscles intrinsèques du pied.

    L’aponévrose plantaire fait partie du système Suro-Achilléo-Calcanéo-Plantaire (SACP) et assure un rôle de transmission des forces du triceps sural vers les orteils.

    Certains facteurs biomécaniques tels que des troubles statiques de l’arrière-pied, une surcharge pondérale favorisent l’apparition d’aponévrosites plantaires.  D’autres facteurs comme des chaussures non adaptées et/ou des activités sportives mal conduites pourront aggraver la pathologie.

    Cette pathologie touche en général 2 types de patients :

    • Les personnes de 50 - 60 ans avec une surcharge pondérale
    • Les sportifs pratiquant la course à pied ou des sports de sauts (basket-ball, handball, volley- ball, etc.) possédant un pied creux ou plat.

    BILAN DIAGNOSTIC

    Interrogatoire

    Le patient se plaint de douleurs localisées sous le talon (infra-calcanéenne), irradiant parfois l’avant le long de l’arche interne. (fig.2)

    Ces douleurs d’apparition progressive s’installent sur un intervalle de plusieurs semaines.

    Elles sont de type mécanique : augmentées en station debout, à la marche, lors de la montée des escaliers et soulagées par le repos.

    Dans les premiers temps, ces douleurs diminuent après un échauffement, mais elles peuvent devenir plus sévères, voire constantes et même entrainer une boiterie.

    Parfois, le patient décrira avoir la sensation d’un « clou planté dans le talon ».

    Fig. 2 : dissection cadavérique : aponévrose plantaire Fig. 2 - aponévrose plantaire (dissection cadavérique)

     

    Examen clinique

    La palpation et la mise en tension de l’aponévrose plantaire et des orteils déclenche une douleur exquise. (fig : 3)

    Fig. 3 - Mise en tension de l’aponévrose plantaire et repérage minutieux son insertion calcanéenne

     

    ATTENTION : Une douleur siégeant 1 ou 2 travers de doigts au-dessus de l’insertion peut être le signe d’une rupture partielle de l’aponévrose qui contre-indiquerait le traitement par ODCR (fig. 4).

    Le point vert indique une insertion de l’aponévrose plantaire et le point rouge, siège habituel des ruptures de l’aponévrose plantaire.

    La palpation des chaînes myofasciales postérieure et externe (SACP ; ischio-jambiers ; fessiers) recherchera d’éventuelles adhérences myofasciales et/ou Trigger Point qu’il sera nécessaire de traiter également.

     

    Un bilan postural à la recherche d’éventuelles troubles statiques ou dynamiques favorisants complètera l’examen clinique.

    Examens complémentaires

    Radiographie
    • Permet de mieux visualiser les troubles statiques (pied creux, pied plat, varus ou valgus calcanéen…)
    • Peut mettre en évidence une « épine calcanéenne ». Cette épine calcanéenne ne représente pas l’élément responsable de la douleur aigue, mais reflète indirectement des phénomènes de tractions chroniques et prolongées sur les insertions de l’aponévrose plantaire et du muscle cour fléchisseur des orteils.
    • Elimine une fracture de fatigue du calcanéum, un ostéochondrose, etc.
    Echographie
    • Utilisée par des mains expertes, elle permet d’éliminer, une bursite, un hématome, et surtout une rupture aponévrotique récente ou une désinsertion partielle de l’aponévrose.
    IRM
    • Si besoin, elle permet d’éliminer toute incertitude diagnostique (rupture partielle d’aponévrose plantaire).

     

    Diagnostics différentiels 

    • Rupture de l’aponévrose plantaire
    • Fracture de fatigue du calcanéum
    • Talonnade
    • Talalgie en couronne
    • Syndrome tronculaire du nerf calcanéen
    • Spondylarthropathie

     

    TRAITEMENT

    Le traitement se veut avant tout rééducatif.  Il comporte une association Ondes de Choc Radiales-Kinésithérapie, complétée par une diminution des sollicitations mécaniques.

    Ondes de Choc Radiales

    Avant de débuter tout traitement, il est nécessaire d’effectuer un examen clinique précis afin de poser un diagnostic kinésithérapique et de vérifier l’absence de contre-indication.

    Le Traitement R-PW s’effectue en fonction du bilan clinique+++:

    • Soit en Traitement local isolé
      • Ondes de Choc Radiales sur insertion aponévrose plantaire R040 – DI15
      • Activation musculaire D20 – D 35 + vibration sur mollet V-Actor
    • Soit en Traitement global si douleur myofasciale associée
      • Traitement Myofascial + Trigger Point
      • Travail spécifique sur l’insertion de l’aponévrose plantaire

    Le traitement par Ondes de Choc Radiales doit être expliqué au patient afin de l’impliquer et de minimiser ses craintes éventuelles (douleurs).

    Si Traitement local isolé :

    • Il comprend en général 5 à 6 séances espacées de 6 à 7 jours.
    • L’évaluation des résultats s’effectue à l’issue de la 3ème séance, de la 6ème séance et 6 semaines après la dernière séance (délais de cicatrisation).
    • Position : soit en décubitus dorsal (fig : 5), soit en décubitus ventral (fig : 6) avec mise en tension de l’aponévrose plantaire. Cette 2ème position peut être utilisée en cas de douleurs myofasciales et Point Trigger au niveau de la chaine postérieure associée.
    • Application Ondes de Choc Radiales au niveau de l’insertion de l’aponévrose plantaire sur le calcanéum : fréquence 9 - 10 Hz; pression 2,2 à 2,8 bars ; 2000 chocs ; pression manuelle appuyée.
    Fig.5 : Position 1 décubitus dorsal

     

    Fig.6 : Décubitus ventral

     

    En cas de douleur myofasciale et Trigger Points associés à la lésion tendineuse:

    • Le traitement par Ondes de Choc Radiales sera adapté au bilan réalisé au préalable
    • Il débute systématiquement à distance de la zone douloureuse
    • Le choix de l’applicateur dépend de la zone à traiter.
    • Le traitement des points trigger est systématiquement associé :
      • Soit à l’applicateur D-Actor : (fig :7 ; fig :8)
        • Ondes oscillantes
        • Pas de microlésions mais effet thermique
        • Technique de smoothing ou de stamping
        • Fréquences les plus adaptées 15Hz – 20Hz
    Fig.7: D-Actor smoothig sur IJ
    Fig.8: D-Actor stamping sur triceps sural
    • Soit à des applicateurs spécifiques tels que Peri-Actor ou Spine-Actor qui:
      • Permettent de traiter de façon adaptée les différents fascias aussi bien superficiels que profonds, et paravertébraux
      • Ne doivent être utilisés qu’à des pressions inférieures à 3 bars
      • La fréquence permettant la meilleure réponse des tissus est de 17 Hz +/- 2 Hz
    • 1er : Chaîne myofasciale: (fig.9 ; fig.10 ; fig.11)
      • Fessiers ; Ischio-jambiers ; Tenseur Fascia Lata ; Jumeaux interne, externe; soléaire ; Fascia plantaire
      • Scrapper ou Knuckle : 0,8 – 3 bars ; 17 - 21 Hz ; 3 – 5 passages
    Fig.9 - Knucke sur IJ
    Fig.10 - Scrapper sur fascia mollet
    Fig.11 - Knuckle sur la plante du pied

     

    • 2ème : Trigger Points:
      • Sphère ou D-Actor ; 0,3 – 3 bars ; 13 Hz ; 500 coups ; Points spécifiques

     

    • 3ème : Traitement de l’aponévrosite en mode Habituel : (fig.12)
    Fig.12 - R040 sur insertion aponévrosite

     

    • 4ème : Vibrations (fig.13 ; fig.14 ; fig.15)

    Un massage décontracturant par infrasons (applicateur V-Actor) effectué au niveau de la chaine postérieure (Ischio-jambier + SACP) complètera le traitement - fréquence 30 à 35 Hz ; pression 2,4 à 3 bars ; 2500 à 3500 chocs

    Fig.13 - Vibrations sur IJ
    Fig.14 - Vibrations sur mollet
    Fig.15 - Vibrations sur plante du pied

     

    Kinésithérapie associée

    Les Ondes de Choc Radiales peuvent être utilisées soit seules et/ou en complément d’autres techniques rééducatives.

    Dans le cadre du traitement de l’aponévrosite plantaire, certaines techniques peuvent être effectuées avant l’application d’Ondes de Choc Radiales:

    • Normalisations articulaires (pied, cheville, genou, hanche, bassin).
    • Etirements manuels et/ou auto-étirements de la chaine post de cuisse, du SACP (jumeaux, soléaire, muscles intrinsèques du pied, aponévrose plantaire).
    • Renforcement musculaire excentrique lent du triceps sural.

