Traiter une entorse de la cheville en photobiomodulation permet de comprendre toute l’étendu thérapeutique et les nombreux avantages d’appliquer cette technique. Utiliser le LightForce® dès le début du traitement se concrétisera par une baisse rapide de la douleur, de l’œdème et dans un deuxième temps une accélération de la cicatrisation des différents tissus.

Avec plus de 6000 consultations par jour en France, l’entorse latérale (90% des entorses de la cheville), est la lésion la plus fréquente en traumatologie du sport, avec un fort taux de récidive (73% en basket).

 

ANATOMIE FONCTIONNELLE 

Anatomie de la cheville DJO

Au niveau articulaire, l’articulation de la cheville est encastrée (trochléenne), assurant la stabilité du pied par rapport à la jambe et unissant tibia-fibula au talus.

Au niveau ligamentaire, nous retiendrons les 3 principaux ligaments collatéraux que sont le talo-fibulaire antérieur, le calcanéo-fibulaire et le talo-fibulaire postérieur.

Concernant le système musculaire :

  • Le long fibulaire (de la tête de la fibula et 2/3 proximaux de sa face latérale jusqu’à la face plantaire du cunéiforme et la base du 1er métatarsien)
  • Le court fibulaire (moitié distale de la face latérale de la fibula et sur les septums inter-musculaires jusqu’à la tubérosité du 5iem métatarsien)
  • Le troisième fibulaire (du bord antérieur de la fibula distale à la base du 5iem métatarsien)

Autre moyen d’union, la capsule articulaire tapissée à sa face profonde par la synoviale.

Cette configuration anatomo-physiologique va nous obliger à prendre en considération les douleurs annexes que sont : les douleurs articulaires au niveau Chopart (médio-tarsienne) et Lisfranc (tarso-métatarsienne), du naviculaire et de la tête du 5ème métatarsien, musculaire des fibulaire et des arches longitudinales et transversales.

 

PHYSIOPATHOLOGIE

Le mécanisme lésionnel de la cheville comporte en général 2 phases :

  • Une première qui amène l’articulation talo-crurale en inversion
  • Une deuxième qui produit une compression de bas en haut

Cette conjonction de ces 2 facteurs entraîne l’entorse latérale de la cheville qui lèse plusieurs ligaments en fonction de la gravité et suivant une hiérarchie :

  • Ligament talo-fibulaire antérieur en premier
  • Ligament calcanéo-fibulaire ensuite
  • Ligament talo-fibulaire postérieur en dernier

Lors de ce mécanisme lésionnel, dans 20 à 25 % des cas, l’articulation transverse du tarse est touchée.

 

BILAN DIAGNOSTIC

Examen clinique

La clinique repose essentiellement sur l’anamnèse et la sémiologie. L’examen clinique en urgence n’étant pas toujours en concordance avec la réalité ligamentaire, il est important de réitérer ce type d’examen à 3, voire 5 jours post-traumatiques.

 

Classification 

La classification habituelle en 4 stades, de Lécluse :

Diagnostics différentiels

De manière non exhaustive, quelques pathologies seront à écarter :

  • Les lésions isolées de la syndesmose tibio-fibulaire qui risquent d’être confondues avec une lésion du ligament collatéral latéral
  • Des fractures du 5ème métatarsien ou de la malléole latérale
  • L’entorse des articulations de Chopart, Lisfranc
  • Les luxations de tendons fibulaires, assez rares

 

Examens complémentaires

L’imagerie demeure un élément important afin de préciser le diagnostic et suivre l’évolution de la pathologie :

  • La radiographie peut être prescrite afin d’éliminer toute fracture (15% des cas)
  • L’échographie qui devrait être un examen fondamental pour cette pathologie. Malheureusement elle est souvent sous utilisée car demandant un matériel performant, et donc très onéreux
  • L’IRM pour l’étude fine des ligaments
  • Le scanner pour les suspicions de petites fractures

Toutes ces indications seront le résultat d’un suivi de la classification de de Lécluse et d’une décision médicale.

 

TRAITEMENT PAR PHOTOBIOMODULATION

Les principales composantes

Sur ce type de pathologie, nous avons des actions spécifiques :

  • Œdème et douleur : augmentation de la micro-circulation entrainant à la fois la baisse de douleur et une résorption plus rapide de l’œdème
  • Cicatrisation : augmentation de la production d’ATP, facilitant la régénération tissulaire nécessaire tout au long des phases de prolifération
  • Oxygénation des tissus : grâce à l’oxyhémoglobine qui libère l’oxygène pour le métabolisme cellulaire

Associé à ces effets, la thérapie LightForce® permet :

  • Une utilisation lors de toutes les phases de traitement
  • Un traitement non douloureux
  • Une facilité d’utilisation
  • Une rapidité de traitement (9 mn en moyenne)
  • Un travail mixte photobiomodulation et thérapie manuelle.

 

Installation du patient

Le patient est en décubitus dorsal avec un coussin sous le genou. Pour une application sur la racine nerveuse, le patient passera en position assise.

 

Phases de traitement

Pour ce type de pathologie traumatique, nous pouvons découper le traitement de Photobiomodulation en 3 phases :

  • Phase 1 : baisse œdème et de la douleur
  • Phase 2 – 3 : phase de prolifération précoce puis tardive
  • Phase 4 : reprise de l’activité sportive - modelage et maturation des tissus

 

Traitement phase 1

Les réglages à effectuer sont les suivant :

  • Énergie à appliquer : environs 2500 J, à moduler en fonction de la taille de l’œdème.
  • Technique : effectuer un balayage sur toute la zone œdématiée en insistant sur la partie péri-malléolaire,remonter sur les fibulaires ou au niveau de l’avant pied en fonction des points douloureux détectés.
  • Tête de traitement : nous utiliserons pour cette phase une tête sans contact – large.

