La tendinopathie d’Achille peut se définir sous plusieurs dénominations.

Mais dans un premier temps, ses caractéristiques communes sont une inflammation du tendon calcanéen, les fibres s’épaississent alors puis se désorganisent et peuvent rompre. Face à ce processus, il convient d’agir sur la cascade inflammatoire puis la cicatrisation, c’est le rôle de la Photobiomodulation – PBM - (traitement par laser).

 

ANATOMIE FONCTIONNELLE ET PHYSIOPATHOLOGIE

Le tendon calcanéen est ce tissu conjonctif qui relie le triceps sural (gastrocnémiens et soléaire) à la tubérosité postéro-supérieure du calcanéum. Il est le plus important du corps humain (15 cm de long pour 5 à 6 mm d’épaisseur), résistant à une traction de 4000 Newton. Il comporte une zone d’hypo-vascularisation dans sa partie moyenne lui conférant une fragilité accrue et une bourse synoviale à sa partie distale.

Les tendinopathies d’Achille (myotendineuses – corporéales – enthésopathies) sont principalement dues à une surcharge ou une origine traumatique. Cette hyper sollicitation va créer des microlésions. D’autre facteurs de risques peuvent favoriser ces tendinopathies : baisse de mobilité des différentes articulations du pied et cheville, tension des muscles du mollet, défaut de posture, chaussures, consommation excessive de corticoïdes, etc.

 

BILAN DIAGNOSTIC 

Examen clinique

La tendinopathie d’Achille est associée à plusieurs symptômes :

  • Raideur de la cheville, surtout matinale
  • Douleur à la palpation de la zone et de la jambe parfois
  • Gonflement du tendon

L’échelle de Blazina qui évalue le retentissement fonctionnel d’une tendinopathie est très utile pour suivre l’évolution clinique (27 à 44 % de rechute) :

 

Stade Expression de la douleur
Stade 1 Douleur après l’effort, survenant au repos, sans répercussion sur l’activité sportive
Stade 2 Douleur apparaissant pendant l’effort, disparaissant après l’échauffement, puis réapparaissant avec la fatigue
Stade 3a Douleur permanente lors du sport, limitées à l’entrainement
Stade 3b Douleur permanente lors du sport, pouvant entrainer l’arrêt, marquée par une gêne dans la vie quotidienne
Stade 4 Rupture du tendon

 

Vous pouvez aussi utiliser le VISA-A spécifique au tendon d’Achille.

 

Examens complémentaires 

Rarement utile pour poser un diagnostic, ils sont importants pour connaître l’état du tendon :

Radiographie Avec un intérêt limité, elle mettra en évidence des calcifications, ostéophytes ou évaluer la statique du pied
Echographie L’échographie (examen important) ou écho-doppler permet d’identifier si nous avons des modifications fibrillaires, une tendinose fusiforme ou nodulaire et éliminer toute fissure
IRM Il ne fera que confirmer l’échographie en général.

 

TRAITEMENT 

Les principales composantes 

Traiter une tendinopathie d’Achille par la thérapie LightForce® – PBM a pour objectif principal la reprise du sport ou l’activité physique. Il va donc être important de privilégier plusieurs axes :

  • Baisse de la douleur, créer un flash antalgique
  • Lutter contre la cascade inflammatoire
  • Cicatriser le tissu lésé en favorisant la production de collagène

 

Phases de traitement 

On les découpe en plusieurs phases, les 2 principales sont :

  • Au niveau de la zone du tendon d’Achille
  • Au niveau musculaire soléaire et gastrocnémiens

Qui peuvent être complétées par le traitement des Points Trigger ou de la racine nerveuse.

Conditions de sécurité : il est indispensable que les personnes présentes dans la salle portent des lunettes et il est préférable de fermer la porte de votre salle de soins.

 

Installation du patient

Patient en décubitus ventral avec coussin sous la cheville.

Pour le traitement des muscles du mollet, vous pouvez opter pour la même position mais avec le genou plié à 90°, ce qui permet aussi de jouer sur l’étirement de ces muscles via le pied.

Traitement au niveau du tendon 

Technique : balayage du proximal vers distal et inversement, puis latéralement sur toutes les faces du tendon (tendinite corporéale), de l’insertion calcanéenne (enthésopathie), de la jonction musculaire (myotendineuse).

Les réglages à effectuer sont les suivants :

  • De 3 à 4 mn et 8,5 W en fonction de la phase de la pathologie
  • Tête de traitement : nous utiliserons pour cette phase une tête sans contact

Traitement des muscles 

Technique : le travail s’effectue le long du mollet (300 cm2) en allant chercher en profondeur les différents faisceaux musculaires et plus particulièrement le soléaire.

Cette phase permet de sentir les tissus sous-jacents et traiter plus précisément les zones les plus contractées ou engorgées.