    D’autres techniques pouvant potentialiser l’action des Ondes de Choc Radiales suivront l’application de celles-ci:

    • Association ODCR - couplage (ODCR + infrasons)
    • Electrothérapie (courants de capillarisation)
    • Massages décontracturants des muscles intrinsèques du pied, du SCAP.

    Diminution des sollicitations mécaniques :

    • Prescription de talonnettes amortissantes (diminue les microtraumatismes) et sur élévation du talon (diminue les contraintes mécaniques sur la chaine postérieure).
    • En cas de troubles statiques, prescription d’une orthèse plantaire.
    • Si sportif : réduire les heures d’entrainement (ou arrêt complet).
    • Si non sportif : diminuer les distances de marche, éviter au maximum les stations debout prolongées.

     

    CONCLUSION

    Dans le traitement des aponévrosites plantaires, les Ondes de Choc Radiales constituent une technique de choix validé par de nombreuses études.

    Il s’agit d’un traitement non invasif, limité dans le temps, comportant peu d’effets secondaires et ne nécessitant que très rarement l’arrêt sportif.

    Il ne s’agit pas d’un traitement exclusif, mais d’une thérapie qui peut être utilisée soit seule en début de cycle rééducatif, soit entre 2 séances de rééducation classique, soit en complément d’une séance de kinésithérapie.

    L’adjonction de techniques vascularisantes, type massage circulatoire, infra-sons, stimulation à visée vasculaire (capillarisation), potentialiserait les effets bénéfiques des Ondes de Choc Radiales.

    La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.

    Pour plus d’informations sur les ondes de choc radiales, cliquez ICI.

    www.chattanoogarehab.fr

    Auteur : Thierry ALLAIRE, Kinésithérapeute du Sport – MKDE Le Havre

    Consultant Chattanooga/DJO pour les Ondes de Choc.

    Sources / Illustrations : Thierry Allaire, DJO France

    Bibliographie :

    • Ludger Gerdesmeyer and coll. Radial extracorporeal shock wave therapy is safe and effective in the treatment of chronic recalcitrant plantar fasciitis.AJMS : 06-2009.
    • Ibrahim and al: Chronic Plantar Facilitis treated with 2 sessions of Radial Extracorporel Shock wave Therapy – Ankle int 2010
    • Mahmoud I and coll : Chronic Plantar Fasciitis Treated with two sessions of Radial Extracorporeal Shock Wave Therapy ; American Ortho Foot and ankle internationnal 2010 p 361-397
    • Rozenblat M : Ondes de choc radiales et neurocryostimulation pour le traitement des tendinopathies. JTS : 07-2010.
    • Di Palma E : Intérêt de la combinaison ondes de choc radiales etinfrasons dans les douleurs myofasciales . Profession Kiné n°13 p 11-14
    • De Labareyre H : Que penser des ondes de choc dans le traitement des lésions tendino-musculaires en 2011 ? JTS : 01-2011.
    • Gleitz M : Myofacial Syndromes and trigger point. 2011 – Level 10
    • Allaire T : Therapie par ondes de choc : Utilisation en kinésithérapie. Kiné actualité n°1306 2013  p 17-22
    • Allaire T, Tassery F : Ondes de Choc Radiales : applications pratiques au niveau des membres inférieurs. Profession kiné n°42 2014
    • Kisch, T; Wuerfel, W; Repetitive shock wave therapy improves muscular microcirculation. J Surg Res. 2016 Apr;201(2):440-5.
    • Malliaropoulos, N and coll: Succès and Recurrence Rate after Radial Extracorporeal Shock Wave Therapy for     Plantar Fasciopathy:  A Retrospective Study - Biomed Res Int. 2016;2016:9415827 – 2016
    • BecK and al : Fascia treament with shock waves. 2017 – Level 10
    • Ibrahim and al : Long term Result of radial extracorporeal Shovk Wave Treatment for Chronic Plantar Fasciopathy : a prospective, randomized, placebo-controlled trial wiht two years follow-up – Journal of Orthopeadic Research - July 2017
  5. Intérêt de l'électrostimulation neuromusculaire dans la rééducation des insuffisances respiratoires et cardiaques

     

    Les formidables avancées technologiques de ces dernières années associées à une connaissance sans cesse croissante de la physiologie neuromusculaire ont permis à l'électrothérapie de s'imposer parmi les techniques de choix lors des stratégies de récupération de la fonction musculaire.

    Si la possibilité d'exciter les nerfs moteurs au moyen d'impulsions électriques est réalisable depuis de nombreuses années, l'efficacité de la technique n'est réellement démontrée que depuis l'utilisation d'impulsions optimales permettant de limiter les quantités de charges électriques appliquées, aux seuils nécessaires et suffisants. (loi du tout ou rien).

     

    ZOOM SUR LA MODALITE

    L'électrostimulation neuromusculaire (ESNM) est ainsi devenue une technique sûre (plus de risque de brûlure, plus de contre-indication pour les implants métalliques) et confortable, à condition toutefois qu'elle soit réalisée avec du matériel de haute technologie comme les électrostimulateurs de DJO France permettant de disposer de courants de stimulation d'une qualité irréprochable.

    En effet, seuls de tels courants permettent d'utiliser des intensités de stimulation élevées garantissant un recrutement spatial significatif, c'est-à-dire capable d'imposer du travail à un nombre important de fibres musculaires, seules aptes à progresser.

    Dans le domaine de la rééducation, l'ESNM a d'abord fait ses preuves pour le traitement ou la prévention des amyotrophies par non ou sous-utilisation, comme l'attestent de nombreuses études (Delitto A, Matthew C …) mettant toutes en évidence les bénéfices obtenus par les patients des groupes expérimentaux qui ont utilisé l'électrostimulation.

    L'intérêt majeur de la technique est de pouvoir imposer aux muscles stimulés, des quantités de travail considérables puisque non limitées par la fatigue centrale et le stress cardio-vasculaire, comme c'est le cas lors des exercices volontaires.

     

    LES AVANTAGES DE L'ELECTROSTIMULATION EN CAS D'INSUFFISANCE RESPIRATOIRE OU CARDIAQUE

    C'est dans ce contexte particulier que des auteurs de plus en plus nombreux (Zanotti E, Maillefert JF, Quittan M…) ont utilisé l'ESNM chez des patients atteints d'insuffisance respiratoire ou cardiaque.

    En effet, si l'appauvrissement de l'apport en oxygène d'origine respiratoire ou cardiaque, est l'un des facteurs responsables du syndrome de déconditionnement, le tissu musculaire est victime de sévères altérations se traduisant par : une altération des fibres lentes de type I, une diminution de l'activité des enzymes oxydatives ainsi qu'une réduction du réseau des capillaires intra musculaires (Maltais F, Jakobsson P). Une atrophie musculaire sévère a ainsi été mise en évidence (Maltais) chez 30 à 40 % des patients atteints d'une BPCO.

    A un stade avancé, les patients se trouvent dans l'incapacité d'accomplir des tâches quotidiennes simples telles que la marche, la toilette ou les tâches ménagères et voient ainsi leur qualité de vie se dégrader.

    Le réentraînement à l'effort mettant principalement l'accent sur le développement de l'aptitude aérobie est aujourd'hui largement préconisé (Casaburi R, Lacasse Y), puisqu'il permet d'améliorer l'efficacité cardio-respiratoire et les capacités oxydatives musculaires.

    Toutefois, cette réhabilitation est souvent difficile à mettre en œuvre, notamment chez les patients atteints de formes sévères, présentant une dyspnée au repos et une perte de masse musculaire importante, rendant les exercices volontaires difficilement tolérables.

    L'ESNM est donc une stratégie alternative particulièrement intéressante pour ces patients et a démontré une efficacité très significative :

    • Bourjeily G : augmentation de la force des quadriceps de +39% (vs 14% pour le groupe control) chez des patients BPCO (6 semaines d'ESNM)
    • Quittan M : augmentation de la force des quadriceps de +23% (vs - 8% pour le groupe control) et augmentation de volume de + 15% chez des patients atteints d'insuffisance cardiaque sévère. (8 semaines d'ESNM)
    • Tsang G.M.K : augmentation de 44% du périmètre de marche chez des patients atteints d'insuffisance artérielle (4 semaines d'ESNM).

     

    CONCLUSION

    L'électrostimulation neuromusculaire est une technique de renforcement musculaire particulièrement bénéfique pour des patients présentant une incapacité à l'effort et donc peu capables de réaliser des exercices volontaires en quantité satisfaisante. Cette technique ne doit pas se substituer aux autres techniques de rééducation et doit être intégrée dans une prise en charge globale du patient.

    Pour être efficace, l'ESNM doit nécessairement être réalisée avec des courants électriques de très haute qualité dont les électrostimulateurs de DJO France constituent la référence, et seuls capables d'induire des contractions musculaires puissantes et confortables.