Compléments :

  • Pour faire baisser l'hyper-algie, traiter la racine nerveuse (L4/L5) avec une tête sans contact – large et 5000 à 6000 Joules d’énergie. 

 

Traitement phases 2-3 

Les réglages à effectuer sont les suivants :

  • Énergie à appliquer : environs 2500 J
  • Technique : le travail s’effectue surtout de long de fibulaires. Appliquer la tête de haut en bas en insistant sur les zones sous tension.
  • Tête de traitement : nous utiliserons une tête dite « de contact ». Cette tête munie d’une boule en silice permet de travailler sur les fibulaires, tout en ayant un feed-back et une différenciation des différents faisceaux musculaires.

Avantages de la tête de traitement « contact » :

Définition Avantages
Compression Permet de se rapprocher du tissus cible Augmentation de la puissance en profondeur
Collimation Faisceau lumière parallèle Moins de perte de photons
Réfraction Minimise la perte de lumière Augmentation énergie délivrée aux tissus
Réflexion Pete de lumière Baisse de cet indice
Tissus Travail manuel Feed-back
  • Il est bien sur important de continuer le traitement sur les ligaments lésés en gardant les mêmes modalités que lors de la phase 1. Vous pouvez augmenter le nombre de joules délivrés.
  • Traiter la face médiale de l’avant-pied, avec une tête de contact, souvent le siège de contractures.

 

Traitement phase 3

Cette phase est primordiale pour cette pathologie dite « sportive ». Il est donc important de continuer le traitement laser afin de préparer les muscles à l’effort et traiter les douleurs résiduelles qui peuvent modifier le placement lors des activités sportives.

Chaque zone bilantée permettra de choisir entre une tête sans contact (point ligamentaire ou articulaire) ou une tête avec contact (zone musculaire).

 

Traitement des Points Trigger

Plusieurs points Trigger sont à diagnostiquer et traiter si besoin : long, court et troisième fibulaire.

 

Les réglages à effectuer sont les suivants :

  • De 1 mn et 5 W sur chaque point Trigger identifié.
  • Tête de traitement : une petite tête de contact de manière circulaire vous aidera à mieux sentir le relâchement.

 

Les séances 

Au début, vous pouvez effectuer une séance quotidienne, passer à 4 séances par semaine puis 3, en suivant le rythme de vos séances de rééducation.

 

KINESITHERAPIE ASSOCIEE

La Rééducation

La rééducation se déroule classiquement en 4 phases ayant chacune des caractéristiques en fonction de la cicatrisation ligamentaire. Cette différentiation va nous permettre de moduler les paramètres du laser afin de mieux cibler son action.

J0 à J3

Phase 1

Protocole RICE (ou GREC)

Drainage - Contention

Electrothérapie TENS

Cryothérapie

J4 à J10

Phase 2

Mobilisation articulaire douce

Proprioception en décharge

J11 à J21

Phase 3 

Travail proprioceptif progressif

Début d’électrostimulation musculaire

Renforcement des fibulaires (statique-concentrique-excentrique)

J22 à J56 

Phase 4

Reprise d’activité

Proprioception spécifique

 

Toutes ces phases sont, bien sûr, à moduler en fonction des indicateurs de surveillance, de douleur, de récidives, etc. Chacun appliquera ses propres techniques en fonction de sa sensibilité et du patient sportif ou non.

 

Les Attelles (ou orthèses) 

Une large gamme d’attelles (ou orthèses) est à votre disposition. Chaque phase doit correspondre à un type d’orthèse avec 2 objectifs : efficacité et confort.

Il existe en effet des attelles post-traumatiques et des attelles de reprise d'activité, comme vous pourrez trouver dans la gamme Cheville de DJO France.

 

CONCLUSION

Face à cette pathologie omniprésente dans les cabinets, les objectifs de la photobiomodulation sont :

  • Baisse de l’œdème et la douleur
  • Réparation des tissus durant les 3 phases d’inflammation, prolifération et remodelage

Le tout permettant une reprise sportive plus rapide et dans de bonnes conditions.
Pour plus d’informations sur ces appareils, cliquez ICI.

Dispositifs médicaux de classe IIb, lire attentivement les notices avant utilisation.

 

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Auteur: Bernard BONTHOUX, Ostéopathe DO – MKDE

Consultant Chattanooga/DJO pour le Laser.

 

Sources / Illustrations :  DJO France

Bibliographie: 

  • Class 4. non-invasive laser therapy in clinical rehabilitation - Rehabil. fyz. Lék. - Prouza O, Jeníček J, Procházka M.
  • The Beneficial Effects of High-Intensity Laser Therapy and Co-Interventions on Musculoskeletal Pain Management: A Systematic Review - J Lasers Med Sci. - Ezzati K, Laakso EL, Salari A, Hasannejad A, Fekrazad R, Aris A.
  • Comparison of Photobiomodulation and Anti-Inflammatory Drugs on Tissue Repair on Collagenase-Induced Achilles Tendon Inflammation in Rats - Photomed Laser Surg -
    Ingvill Fjell Naterstad, and All
  • The Beneficial Effects of High-Intensity Laser Therapy and Co-Interventions on Musculoskeletal Pain Management: A Systematic Review - J Lasers Med Sci. - Ezzati K, Laakso EL, Salari A, Hasannejad A, Fekrazad R, Aris A.