Les réglages à effectuer sont les suivant :

  • De 4 à 5 mn et 11,5 W en fonction des muscles à traiter
  • Tête de traitement : têtes de contact – Roller Ball Tech

 

Avantages de la tête de traitement « contact » :

Définition Avantages
Compression Permet de se rapprocher du tissu cible Augmentation de la puissance en profondeur
Collimation Faisceau lumière parallèle Moins de perte de photons
Réfraction Minimise la perte de lumière Augmentation énergie délivrée aux tissus
Réflexion Pete de lumière Baisse de cet indice
Tissus Travail manuel Feed-back

Bonus thérapie manuelle : effectuer une flexion de genou et flexion dorsale de cheville afin de privilégier le travail sur le soléaire. Cela permet aussi d’étirer les structures. 

Traitement des Points Trigger

En fonction du bilan, un traitement des Points Trigger (Soléaire – Gastrocnémiens) peut être judicieux.

Les réglages à effectuer sont les suivants :

  • De 1 mn et 5 W sur chaque point Trigger identifié
  • Tête de traitement : une petite tête de contact de manière circulaire vous aidera à mieux sentir le relâchement

 

Racine nerveuse 

Traiter la racine nerveuse ne se fait que dans un contexte très hyper-algique, pour favoriser le phénomène de flash antalgique.

Technique : balayage sur les racines nerveuses du nerf sciatique L4, L5, S1 et S2.

Les réglages à effectuer sont les suivants :

  • De 3 à 4 mn et 13 à 17 W
  • Tête de traitement : privilégier une tête sans contact

Les séances 

Plusieurs stratégies sont envisageables :

  • Traiter en séance de laser seul quand la douleur est très aigüe
  • En complément de séances de kinés : après la séance
  • Alternance avec des ondes de chocs : laisser 24 heures entre les ondes de choc et le laser

 

Vous pouvez aussi, si vous traitez des sportifs, effectuer des séances avant les entrainements ou compétitions avec 2 avantages :

  • Faire diminuer les douleurs afin de ne pas entraver le geste sportif
  • Préparer les muscles à l’effort afin d'améliorer différents aspects fonctionnels liés à la performance sportive et aux marqueurs biochimiques (dommages musculaires et au processus inflammatoire)

Deux séances par semaine est une bonne programmation, faire un point à 6 séances.

 

Kinésithérapie associée 

L’association avec la kiné est indispensable, avec des techniques d’étirement du mollet, de protocole de Stanish ou Alfredson, etc.

Mais la modulation de l’entrainement est tout aussi importante :

  • Période aigüe : repos complet
  • Activité infra douloureuse : repos relatif
  • Plus de douleur à l’échauffement : aucun repos

 

TRAITEMENTS COMPLEMENTAIRES

Les onde de chocs radiales sont des traitements de choix sur les tendinites corporéales.

Des normalisations ostéo-articulaires et posturologiques, avec semelles si besoin ou étude des chaussures de sport, sont des prérequis pour une réussite du traitement.

Une attelle peut être prescrire afin de soulager le tendon et augmenter sa vascularisation.

Rarement il faut aller jusqu’à la chirurgie, mais elle peut prendre plusieurs formes : peignage du tendon, résection reconstruction du tendon avec greffe, ostéotomie du calcanéum.

 

 

CONCLUSION

Ce qu’il faut retenir, c’est que traiter les tendinopathies d’Achille grâce à la Photobiomodulation permet :

  • Accélération du processus de guérison
  • Traitement sans douleur
  • Favorise la cicatrisation des tissus

Et donc accélérer la reprise d’activité !

 

La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.

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www.chattanoogarehab.fr

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Auteur: Bernard BONTHOUX, Ostéopathe DO – MKDE

Consultant Chattanooga/DJO pour le Laser.

 

Sources / Illustrations:

  • DJO France
  • « Anatomie des Trigger Points » - Simeon NIEL-ASHER – Les Edition de l’Eveil

 

Bibliographie :

  • CHELT therapy in the treatment of chronic insertional Achilles tendinopathy - Lasers Med Sci. 2014 - Notarnicola A, Maccagnano G, Tafuri S, Forcignanò MI, Panella A, Moretti B.
  • Photobiomodulation and eccentric exercise for Achilles tendinopathy: a randomized controlled trial - Lasers Med Sci. 2016 -  Steve Tumilty, Ramikrishnan Mani and George D. Baxter
  • High Power Laser for Treatment of Achilles Tendinosis - a Single Blind Randomized Placebo Controlled Clinical Study - J Lasers Med Sci. 2016 - Karolinska Institutet, Stockholm, Sweden.
  • Comparison of inflammation tendon - Photomed Laser Surg. 2018 - I.F. Naterstad
  • Class 4. non-invasive laser therapy in clinical rehabilitation, Rehabil. fyz. Lék., Prouza O, Jeníček J, Procházka M.
  • Infrared Low-Level Laser Therapy (Photobiomodulation Therapy) before Intense Progressive Running Test of High-Level Soccer Players: Effects on Functional, Muscle Damage, Inflammatory, and Oxidative Stress Markers—A Randomized Controlled Trial - Oxidative Medicine and Cellular Longevity - Shaiane Silva Tomazoni, Caroline dos Santos Monteiro Machado, Thiago De Marchi , Heliodora Leão Casalechi, Jan Magnus Bjordal, Paulo de Tarso Camillo de Carvalho , and Ernesto Cesar Pinto Leal-Junior, 2019