     

    La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.

    Pour plus d’informations sur les solutions thérapeutiques proposées, cliquez ICI.

     

    Auteur : DJO FRANCE – décembre 2020

    Sources / Illustrations :  DJO France

    Bibliographie:

    • Delitto A.,Rose S.J., and al. (1988). "Electrical stimulation versus voluntary exercise in strengthening thigh musculature after anterior cruciate ligament surgery." Phys Ther 68(5): 660-3.
    • Matthews C, Morrissey MA and al. "The effects of electrical stimulation on the quadriceps during postoperative knee immobilization" Am J Sports Medicine 13(1): 40-5
    • Zanotti, E., G. Felicetti, and al. (2003). "Peripheral muscle strength training in bed-bound patients with COPD receiving mechanical ventilation: effect of electrical stimulation." Chest 124(1): 292-6.
    • Maillefert, J. F., J. C. Eicher, and al. (1998). "Effects of low-frequency electrical stimulation of quadriceps and calf muscles in patients with chronic heart failure." J Cardiopulm Rehabil 18(4): 277-82.
    • Quittan, M., A. Sochor, and al. (1999). "Strength improvement of knee extensor muscles in patients
    • with chronic heart failure by neuromuscular electrical stimulation." Artif Organs 23(5): 432-5.
    • Maltais F., Simard A.A, and al (1996) "Oxydative capacity of the skeletal muscle and lactic acid kinetics during exercise in normal subjects and in patients with COPD" Am J Respir Crit Care Med 153: 288-93
    • Jakobsson P and al (1995) "Metabolic enzyme activity in the quadriceps femoris muscle in patients with severe COPD" Am J Respir Crit Care 151: 374-77
    • Casaburi R and al (1997) "Physiologic effects of exercise training in rehabilitation of patients with severe chronic obstructive pulmonary desease" Am J Respir Crit Care 155: 1541-51
    • Lacasse Y and al (1996) "Meta-analysis of respiratory rehabilitation in chronic obstructive pulmonary desease" Lancet 26:348(9035): 1115-9
    • Bourjeily G and al (2002) "Randomised controlled trial of transcutaneous electrical muscle stimulation of the lower extremities in patients with chronic obstructive pulmonary desease" Thorax 57: 1045-49
    • Tsang, G. M.and al (1994). "Chronic muscle stimulation improves ischaemic muscle performance in patients with peripheral vascular disease." Eur J Vasc Surg 8(4): 419-22.

     

  6. Lésions musculaires : en quoi la thérapie Laser est-elle un vrai plus en rééducation?

     

    Chaque praticien, spécialisé dans le sport ou non, reçoit régulièrement dans son cabinet des patients pour des lésions musculaires. La prise en charge, quelle que soit la phase, aura deux objectifs : un retour au plus vite à la situation initiale (muscle apte à assurer sa fonction normalement) et éviter le processus d’aggravation. Face à cette pathologie, nous allons voir que le laser convient pour les différentes étapes du processus.

    En déroulant les 5 phases de lésions musculaires (découpage non exhaustif) et en adaptant le mode d’admission du laser, le thérapeute gagnera en délais de guérison.

    Dans cet article, nous ne traiterons que les lésions intrinsèques du muscle, qui sont des lésions où la résistance de la structure musculaire est dépassée. Et non pas les lésions extrinsèques qui sont un écrasement du tissu musculaire contre la structure osseuse (contusion).

     

    LES STADES DE LESION

    Les stades qui vont de la contracture à la déchirure méritent que l’on s’attarde un peu sur les processus et les différentes phases qui entraînent une modification du traitement. Nous traiterons donc le sujet en découpant, de façon arbitraire, les lésions musculaires pour en adapter le traitement laser. (1)

     

    EPIDEMIOLOGIE

    Selon plusieurs études et cohortes, on sait qu’en fonction du sport, le taux de lésion musculaire varie de 10 à 55 %.

    Elle touche principalement les hommes (90%) et les membres inférieurs (90%).

    Par ordre de fréquence, on retrouve les ischios-jambiers (37%), les adducteurs (23%), les quadriceps (19%) et enfin le triceps sural (13%).

    Un facteur est à prendre en compte, le taux de récidive qui est évalué à 16%. (2)

     

    PREAMBULE

    Avant de traiter ces pathologies, un check-up périphérique est important :

    • Voir s’il n’y pas de fatigue supplémentaire,
    • Voir s’il n’y a pas une mauvaise hygiène de vie,
    • Vérifier la boisson ainsi que tous les sels minéraux,
    • Voir s’il n’y a pas un manque d’étirements,
    • Vérifier les axes du membre inférieur, du rachis et la statique de l'ensemble du corps, le type de chaussures, en somme tous ces éléments qui sont souvent en cause dans le processus de lésion musculaire des membres inférieurs.

     

    ANAMNESE ET CLINIQUE

    La contracture : c’est une accumulation de toxines dans le muscle. L’organisation structurale du muscle n’est pas touchée, les lésions se limitent à la fibre musculaire. La douleur est souvent difficile à repérer car elle arrive progressivement, entre 6 et 48 heures, et ne produit pas de gêne significative.

     

    L’élongation : d’arrivée brutale, elle oblige à l’arrêt de l’activité. Il y a parfois une déchirure de quelques fibres musculaires. Aucune douleur au repos, mais celle-ci se révèle dès que l’activité s’amplifie. L’examen permet de déceler une douleur localisée souvent lors de l’étirement.

     

    La déchirure : la survenue est toujours brutale (coup de poignard), ne permettant pas la poursuite d’activité. On retrouve en général un œdème avec souvent un saignement au niveau de la déchirure. La palpation permet de mettre en évidence une douleur importante et très localisée, le ballotement musculaire est faible et douloureux, les tests sont tous douloureux.

     

    La rupture : survenue brutalement avec l’apparition rapide d’un œdème, une encoche musculaire et progressivement une tension de tout le muscle.

     

    LES EXAMENS COMPLEMENTAIRES 

    Ils sont principalement de deux ordres et, même si l’examen clinique est généralement suffisant, l’échographie ou l’IRM permettent de confirmer la lésion ainsi que le stade :

    L’échographie, avec un défaut : elle est opérateur dépendant. Certains clubs, comme le FC Barcelone au foot, attendent 48 heures avant de faire cet examen car ils estiment que l’examen n’est pas assez précis avant.

    L’IRM, qui permet de mieux visualiser les muscles profonds, facilite elle aussi la prise de décision concernant les délais de reprise du sport. C’est un examen qui peut être effectué à tout moment. (3)

     

    TRAITEMENT PAR LA THERAPIE LASER 

    Rappel physique

    Bien traiter, c’est aussi avoir en tête l’action sur les tissus en fonction des longueurs d’onde, résumée sur le schéma suivant :

     

    La contracture

    Afin de bien caractériser la contracture, il est important de vérifier plusieurs signes palpatoires : le cordon musculaire douloureux et parfois une douleur à l’étirement. Étant donné que la contracture correspond à une asphyxie du muscle, l’utilisation du laser se fera principalement en visant l’action photochimique (vers 980 nm). C’est à dire la libération d’oxygène au niveau du tissu musculaire ainsi que la vascularisation (vers 1064 nm). Il est important de cibler la zone la plus touchée, mais également les insertions tendineuses qui sont sollicitées.

    Dans le réglage de votre laser, privilégiez la profondeur musculaire(4) en ayant des puissances élevées, l’action anti-inflammatoire est souvent nécessaire au début (émission interrompue avec un rapport cyclique de 30% environ). On sait en effet que suite à l’exercice, des microlésions se sont créées entraînant un processus inflammatoire qui suit l’atteinte des fibres. Puis vous évoluerez vers des temps d’émission de plus en plus faibles pour arriver sur un mode continu (échauffement des tissus).

    En général deux à trois séances suffisent dans les deux à quatre jours qui suivent les premiers signes. Elles peuvent s’effectuer en parallèle de l’entrainement, au début après la séance puis ensuite avant la séance afin de préparer le muscle à l’effort.

     

    L’élongation musculaire 

    Dans ce cas nous n’avons pas de saignement, d’hématome ou d’ecchymose. Généralement nous avons une douleur sur toute la longueur du muscle qui persiste au repos. Ici la douleur est souvent plus localisée, à la différence de la contracture. L’échographie n’est pas spécialement indiquée dans ce cas, car elle ne fait pas mieux que l’examen clinique.

    Tout le muscle étant touché dans sa longueur, il est souvent judicieux de prendre une tête de laser plus large pour balayer une plus grande surface. Dans ce cas, nous appliquerons un temps de traitement plus long ou des puissances plus élevées afin de délivrer la même quantité d’énergie, en s’appuyant sur les formules suivantes :

    E (Énergie) = P (Puissance) x T (Temps)

    DE (Densité Énergie) = E x S (Surface)

    Pour l’élongation, le protocole laser se rapproche de celui de la contracture mais avec une phase anti-inflammatoire souvent plus longue, avant de passer sur un mode interrompu. Durant cette première partie de traitement, la biostimulation (vers 810 nm) va permettre une meilleure régénération des tissus en augmentant la production d’ATP.

    Cette phase est délicate à traiter chez certains sportifs car la douleur diminue rapidement et ils veulent repartir au sport. Votre rôle sera donc de les freiner avec un repos total de deux à six jours. Vous pouvez profiter de cette période de repos pour faire des séances quotidiennes (cinq) de laser, avant de passer à trois puis deux séances par semaine.

     

    La déchirure

     

    Dans la déchirure, il est important de connaître les phases citées ci-dessus mais pour le traitement laser, il est préférable de découper notre action en deux phases. Charge à vous de moduler en fonction de l’évolution.

    • Une première avec œdème, douleur et généralement saignement. L’échographie nous montre une désorganisation de l’architecture musculaire avec perte d’alignement des fibres. Le traitement sera in situ au niveau de la déchirure en mode anti inflammatoire, puis interrompu sur des fréquences permettant la bio-stimulation (vers 810 nm) et l’élimination de l’œdème.
    • La deuxième phase de la déchirure, avec rétraction musculaire. Les adhérences étant les principales composantes du muscle, nous devons amener de la chaleur et travailler pour régénérer les tissus : donc le laser en mode continu, avec une augmentation de puissance progressive, si besoin d’aller en profondeur. Le tout sur des longueurs d’onde d’environ 1064 nm
    • Dans les deux phases, des réglages visant à la libération d’endorphine me paraissent indispensables afin de faire baisser rapidement la douleur et de ne pas altérer le geste. Privilégiez un mode qui alterne les différents paramètres du laser, pour avoir un effet sur les nocicepteurs et les mécanismes de régulation de la douleur, évitant l’accommodation. (5)

    L’objectif est en premier lieu une baisse significative et très rapide de l’œdème ainsi que du saignement. Pour cela il faut traiter tous les jours pendant minimum cinq jours.

    Pour traiter de manière plus précise, il est important de toujours apprécier l’emplacement et la profondeur du saignement (superficiel, interstitiel ou en profondeur).

     

    PHASES DE TRAITEMENT 

    Cette pathologie est vraiment une pathologie idéale pour le laser(6) tout au long du processus de guérison. Il agit lors des trois phases de réparation des tissus :

    • la phase d’inflammation
    • la phase de prolifération
    • la phase de remodelage

    Chaque session de traitement est découpée en trois, voire quatre phases, chacune de trois minutes. Généralement au niveau de la zone précise de la lésion, puis sus et sous lésionnel jusqu’à la zone tendineuse ou insertion musculaire du muscle concerné.

    Le suivi clinique est primordial sur ce type de pathologie afin d’en évaluer l’évolution, qui est en général rapide (évolution de l’état tissulaire).

    Pour en savoir plus, regardez cette vidéo.

    TRAITEMENTS COMPLEMENTAIRES

    Les traitements complémentaires sont nombreux :

    • Pour les pathologies de type crampe, la discussion entre le patient et le thérapeute doit permettre d’avoir un double feed-back permettant des réglages plus précis de l’appareil,

    • Pour les lésions d’élongation et déchirure, la base de traitement est le repos. Ensuite, à l’exception des courbatures, le protocole RICE (ou GREC ou BREF) est le plus souvent appliqué.

    • Le tape est une option intéressante : pour la relaxation du muscle grâce à un étirement maximal sans tension du distal au proximal, pour une baisse de l’œdème avec une pose en éventail sans tension et en direction distale.

    • Utiliser un appareil d'électrostimulation est un excellent complément. Au début avec un programme de capillarisation, TENS. Par la suite, nous pourrons évoluer vers des programmes de renforcement endurance, puis en fonction de l’objectif et du groupe musculaire vers des réglages plus spécifiques.
    • Enfin, mais qui est du ressort des médecins, l’utilisation des PRP. (7)

     

    CONCLUSION 

    La thérapie laser sur les lésions musculaires est un atout indéniable permettant une accélération de la guérison.

    Bien maitriser le bilan, surtout palpatoire, et les différents réglages de l’appareil sont des conditions indispensables sur ce type de pathologies.

     

    La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.

    Pour plus d’informations sur ces appareils, cliquez ICI.

     

    Auteur : Bernard BONTHOUX, Osthéopathe DO, consultant Chattanooga - DJO – MKDE

    Sources / Illustrations : DJO France, Bruno Aguirre, Christopher Campbell, Annie Spratt.

    Bibliographie :

    • « Prise en charge des accidents musculaires » par le Dr Rolland GROSSEN
    • « Prise en charge thérapeutique des lésions musculaires aigües intrinsèques » par le Dr El BAKALI
    • « Prise en charge diagnostique des pathologies musculaires du sportif en médecine générale » par le Dr Guillaume SARRE
    • « Class 4. non-invasive laser therapy in clinical rehabilitation », Prouza O, Jeníček J, Procházka M., Rehabil. fyz. Lék., 20, 2013, č. 2, s. 113-119.
    • « High power laser therapy treatment compared to simple segmental physical rehabilitation in whiplash injuries (1° and 2° grade of the Quebec Task Force classification) involving muscles and ligaments », Conforti M, Fachinetti GP, Muscles Ligaments Tendons J. 2013 Jul 9;3(2):106-11,
    • « Prise en charge des lésions musculaires aigües en 2018 », Rev Med Suisse 2018 ; 14 : 1332-9, Drs Adrien Jean-Pierre SCHWITZGUEBEL, Guillaume MUFF, Emiko NAETS, Drs Christos KARATZIOS, Mathieu SAUBADE et Pr Vincent GREMEAUX.
    • « Lésions musculaires » par le Dr Maxime GROSCLAUDE, La Tour, Sport Medicine

     

     

     

  7. Rééducation périnéale après l'accouchement: que dois-je faire?

    Ça y est, bébé est arrivé et cela chamboule les habitudes et organisation des jeunes parents. Passées les premières semaines où chacun a pris ses nouvelles marques, la jeune maman doit penser à sa rééducation du périnée pour retrouver un plancher pelvien identique à l’avant-grossesse.

    Cette période de rééducation périnéale post-partum est très importante à suivre et il ne faut surtout pas brûler les étapes au risque de se traîner des problèmes après pendant un long moment. En effet, l’envie de retrouver son corps d’avant en voulant reperdre (trop) vite ses kilos poussent trop souvent les jeunes mamans à reprendre une activité sportive soutenue trop tôt au détriment d’un temps de rééducation à respecter. Et là, attention : on peut souffrir d’incontinence urinaire, et notamment d’incontinence d’effort !

    Nous allons vous expliquer dans cet article l’intérêt des sondes vaginales couplées à l’électrostimulation pour assurer une bonne rééducation périnéale.

     

    RÉEDUCATION POST-PARTUM ET ÉLECTROSTIMULATION

    L’incontinence d’effort se caractérise par une perte d’urine, provoquée par une augmentation de la pression abdominale sur la vessie qui peut se produire lorsque l’on tousse, éternue, rit, fait un exercice ou que l’on porte quelque chose de lourd. L’incontinence d’effort est le type d’incontinence le plus répandu. En général, elle résulte d’un affaiblissement au niveau des muscles périnéaux et d’une défaillance du sphincter urétral lié à un accouchement mais aussi à la ménopause ou à l’avancée dans l’âge.

    Comme vous l’aurez expliqué votre gynécologue ou votre sage-femme, la rééducation peut se faire grâce à un électrostimulateur et une sonde de rééducation.

    L’électrostimulation dans le cadre du post-partum est recommandée après un délai de 6 à 8 semaines dans le but de restaurer une bonne tonicité périnéo-sphinctérienne et permettre à la jeune maman de se réapproprier son périnée.

    Commençons tout d’abord par vous expliquer ce que l’on entend par sondes de rééducation (ou sondes vaginales).

     

    QU’EST-CE QU’UNE SONDE EXACTEMENT ? 

    La sonde de rééducation est un dispositif médical qui vise à transmettre un courant électrique au niveau du sphincter permettant le travail musculaire ou d’enregistrer le tonus musculaire sous la forme d’un signal visible sur écran (Biofeedback).

    Les principales indications sont la rééducation périnéale mais également la prévention post-partum, et rééducation des troubles de l’incontinence par électrothérapie et biofeedback.

    Il existe 3 types de sondes sur le marché :

    1/ LA SONDE VAGINALE CLASSIQUE

    Reconnaissable à son design droit et ses 2 bagues, la sonde classique bénéficie d’un étranglement qui améliore le maintien dans le vagin tout en évitant l’expulsion lors des contractions qui seront provoquées par l’électrostimulateur. Une double électrodes-bagues permet un recrutement circulaire sur tous les côtés de la paroi vaginale.

     

     2/ LA SONDE VAGINALE LEGEREMENT INCURVEE

    L’anatomie mettant en évidence une courbure du vagin, il existe une sonde légèrement courbée permettant un meilleur contact des électrodes sur les parois.

    La position basse et latérale des grandes électrodes facilite ainsi le recrutement musculaire tout en améliorant le confort de stimulation. La collerette assure le maintien à la bonne profondeur de pénétration et la déconnexion des câbles permet une immersion complète dans un bain désinfectant.

    3/ LA SONDE VAGINALE OVOÏDE

    Cette sonde de forme ovoïde avec col rétréci est très légère et favorise le traitement debout.

     

    PARAMÈTRES ET PROGRAMMES

    La stimulation utilise des paramètres semblables à ceux utilisés par l’incontinence d’effort : 50 Hz, durée de repos double de la durée de contraction. Pour ce faire, il conviendra de sélectionner les programmes 1, 2 et 3 de l'électrostimulateur spécifiquement dédié à cette rééducation du périnée de DJO France.

    Respectant l’anatomie pour une stimulation optimale des points moteurs et composées de matériaux biocompatibles pour une hygiène irréprochable et un nettoyage facilité, les sondes vaginales commercialisées par DJO France sont reconnues comme faisant référence sur le marché de la rééducation périnéo-sphinctérienne.

     

    COMMENT CHOISIR LE BON DISPOSITIF MEDICAL ?

    COMMENT CHOISIR LA BONNE SONDE POUR MOI ?

    Pas de prise de tête, c’est lors de votre visite de suivi post-accouchement que ce sujet va être abordé. En fonction de son expertise, du matériel présent au cabinet et de la sensibilité de la jeune maman, votre praticien (gynécologue, sage-femme ou kinésithérapeute) vous fera une prescription d’une sonde vaginale pour démarrer les séances de rééducation.

    Une bonne sonde de rééducation doit vous apporter :

    CONFORT Elle est adaptée à la morpho-physiologie de la patiente, permettant une stimulation optimale des points moteurs tout en respectant le confort du patient.
    HYGIENE Les matériaux de contact biocompatibles permettent la décontamination par nettoyage ou trempage dans des bains désinfectants.
    FACILITE D’UTILISATION Faciliter la mise en place et le maintien pendant la séance est primordiale.
    QUALITE DU TRAITEMENT  Le blindage des câbles limite le risque d’artefacts pour l’enregistrement EMG et le biofeedback.

     

    QUI PRESCRIT CES DISPOSITIFS ?

    a) Le Médecin

    Dans ce cadre, il s’agit de votre Gynécologue, Médecin Généraliste ou Urologue.

    • Il recherche la cause de l’incontinence
    • Il est prescripteur de la rééducation
    • Il peut prescrire un électrostimulateur pour traitement à domicile et les sondes de rééducation (ou électrodes cutanées périnéales)

    b) Le Masseur-kinésithérapeute

    • Il réalise la rééducation en cabinet ou à domicile
    • Il est compétent en dehors des 3 premiers mois post partum
    • Il est prescripteur de la sonde de rééducation (ou électrodes cutanées périnéales)

    c) La Sage-femme

    • Elle réalise la rééducation en cabinet ou à domicile
    • Elle est compétente dans les 3 mois post partum et en toute période
    • Elle est prescriptrice des sondes de rééducation (ou électrodes cutanées périnéales) et de l’électrostimulateur musculaire pour traitement à domicile

     

    COMMENT ME PROCURER LA SONDE ?

    Selon ce que vous prescrit le professionnel de santé, vous pourrez vous procurer la sonde de rééducation commercialisée par DJO France en présentant l’ordonnance qu’il aura rédigée dans un magasin de matériel médical ou en pharmacie, les références pharmaceutiques de ces dispositifs médicaux seront indiquées par le professionnel de santé.

    Les sondes périnéales sont prises en charge à hauteur d’un forfait annuel.

    Sachez que l’électrostimulateur peut être acheté ou loué sur une période inférieure ou égale à 26 semaines dans le cadre de la poursuite des traitements à domicile.

    La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.

    Pour plus d’informations sur les solutions thérapeutiques proposées, cliquez ICI.

    www.DJOglobal.fr

    Auteur : DJO FRANCE - octobre 2020

    Sources / Illustrations : DJO France

  8. Tendinopathies du coude: les bienfaits de la thérapie Laser

     

    Les tendinopathies du coude se définissent sous plusieurs formes et plusieurs stades. Le but de cet article n’est pas de repenser le traitement de ces pathologies mais d’apporter un axe thérapeutique à la fois complémentaire et ciblé. Pour rester précis dans nos propos, nous focaliserons les explications sur les tendinopathies latérales chroniques et rebelles aux différents traitements. Grâce au laser, en acte seul ou en adjuvant, vous devriez retrouver une marge de progression vers la guérison.

     

    ANATOMIE

    Pour décrire rapidement l’anatomie de la partie latérale du coude, il convient surtout de connaître les différents muscles qui s’y attache et leurs fonctions. Sont concernés dans cette pathologie les extenseurs du poignet que nous schématisons dans le tableau suivant :

    Nom Insertion Proximale Insertion distale Fonction Innervation
    Long Extenseur radial du carpe Epicondyle latéral de l’humérus et Septum intermusculaire latéral Face dorsale de la base 2iem méta Extenseur et abducteur de la main Radial
    Court Extenseur radial du carpe Epicondyle latéral de l’humérus, face antèrieure Face dorsale de la base 3iem méta Extenseur et abducteur de la main Radial
    Extenseur Ulnaire du Carpe Epicondyle latéral et bord postérieur Ulna Face dorsale de la base 5iem méta Extenseur et adducteur de la main Radial branche profonde
    Brachoradial ¼ inf. du bord latéral de l’humérus Face latérale de l’apophyse de la styloïde radiale Fléchisseur avant-bras et bras. Ramène le bras en position de fonction Radial

    PHYSIOPATHOLOGIE

    L’épicondylite latérale se manifeste surtout dans un contexte professionnel (TMS) ou sportif (tennis elbow) suite à des mouvements répétitifs. Cette pathologie dont le diagnostic est principalement clinique, touche en général les patients entre 35 et 55 ans.

    Les connaissances actuelles penchent surtout en faveur d’une atteinte dégénérative (micro-lésions) et moins sur l’aspect inflammatoire. Les dernières études considèrent que les douleurs sont dues à l’hypoxie, sur zone, qui stimule l’angiogenèse et la croissance des fibres nerveuses dans les tendons.

     

    Examen Clinique

    A l’examen, l’épicondyle latéral est douloureux lors des activités de la vie quotidienne, à la palpation, et le patient se plaint d’une diminution de la force musculaire de préhension. Les mouvements de flexion passive et d’extension active contre résistance du poignet en pronation avec une position du coude en extension, déclenchent aussi une douleur. Cette pathologie se retrouve aussi chez les sportifs qui pratiquent des jeux de raquette.

    Le test de Maudsley peut être un bon indicateur : extension du majeur contre résistance, coude en extension pour recruter le Court Extenseur Radial du Carpe.

     

    Examens complémentaires

    Après avoir éliminé grâce à un diagnostic différentiel certaines pathologies (radiculopathies cervicales, syndrome du tunnel radial, tumeur, etc.), chaque examen complémentaire pourra être utile :

    • La radiographie pour mettre en évidence des calcifications intra-tendineuses
    • L’échographie pour éliminer une pathologie inflammatoire articulaire
    • L’EMG pour vérifier qu’il n’y a pas de compression du nerf radial
    • L’IRM si l’on soupçonne des ruptures tendineuses ou lésions ligamentaires

     

    TRAITEMENT PAR LA THERAPIE LASER

    Zoom sur les principales composantes

    Comme citées plus haut, les adhérences des tissus seront la principale composante à ce stade de la pathologie. Nous allons donc nous attacher, dans notre protocole, à travailler sur 3 zones : loco-dolenti, à distance et à la racine nerveuse.

    • Travail Loco-dolenti : cette phase du traitement a pour effet d’augmenter l’oxygénation des tissus.
    • Travail à distance : dans ce type de pathologie, nous avons de façon récurrente des atteintes distales, comme des contractures, sur les muscles attachés à la face latérale du coude. Il est donc important de les traiter afin de libérer les tendons de cette tension permanente. Comme traitement à distance, indispensable sur cette pathologie chronique, il est nécessaire de traiter les points Trigger des 4 principaux muscles concernés.
    • Travail au niveau de la racine nerveuse: Racine nerveuse du nerf radial, une partie du traitement devra se faire au niveau des vertèbres cervicales C5 à C8 et T11.

    Prolongement de cette action, et en fonction de votre bilan, vous pouvez traiter le dermatome, à savoir principalement la face latérale de l’avant-bras et main.

     

    Application générale

    Il est important à ce stade de rappeler les grands principes de la thérapie laser, dans son application. Chaque appareil a ses propres programmes, mais les caractéristiques du faisceau laser doivent inévitablement répondre à des normes afin d’être efficace.

    1/ Le faisceau du laser :

    C’est un faisceau monochromatique qui délivre des photons à différentes longueurs d’ondes. En fonction de ces longueurs d’onde, les effets et absorption sur les tissus seront différents.

    2/ Effets :

    On considère les effets sont au nombre de 3 :

    • L’oxygénation : à l’absorption des photons l’oxyhémoglobine libère de l’oxygène, longueurs d’onde autour de 950 nm,
    • La biostimulation : augmentation de la production d’ATP, grâce aux Cytochromes C, qui se trouvent dans la membrane des mitochondries, et qui lient les molécules d’O2 pour former des molécules de Cytochromes C oxydase augmentant la production d’ATP, longueurs d’onde autour de 800 nm
    • La vascularisation : par hyperhémie au niveau de l’eau corporelle, longueurs d’onde autour de 1 100 nm

    3/ Physique :

    Pour une efficacité optimale, chaque traitement doit rester dans une fenêtre thérapeutique afin de délivrer une quantité d’énergie juste. Cette fenêtre va dépendre de plusieurs facteurs :

    • Le temps de traitement
    • Le réglage de la puissance du faisceau
    • La qualité du tissu
    • Etc.

    4/ Phases de traitement :

    On les découpe en 3 voir 4 phases, chacune de 3 mn. Généralement au niveau de la zone primaire de la lésion, à distance, au niveau de la racine nerveuse et enfin si besoin sur les points gâchettes ou dermatomes.

     

    PROTOCOLE

    Quand on veut traiter une pathologie avec la thérapie laser, on se doit toujours de commencer par le symptôme qui prédomine, ici la douleur au niveau de l’épicondyle.

    Installation du patient

    La position idéale pour ce type de pathologie est :

    • Patient face à vous sur une chaise,
    • En appui sur les coudes légèrement écartés et avant-bras,
    • Paumes de mains sur la table,
    • La table de traitement entre le patient et vous.

    Cette position permet d’avoir accès au coude, aux muscles extenseurs mais aussi à la colonne cervicale.

    Traitement sur la zone douloureuse

    Effectuer des déplacements circulaires au niveau des insertions musculaires de la face latérale du coude. Sans omettre de passer à la face antérieure du pli du coude tout en pointant votre faisceau postérieurement et latéralement. Cela afin de traiter la globalité des insertions tendineuses.

    Cette phase demande des fréquences élevées ainsi que de hautes puissances afin de cibler les tissus en hypoxie.

     

    Traitement à distance

    Il faut traiter la partie musculaire au niveau de l’avant-bras où les contractures sont les plus importantes. Souvent il est intéressant de prendre un embout plus important pour avoir un faisceau large. Photo : Epi_Muscle2

    Afin de décontracter la zone, le laser doit générer une hyperémie. Le mode d’émission sera alors continu (comme pour des ultra-sons).

     

    Trigger Point

    Traiter les points gâchette est une nécessité sur ces pathologies chroniques. Elles permettront de compléter l’action sur les muscles et donc libérer la zone sous tension. Le Trigger Point indispensableà traiter sera le Court Extenseur Radial du Carpe, muscle majeur dans cette pathologie.

    Point_Trigger_LERC

    Il est important pour avoir une action pertinente sur ces points de travailler avec des puissances élevées permettant une libération des endorphines. Pour obtenir de tels effets, les paramètres de l’émission doivent changer constamment.

     

    Racine nerveuse 

    Effectuer une session sur les racines nerveuses du nerf radial donc entre C5 et C8, principalement, sous la forme d’un balayage lent et court. Photo : Epi_C58_2

    Traiter la racine nerveuse demande quelques précautions : on travaille sur le même mode que lors de l’application sur les Trigger Points mais avec des puissances plus faibles, tout en gardant l’aspect modulation des paramètres.

     

    Les séances

    Deux séances par semaine semblent une bonne programmation, puis faire un point à 6 séances. Chaque séance doit aussi être un moment de discussion avec le patient afin de réajuster les paramètres en fonction du ressenti et de l’évolution des douleurs.

     

    TRAITEMENTS COMPLEMENTAIRES

    Ils sont multiples à cette phase, mais nous sommes à un moment charnière concernant cette pathologie : bien souvent tous les traitements précédents ont échoué, du repos à l’infiltration en passant par les techniques classiques de kinésithérapie.

    Néanmoins, nous préconisons de coupler le laser à d’autres adjuvants :

    • Les bandes de taping afin de favoriser le drainage
    • Les ondes de choc (ODC) qui doivent s’utiliser avant le laser avec des paramètres très précis

    Le bilan et surtout l’écoute du patient sur l’évolution de sa douleur vous permettra d’adapter ce mixte.

    Les PRP (Plasma Riche en Plaquettes) sont des alternatives de plus en plus employées. Attention, il est important de bien se mettre en relation avec le médecin afin d’adapter son traitement laser à l’injection.

    Enfin en dernier recours on peut aller jusqu’à la chirurgie, mais qui se pratique de plus en plus rarement. Elle consiste soit en une désinsertion musculaire des épicondyliens (qui restent attachés aux muscles voisin), soit à des gestes d’allongement musculaire.

     

    CONCLUSION

    Utiliser la thérapie laser sur les épicondylites chroniques devient de plus en plus courant, avec des avantages indéniables : action indolore, traitement rapide (en moyenne de 9 à 12 mn), des résultats très positifs sur des pathologies difficiles. Il est néanmoins important de garder à l’esprit que l’utilisation du laser demande quelques consignes de sécurités indispensables (lunettes, analyse de la peau, etc.).

    Vous voulez en savoir plus sur la modalité Laser? Rendez-vous sur notre chaîne YouTube: https://youtu.be/HNjQadHSRSw

    La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.

     

    Auteur: Bernard BONTHOUX, Osthéopathe DO, consultant Chattanooga - DJO – MKDE

     

    Source/illustration : DJO France - @lucaxxfreire - https://www.douleurs-musculaires-articulaires.fr/

    Bibliographie:

    • The effectiveness of therapeutic class IV (10 W) laser treatment for epicondylitis, Lasers Surg Med. 2013 Jul;45(5):311-7, Roberts DB, Kruse RJ, Stoll SF.
    • Long term effects of high intensity laser therapy in lateral epicondylitis patients, Lasers Med Sci. 2016 Feb;31(2):249-53, Akkurt E, Kucuksen S, Yılmaz H, Parlak S, Sallı A, Karaca G
    • Class 4. non-invasive laser therapy in clinical rehabilitation, Rehabil. fyz. Lék., 20, 2013, č. 2, s. 113-119, Prouza O, Jeníček J, Procházka M.

     

  9. Ondes de choc radiales: petit guide pour le patient

    Les ondes de choc radiales aident à améliorer les troubles musculo-squelettiques chroniques1.

    Dans la majorité des situations, c’est en arrivant dans un cabinet de kinésithérapie ou un centre de rééducation avec une prescription pour des séances à la main que le patient découvre pour la première fois cet appareil.

    Nous allons donc vous expliquer à travers cet article ce qu’est une onde de choc, comment elle fonctionne et quels peuvent être les potentiels effets secondaires sur le patient.

     

    ZOOM SUR LA MODALITE

    Les ondes de choc radiales sont des ondes acoustiques introduites dans le corps au moyen d’un émetteur et d’une pièce à main. Ces ondes se déplacent dans le corps en mouvement à partir du point de contact. Le point de contact sera déplacé tout au long de votre traitement pour couvrir toute la région de la douleur. Les ondes de choc radiales sont souvent appelées ondes de pression radiales, ce qui est la définition correcte en termes physiques parce qu’elle décrit le mieux comment la forme d’onde se déplace à travers le corps.

    Lorsqu’elles sont introduites dans les tissus, les ondes de choc et les ondes de pression ont des effets au niveau cellulaire qui sont bénéfiques pour la guérison. La circulation sanguine accrue2 et la formation de nouvelles vésicules sanguines3,4 créent un environnement optimal pour la réparation des tissus. Il a également été démontré que l’application d’ondes de choc influence les mécanismes de régulation de la douleur du corps, ce qui entraîne un effet antalgique localisé5.

     

    FONCTIONNERONT-ELLES SUR MOI ? 

    Des études cliniques ont montré une amélioration des symptômes dans les conditions suivantes :

    • Points trigger myofasciaux1,6 – sensibilité localisée ou zone douloureuse
    • Fasciite plantaire7 - inflammation au niveau de la voûte plantaire
    • Tendinopathies chroniques - tendons enflés et douloureux :
    • Tennis/golf elbow8
    • Tendinopathie9 du tendon d’Achille
    • Tendinopathie de l’épaule et coiffe des rotateurs10

    La plupart des patients rapportent que la thérapie par ondes de pression radiales leur permet de remarcher et courir en ne ressentant plus de douleurs11.

     

    QUELS SONT LES EFFETS SECONDAIRES DE LA THÉRAPIE PAR ONDES DE CHOC ? 

    Des effets secondaires sont susceptibles de se produire après un traitement par ondes de pression radiales dans les 1-2 jours suivants. Ces effets secondaires diminuent habituellement après 5 à 10 jours.

    Les effets secondaires potentiels comprennent :

    • Rougissement
    • Gonflement
    • Douleur
    • Hématome (ecchymoses)
    • Pétéchies (tâches rouges)

    La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.

    Pour plus d’informations sur ces appareils, cliquez ICI.

     

    Auteur : DJO FRANCE – septembre 2020

    ÉTUDES CLINIQUES

    1. Ioppolo F et al. Clinical application of shock wave therapy (SWT) in musculoskeletal disorders. Eur J Phys Rehabil Med. 2014 Apr;50(2):217-30.
    2. Raza A et al. Extracorporeal Shockwave Therapy for Peripheral Arterial Disease: A Review of the Potential Mechanisms of Action. Ann Vasc Surg. 2017 Nov;45:294-298.
    3. Cristina d'Agostino M et al. Shock wave as biological therapeutic tool: From mechanical stimulation to recovery and healing, through mechanotransduction. Int J Surg. 2015 Dec;24(Pt B):147-53.
    4. Facchin F et al. Physical energies to the rescue of damaged tissues. World J Stem Cells. 2019 Jun 26;11(6):297-321.
    5. Schmitz C et al. Pain relief by extracorporeal shockwave therapy: an update on the current understanding. Urol Res. 2009 Aug;37(4):231-4.
    6. Gleitz M et al. Orthopedic trigger point shock wave therapy with focused and radial shock waves: a review of the current situation. Orthopädische Praxis 42, 5 (2006), 303-12.
    7. Lou J et al. Effectiveness of Extracorporeal Shock Wave Therapy Without Local Anesthesia in Patients With Recalcitrant Plantar Fasciitis: A Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Am J Phys Med Rehabil. 2017 Aug;96(8):529-534.
    8. Beyazal MS et al. Comparison of the effectiveness of local corticosteroid injection and extracorporeal shock wave therapy in patients with lateral epicondylitis. J Phys Ther Sci. 2015 Dec;27(12):3755-8.
    9. Gerdesmeyer L et al. Current evidence of extracorporeal shock wave therapy in chronic Achilles tendinopathy. Int J Surg. 2015 Dec;24(Pt B):154-9.
    10. Cacchio Aet al. Effectiveness of Radial Shock-Wave Therapy for Calcific Tendinitis of the Shoulder: Single-Blind, Randomized Clinical Study. Phys Ther. 2006 May;86(5):672-82.
    11. Leung R et al. What are patients' knowledge, expectation and experience of radial extracorporeal shockwave therapy for the treatment of their tendinopathies? A qualitative study. J Foot Ankle Res. 2018 Apr 5;11:11.
  10. Le Laser, une thérapie qui ouvre de nouveaux champs d'application

     

    La Thérapie Laser, qui existe depuis plus de 30 ans dans les cabinets a su évoluer et devenir un traitement qui a toute sa place dans l'arsenal thérapeutique du kinésithérapeute. Elle n'est pas qu'un adjuvant de techniques kinésithérapiques, mais aussi un outil qui permet soit de traiter quand la pathologie est trop aiguë, soit de compléter les autres traitements manuels ou mécaniques déjà utilisés. Cet article apporte les fondamentaux qui permettent de comprendre les mécanismes d'action du laser et son utilisation.

     

    UN PEU D'HISTOIRE...

    Apparue en kinésithérapie dans les années 1980, elle ne rencontre que peu de succès car nous sommes alors avec des appareils Low Levet Laser Therapy (LLLT) dont les puissances sont inférieures à 500 mW. Il faut alors un temps de traitement important pouvant occasionner des brûlures, et la faible pénétration tissulaire ne donne des résultats probants que sur des pathologies très superficielles. Dans les années 2000, la High Power Laser Therapy (HPLT, puissance de 5 à 35 W) rentre sur le marché et de nouvelles applications sont développées pour les kinésithérapeutes. Les fabricants commencent alors à faire évoluer ce type de matériel avec 2 contraintes principales : la fibre laser, qui est un élément fragile, et le refroidissement de la source du laser, nécessaire au bon fonctionnement du faisceau. Arrivée à maturité, il y a une dizaine d'années, les indications n'ont cessé de s'élargir sous l'impulsion de nombreuses recherches scientifiques.

    LES PARAMETRES DU LASER

    Avant de parler d'utilisation, de protocole ou de bienfait thérapeutique, il convient de faire le point sur cette technologie.

    Définition 

    Le laser est une lumière monochromatique, cohérente, directionnelle et de haute intensité lumineuse. La réaction physico-chimique sur les différents tissus peut se résumer sur le schéma (Fig.1).

    Paramètre du faisceau 

    Le faisceau du laser se caractérise par la longueur d'onde, paramètre important, qui détermine l'absorption et la pénétration dans les tissus (Fig.2). Nous savons aussi qu'en fonction de la longueur d'onde émise, les effets de la thérapie sont différents (exemple : le pic d'absorption pour la mélanine et l'hémoglobine se trouve dans des longueurs d'onde inférieures à 600 nm.) La deuxième caractéristique est la puissance délivrée par l'appareil, correspondant au flux de photons délivrés.

    (Fig.1)

     

    (Fig.2 : Pénétration des différentes longueurs d'ondes dans les tissus)

    Énergie totale fournie 

    L'importance dans un traitement au laser est la densité d'énergie fournie au niveau du tissu. Elle se calcule en fonction de la puissance, du temps de traitement et de la surface traitée.

    La fenêtre thérapeutique 

    Il est nécessaire de fournir le dosage thérapeutique optimal au tissu ciblé. Il existe une "fenêtre de dose thérapeutique" : de trop petites doses produisent un effet nul ou faible, tandis que des doses trop élevées peuvent avoir un effet nul ou faible, tandis que des doses trop élevées peuvent avoir un effet inhibiteur.

     

    LES MODES D'ACTION

    Ils sont divisés en plusieurs domaines qui se recoupent entre eux : l'action cellulaire, antalgique, anti-inflammatoire, anti-œdémateuse, cicatrisante et neuromusculaire.

    L'action cellulaire

    Par augmentation du métabolisme cellulaire stimulant l'utilisation de l'oxygène.

    L'action antalgique

    Par libération d’endorphines [1] et action sur le gate control, via les neurones Aσ qui inhibent la transmission douloureuse au niveau de la corne postérieure de la moelle épinière [2]. D’autres processus sont aussi mis en jeu (vitesse de conduction [3], potentiel d’action…).

    L'action anti-inflammatoire 

    Par réduction du niveau de protéines inflammatoires et cellules polynucléaires au niveau de la zone inflammatoire [4], par stimulation de l’activité de phagocytose des neutrophiles et des macrophages, par réduction de la concentration de cytokines pro-inflammatoires (IL-1 et IL-6).

    L’action anti-œdémateuse 

    Par augmentation de la micro-circulation sanguine [5]. Lorsque l’eau absorbe de la lumière laser, sa température augmente, ce qui stimule la circulation et la vascularisation.

    L’action cicatrisante 

    Par formation accrue d’ATP, ce qui augmente le métabolisme cellulaire et facilite la régénération et la cicatrisation tissulaires [6].

    L’action neuromusculaire 

    Par augmentation de la production d’ATP, les échanges de calcium (CA2+) se font mieux et le muscle se décontracte (Fig. 3).

    (Fig. 3 : Effet du laser thermique)

     

    LES AVANTAGES DU LASER

    En quelques lignes, il est facile de résumer l’apport de ce type de traitement dans les différentes pathologies traitées au cabinet : un spectre d’utilisation large, indolore, efficace en profondeur sur des pathologies récalcitrantes.
    Ces indications permettent d’envisager et classer le traitement sous 3 aspects :

    • Lors d’une séance de kinésithérapie, en adjuvant ;
    • Seul sur des pathologies très aiguës ;
    • En complément d’un traitement d’ostéopathie avant ou après la séance.

     

    LES INDICATIONS

    Communes

    Elles sont multiples car le laser permet de traiter un état tissulaire. En effet, il va être appliqué sur des inflammations, des œdèmes, des douleurs musculaires.

    Spécifiques

    Certaines pathologies réagissent très positivement à l’application du laser et beaucoup d’études nous le prouvent : réduction des douleurs de gonarthrose [7], les chondropathies par augmentation du métabolisme au niveau du cartilage, etc.

     

    PROTOCOLE D'UTILISATION

    Les 3 phases du traitement

    L’utilisation du laser demande un protocole spécifique, permettant de traiter toutes les composantes des pathologies (antalgique, anti-inflammatoire, cicatrisante).
    La séance débute par une action, à distance, au niveau de la racine nerveuse du métamère concerné. Dans le cas d’une périostite tibiale par exemple, nous traiterons les racines L3-L4-L5-S1.
    La deuxième phase est souvent loco dolenti. Dans notre exemple précédent, il est important de balayer toute la zone douloureuse, précédemment identifiée. Enfin, dans un troisième temps, nous reporterons l’action sur les trigger points de la zone ciblée. Certains protocoles vous amèneront à inverser les phases 2 et 3.

    Les précautions à prendre

    Les modalités de prise en charge d’un patient en laser requièrent quelques fondamentaux afin de ne pas le mettre en danger, ni le thérapeute. Il est indispensable de porter des lunettes de protection (kinésithérapeute et patient). Il ne faut jamais regarder directement à l’intérieur de la sonde en émission et faire attention aux objets réfléchissants à proximité de la zone de traitement. Concernant l’appareil, prenez soin de toujours adapter la puissance, le mode d’émission, l’énergie apportée, la pathologie (aiguë ou chronique) et son stade lésionnel.
    Pour le patient, on se doit de tenir compte de son âge (pour l’hydratation des tissus) et de son type de peau (clair ou foncé et quantité de mélanine). Il faut aussi évaluer sa sensibilité thermique et nerveuse. Par prudence, évitez les altérations dermatologiques (grains de beauté ou nevus, lipome, brûlures, coups de soleil) et tatouages en fonction de la couleur (noir et rouge : pénétration tissulaire augmentée).

    L'application

    Après réglage de l’appareil en fonction des pro-grammes pré-enregistrés ou de votre propre protocole, l’application se fera toujours sous 2 formes de balayage :

    • Circulaire : on part du point le plus sensible pour former une spirale de 2 à 3 cm autour de ce point. Modalité surtout destinée aux trigger points ou points douloureux précis,
    • “Grid scaning” ou quadrillage (application croisée) pour la zone douloureuse, inflammatoire ou œdématiée large. Cette technique permet principalement une vascularisation accrue et un effet anti-inflammatoire par biostimulation (stimulation du métabolisme cellulaire). Pendant cette phase, vous avez la possibilité d’associer de la mobilisation.
    Les modes d'application

    Les différents modes d’application comportent chacun des effets spécifiques. On peut citer les principaux : le mode continu (quand on recherche surtout un effet thermique, donc en phase chronique ou sur des contractures), pulsé (biostimulation en phase aiguë) ou unique (sur les points d’acupuncture), burst (à la racine nerveuse), anti-inflammatoire et enfin un mode spécifique au traitement laser, stochastique (antalgique et trigger points).

    Durées et temps d'application

    Le temps d’application dépend de la densité d’énergie que l’on veut délivrer sur la zone (voir les protocoles spécifiques). La quantité de lumière four-nie au tissu va donc être un calcul entre la puissance délivrée et la surface d’application. Lorsque la quantité d’énergie est concentrée sur une petite surface, la densité d’énergie est supérieure à ce qu’elle serait avec la même quantité d’énergie sur une plus grande surface.

    Les dosages

    Les recommandations actuellement admises sont les suivantes : voir Fig. 4.

    (Fig. 4 : dosages thérapeutiques)

    Les contre-indications

    Elles sont importantes à connaître car jamais sans conséquence si on passe outre. En dehors des contre-indications “classiques” (processus tumoral, grossesse, sphère cardiaque, épilepsie), d’autres sont plus “particulières” (zones cutanées photo-sensibles ou infectées, troubles thrombo-emboliques ou hémorragiques, troubles d’hypo- ou d’anesthésie cutanée, territoires nerveux sympathiques et parasympathiques, glande thyroïde).
    Enfin même si cela n’est pas une contre-indication, on apportera une attention toute particulière aux jeunes patients (pas de traitement sur la zone de cartilage de croissance) et aux personnes âgées (peau plus fine, baisse de la vascularisation et tissus moins hydratés) pour lesquels le dosage sera plus faible.

    Application sur des pathologies aiguës

    Face à des pathologies aiguës où massages et mobilisations sont contre-indiqués et où les seuls outils thérapeutiques sont l’électrothérapie, voire le repos, l’apport du laser est indéniablement une stratégie payante. Vous allez pouvoir diminuer l’inflammation [8]. Les séances se devront d’être rapprochées de 3 à 5 dans la première semaine, puis mixées avec un protocole classique de kinésithérapie.

    Application lors des séances de kinésithérapie

    Grâce à son spectre d’action, le laser se mixe parfaite-ment avec la rééducation. Il peut être utilisé soit avant une séance de kiné, soit pendant ou après en fonction de l’action principale souhaitée.
    Avant la séance, il permet de faire baisser l’œdème en ayant une action sur la dilatation des vaisseaux lymphatiques avec évacuation des protéines. Il sera alors beaucoup plus facile d’établir un bilan ponctuel ou de faire des mobilisations.
    Pendant la séance, l’utilisation du laser sous sa forme antalgique est parfois le petit plus qui fait passer une barrière psychologique dans l’utilisation de son articulation par le patient. En fin de séance, par exemple sur une tendinopathie d’Achille après avoir effectué un travail excentrique, le laser apporte des bénéfices supplémentaires [9].

    Application en ostéopathie

    L’application laser en ostéopathie permet de voir le patient non plus sous un angle global mais d’apporter une aide locale parfois très utile. Prenons simple-ment 2 cas pour expliquer la démarche :

    • Le premier est un patient qui arrive au cabinet en position antalgique et avec une importante contracture, soit sur la zone douloureuse, soit à distance par compensation. Il sera alors très utile de travailler avec le laser (mode continu) afin de libérer la zone et pouvoir mobiliser avec beaucoup moins d’artefacts. Bien sûr, la modification tissulaire énergétique due au laser sera à prendre en considération dans le traitement.
    • Le deuxième cas concerne une pathologie à forte composante inflammatoire. Après avoir traité le patient dans sa globalité, il est souvent opportun de faire du laser après la séance sur la zone concernée. Elle permettra une baisse rapide de l’œdème et relancera les processus de cicatrisation.
    Couplage

    Il est fort intéressant de combiner cette technologie avec d’autres adjuvants afin de potentialiser les effets recherchés. Après des ondes de choc, l’action sera principalement défibrosante. Si on utilise la tecarthérapie, il sera intéressant d’augmenter  la vascularisation [10].

     

    CONCLUSION

    Grâce à l’évolution de la technologie laser (HPLT), les cibles de traitement sont devenues plus variées. Outil thérapeutique utilisé en première intention ou en complément de traitements, le laser bien maîtrisé, donc un thérapeute bien formé, permet d’optimiser les résultats de nombreux actes.

    La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.

    Auteur: Bernard BONTHOUX, Osthéopathe DO, consultant Chattanooga - DJO – MKDE

    Bibliographie
    [1] Laasko et al., 1994 ; Hagiwara, 2008.
    [2] Azizi et al., 2007 ; Laasko, 2008 ; Poitte, 2013.
    [3] Cambier et al., 2000.
    [4] Boschi et al., 2008 ; Cressoni et al., 2008 ; Ma et al., 2012 ; Pallotta et al., 2012.
    [5] Karu T. The lectures on basic science of laser phototherapy, Prima Books AB Grangesberg, Sweden 2007.
    [6] Peplow PV and al. – 2011.
    [7] Anna Angelova and Elena M. Ilieva, Hindawi Publishing Corporation, 2016.
    [8] Rodney Capp Pallotta and Al., Lasers Med Sci, 2012.
    [9] Steve Tumilty, Ramikrishnan Mani, George D. Baxter - Laser in Medical Science, 2016.
    [10] Tri-length laser therapy associated to tecar therapy in the treatment of low-back pain in adults, Osti R, Pari C, Salvatori G, Massari L., Lasers Med Sci. 2015 Jan.

     

     

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